Chefs coutumiers et Leaders religieux engagés contre les Mariages précoces

par admin9775

Dans l’espace Grand Kasaï, le taux de mariage précoce (c’est-à-dire le pourcentage des femmes de 20-24 ans mariées avant l’âge de 18 ans) est parmi les plus élevés du pays. Il se présente comme suit par province : Kasaï Oriental (47,7), Kasaï (54,3), Kasaï central (46,6), Lomami 30,6), Sankuru (33,5). Selon le rapport de l’Enquête MICS-Palu RDC 2017-2018.

Pour combattre ce fléau, les chefs coutumiers et leaders religieux de MFUAMBA et MULOPOYI, deux aires de santé se trouvant dans le territoire de DIBAYA au Kasaï Central, se sont engagés à lutter contre la prévalence élevée des mariages précoces.

La Déclaration universelle des droits de l’Homme définit le mariage forcé comme l’union de deux personnes dont l’une n’a pas consenti librement.C’est pourquoi Caritas Kananga, l’un de partenaire de mise en œuvre de UNFPA avec le financement du fonds humanitaire (UNCERF),  s’approprie ce combat et pose les jalons pour amener les communautés à abandonner ces pratiques néfastes.   Le protocole national de prise en charge des VBG, référence en matière d’assistance multisectorielle dans le cadre de la lutte contre les  en VBG en RDC, a servi de document de base  pour mener la campagne de sensibilisation sur les méfaits du mariage précoce. Cette sensibilisation a permis aux hommes, femmes et filles de ces deux groupements d’ être exposés aux informations qui leur ont fait prendre conscience des méfaits de cette pratique et ainsi s’engager pour l’abandonner. 

Ilunga Fuamba, chef du groupement FUAMBA,  se dit confiant vis-à-vis de cette sensibilisation  qui  selon lui, est arrivée au moment opportun.

 C’est un signal fort pour les membres de ma communauté qui n’avaient pas des connaissances sur le mariage précoce. » a-t-il dit avant de s’engager, en faisant payer une forte amende à  ceux qui seront tentés  d’organiser ce genre de mariage dans son territoire.

Malgré l’adoption de la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes et de la Loi Portant Protection de l’Enfant en 2009, les jeunes et les petites filles sont encore victimes de violences basées sur le genre, particulièrement le mariage d’enfants et le travail domestique.

Le mariage précoce est une atteinte aux droits humains, notamment à la liberté et à l’intégrité physique.[1] Le mariage d’enfants constitue une violation des droits humains. Il a de graves impacts sur leur santé et leur émancipation tant sur le plan humain qu’économique. Cette pratique traditionnelle néfaste prive les filles de leur enfance et les expose aux violences, aux viols, aux maladies diverses telles que le VIH, aux grossesses précoces non désirées et à la fistule obstétricale.

Ma fille a été rendue grosse, et selon la coutume il fallait qu’on la lui donne en mariage. Heureusement j’ai été formé sur le mariage précoce et je me suis opposé farouchement à ce que ma fille aille au mariage si jeune. J’ai attendu qu’elle accouche, pour qu’elle reprenne le chemin de l’école et pour mon plus grand bonheur, elle a décroché son diplôme d’état cette année », nous  a confié Mulami Augustin TSHITADI, leader religieux de Fuamba

a group of people in a room
Sensibilisation à l’église par le leader religieux à Fuamba

L’engagement de UNFPA

une adolescente sur cinq est mère avant 15 ans. C’est pourquoi UNFPA fait des questions des jeunes sa priorité, ainsi elle répond à leurs aspirations et aux défis auxquels ils font face. Lutter contre les mariages et grossesses précoces leur permet d’accomplir leur potentiel et de devenir des adultes productifs et autonomes.

Parmi les causes, nous citons : l’inégalité de sexe, la pauvreté, les us et coutumes néfastes, la pression sociale, le faible niveau d’instruction des parents, faible statut de la femme, l’absence de certificat de naissance, la faible application de la loi, les situations d’urgnece et les grossesses précoces.

Dans notre communauté,la place de la jeune fille âgée de moins de 18 ans est à l’école! “nous dit Debito , leader communautaire de Mutoyi.

En RDC, les femmes représentent plus de 50% de la population, il est nécessaire de définir des mécanismes pour mettre fin à ces pratiques qui prennent de plus en plus de l’ampleur et dont les conséquences contribuent au ralentissement du développement de nos communautés.

Que préconise UNFPA?

Les interventions visant directement à mettre fin aux mariages d’enfants sont relativement récentes en RDC. Elles comprennent l’élaboration du plan d’action national 2017-2021 pour mettre fin aux mariages d’enfants, les campagnes contre les mariages précoces, l’approche juridique et la protection de l’enfant. D’autres interventions à effet indirect sont également mises en œuvre. C’est notamment le cas de la stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre, des programmes d’éducation des filles, et de l’éducation des adolescents en matière de santé sexuelle et reproductive.

UNFPA via CONGO PUB Online

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