Mexique: l’ex-procureur général sera jugé pour la disparition des 43 étudiants d’Ayotzinapa

par admin9775

Au Mexique, c’est un nouveau rebondissement dans l’affaire emblématique des 43 étudiants d’Ayotzinapa enlevés et disparus la nuit du 26 au 27 septembre 2014. L’ancien procureur général du Mexique Jesus Murillo Karam, en détention préventive depuis vendredi dernier, sera jugé par un tribunal pénal, a décidé mercredi 24 août un juge mexicain qui a estimé qu’il existe suffisamment d’éléments.

Avec notre correspondante à MexicoGwendolina Duval

Jesus Murillo Karam devra répondre devant l’administration judiciaire, accusé de disparition forcée, de torture et d’obstruction de la justice. Au moment de la disparition des 43 étudiants normaliens de l’État du Guerrero, en tant que procureur général de la République rattaché au cabinet présidentiel, il était en charge de superviser l’enquête.

Il est alors celui qui a forgé ce qu’on appelle « la vérité historique », selon ses propres termes : un scénario monté par les autorités de l’époque qui met en scène la mort des étudiants et passe sous silence l’implication de l’armée.

Enquête sévèrement critiquée

Déjà par le passé, cette enquête avait été très sévèrement critiquée : de nombreuses incohérences et erreurs avaient été pointées du doigt par des experts qui avaient également dénoncé la torture de certains témoins. Mais lors d’une comparution ce mercredi 24 août, Murillo Karam continue de soutenir cette version bien qu’extrêmement controversée et démentie par le dernier rapport sur l’affaire rendu par une commission spéciale.

L’ex-fonctionnaire, haute figure du parti révolutionnaire institutionnel qui a dirigé le Mexique pendant 70 ans, est la plus grosse personnalité politique arrêtée dans cette affaire. En 2014, il avait déjà été au cœur d’une polémique quand il a mis fin à une conférence de presse et refusé de donner des explications aux familles des victimes sur les faits sous prétexte qu’il était fatigué, moins de trois mois après la disparition des étudiants.

Après 8 ans de mystère et d’enquête dans cette affaire obscure où les familles réclament sans relâche la vérité, un rapport gouvernemental rendu la semaine dernière déclare qu’il s’agit ici d’un crime d’État, mettant en évidence le rôle des autorités mexicaine dans ces meurtres.

RFI Via CONGO PUB Online

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