Mondial 2022: le défi logistique du Qatar

par admin9775

Le Qatar, petit État du Golfe, qui compte moins de trois millions d’habitants, va accueillir les fans du monde entier pour le Mondial 2022 du 20 novembre au 18 décembre. Un défi gigantesque, sur un territoire minuscule pour un tel événement, alors que les deux dernières Coupes du Monde s’étaient déroulées au Brésil et en Russie, deux pays à l’échelle d’un continent.

Jeudi 18 août, dans les rues de Doha, les organisateurs de la Coupe du monde ont fait circuler 1 300 bus pour simuler grandeur nature le transport dédié à la compétition. Ce petit État du Golfe, au territoire limité à l’inverse de son portefeuille, compte un peu moins de trois millions d’habitants. Plus d’un million de visiteurs devraient faire le voyage. Lors des jours les plus chargés de la Coupe du monde, 300 000 supporters vont se déplacer en même temps.

Des centaines de bus climatisés

« Il s’agit des opérations de transport les plus complexes jamais montées pour un évènement sportif majeur », assure à l’AFP Ahmad al Obaidly, responsable de Mowasalat, l’exploitant des services de bus et de taxis du Qatar, premier pays du Moyen-Orient à accueillir le Mondial. Des centaines de bus climatisés, quasi vides, ont circulé entre les stades, les stations de métro et les points de ramassage prévus.

Pour le Mondial, trois mille bus ont été achetés et quatorze mille chauffeurs venant pour la plupart d’Asie et d’Afrique seront au volant. Chaque bus disposera de cinq caméras de vidéosurveillance reliées à un centre de commandement. Après le tournoi, les bus seront légués au service public de transport du Qatar. Ce sera l’un des premiers pays au monde à disposer d’un service de transport public entièrement électrique.

Dubaï à la rescousse

L’aéroport de Dubaï, aux Émirats arabes unis, va faciliter le passage des supporters durant la Coupe du monde de football. Il est prévu de nombreux allers-retours entre l’émirat du Golfe et son voisin du Qatar. Les pays du Golfe ont accepté d’assouplir les procédures administratives pour les fans. Un enregistrement en ligne permettra aux supporters d’entrer et sortir très rapidement en évitant les procédures habituelles à l’aéroport international de Dubaï, le plus fréquenté au monde par les passagers étrangers avant la pandémie de Covid-19. Le nombre de billets de match vendus pour le Mondial 2022 a atteint au total 2,45 millions. Il y aura en tout 3 010 679 billets disponibles. A l’automne, une nouvelle phase de vente sera organisée.

En raison du manque d’hôtels disponibles au Qatar et de leur prix très élevés, des supporters pourraient loger à Dubaï. Les vols entre le Qatar et les Émirats arabes unis ont repris en janvier 2021 à la faveur d’une réconciliation diplomatique scellée après plus de trois ans de rupture. En 2017, les Émirats arabes unis, avec l’Arabie saoudite, Bahreïn et l’Égypte, avaient rompu leurs relations avec le Qatar, accusé de notamment de soutenir les mouvements islamistes.

Surveillance des stades et des rues de Doha

Les organisateurs du premier Mondial de foot dans un pays arabe ont dépensé près de six milliards d’euros pour construire sept stades, en rénover un et se doter des terrains d’entraînement nécessaires. Les enceintes seront toutes connectées avec des caméras. Un QG unique sera là pour parer aux incidents dans les stades. D’une fuite dans des toilettes à un problème de sécurité, tous les incidents susceptibles d’intervenir dans les stades seront gérés dans un même lieu, pour « la première fois dans l’histoire de la Coupe du monde », se félicite le responsable de la technologie de ce centre de contrôle, Niyas Abdulrahiman. « L’idée de connecter tous les stades (…) est rendue possible par la nature compacte de ce Mondial », avec 75 kilomètres seulement séparant les deux enceintes les plus éloignées, explique-t-il.

Dans les rues de Doha, les fans seront suivis par des caméras de surveillance omniprésentes, dotées de la technologie de la reconnaissance faciale. Des experts de l’université du Qatar ont aussi mis au point des systèmes de surveillance par drone qui, selon eux, donneront les estimations les plus précises du nombre de personnes qui se déplacent. Début août, le Parlement français a ratifié un partenariat entre Paris et Doha sur la sécurité de la Coupe du monde, avec l’aide d’environ 220 experts français : GIGN, lutte anti-drones, déminage ou recherche d’explosifs. D’autres pays, comme le Maroc, contribueront à la sécurité au Qatar. En quête de reconnaissance sur la scène internationale, le Qatar utilise depuis plusieurs années le secteur du sport pour son ouverture au monde.

rfi via CONGO PUB Online

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