Présidentielle au Kenya: Raila Odinga dépose un recours devant la Cour Suprême

par admin9775

Depuis vingt ans, toutes les élections présidentielles au Kenya ont été contestées. Celle du 9 août dernier ne déroge pas à la règle : au dernier jour du temps imparti, Raila Odinga a déposé ce lundi un recours devant la Cour suprême pour contester les résultats du scrutin qui l’a donné perdant derrière le vice-président sortant William Ruto. Des centaines de ses partisans se sont rassemblés ce matin devant la Haute cour à Nairobi, où le recours a été déposé.

C’est le troisième recours de Raila Odinga lors d’une présidentielle, mais cette fois, il est venu en personne à la Cour de justice de Milimani, entouré de cadres de sa coalition, notamment de sa colistière Martha Karua.

« Nous voulons la justice »

À leur arrivée, des partisans se sont agglutinés le long des grilles de la Cour de justice. « Nous voulons la justice, la victoire nous a été volée », clamaient certains d’entre eux, alors qu’étaient déchargés un par un les cartons contenant les documents utiles pour ce recours, des dizaines de cartons transportés dans un camion.

Une fois à l’intérieur, Raila Odinga et Martha Karua ont eux-mêmes déposé une partie du dossier de 72 pages sous les caméras et les flashs des photographes : « Nous espérons avoir bâti un bon dossier et que nous gagnerons », a déclaré un peu plus tôt Daniel Manzo, l’un des membres de l’équipe juridique de Raila Odinga.

Selon les avocats de Raila Odinga, les résultats déclarés par le président de la commission ne seraient ni « complets », « ni exacts », « ni vérifiables ». Ils affirment qu’au moment de cette annonce, les résultats de 27 circonscriptions sur 292 n’étaient pas encore « compilés » ou « vérifiés ». Ils dénoncent aussi des « contradictions » dans les chiffres participation, accusant le président de la commission de les avoir « manipulés » pour « forcer » la victoire de William Ruto. Ils soulignent par exemple que dans certaines circonscriptions, on a observé des différences de participation anormalement élevées entre la présidentielle d’une part et les scrutins locaux. L’équipe de Raila Odinga affirme être en mesure de démontrer qu’il ne s’agirait pas seulement là d’une série d’erreurs matérielles mais plutôt d’un « schéma » de fraude « prémédité », qui aurait été orchestré par le président de la commission. Ils allèguent aussi que certains formulaires de résultats auraient été manipulés durant le processus de compilation et dénoncent enfin des failles de sécurité qui auraient permis selon eux à des acteurs extérieurs d’y avoir accès aux serveurs de la commission. Autant d’accusations qu’ils vont maintenant devoir étayer devant la cour suprême.

Certains de ces partisans l’ont ensuite escorté jusqu’à son quartier général pour cette élection où il a tenu un discours offensif : « Nous avons suffisamment de preuves que nous avons gagné l’élection », a-t-il affirmé. Il a surtout présenté son recours comme une faisant partie d’un combat contre « les cartels de la corruption ». Des cartels qui selon lui ont « tout à perdre quand la démocratie prend le dessus » et s’activent pour « renverser la volonté de l’électorat ». « Cela ne doit pas arriver et n’arrivera pas », a-t-il lancé. Tandis qu’à l’extérieur, certains de ses partisans continuant de scander « William Ruto doit partir ! ».

Une répétition du scénario de 2017 ?

Le détail des points que Raila Odinga a choisi d’attaquer sera dévoilé au cours des audiences qui pourraient avoir lieu la semaine prochaine. Le verdict, lui, est attendu sous 14 jours, donc au plus tard le 5 septembre. Les partisans de Raila Odinga espèrent une répétition du scénario de 2017 : la Cour suprême avait alors annulé l’élection à la surprise générale. C’était une première sur le continent africain.

Florence Morice

RFI via CONGO PUB Online

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