Elections 2023 : le doute plane, Kadima rassure

par admin9775

« Aléa jacta est », les dès sont jetés, la commission électorale nationale indépendante (CENI) affute ses armes pour parvenir à l’organisation des élections prévues en décembre 2023, et c’est dans le délai constitutionnel comme l’a rassuré, plus d’une fois, Dénis Kadima, président de la centrale électorale « les élections de 2023 auront lieu dans le délai constitutionnel ».

Au cours de ses diverses sorties médiatiques, le numéro un de cette institution d’appui à la démocratie a tenu à fixer l’opinion sur l’effectivité des élections libres, crédibles et transparentes.

« Il y a des facteurs que nous ne maîtrisons pas encore, telle que la situation sécuritaire et financière. Voilà pourquoi, jusqu’à présent, nous n’avons pas encore rendu public le calendrier électoral, de peur que nous ne puissions-nous piéger nous-même en ne respectant pas ce calendrier », a déclaré Denis Kadima.

La classe politique divisée sur le processus électoral en RDC

La classe politique congolaise est divisée quant au respect de l’organisation des élections dans le délai constitutionnel. Les voix se lèvent pour dénoncer une instrumentalisation et politisation de la CENI par le pouvoir en place.

Du côté du pouvoir l’on demeure serein et confiant envers la centrale électorale qui ne cesse de progresser vers la publication du calendrier électoral prévu avant la fin de l’année 2022.

Le chef de l’Etat congolais Félix Tshisekedi a affirmé que les prochaines élections générales se tiendront bien en décembre 2023. « J’y crois », avait répondu le président congolais Félix Tshisekedi, invité de RFI et France 24 vendredi 23 septembre lors de son passage aux Etats-Unis en marge de la 77è Assemblée Générale de l’ONU.

Cet optimisme ne convainc toujours pas la classe politique de l’opposition à commencer par Delly Sesanga, le président du parti d’opposition (Envol). Il émet des doutes sur les déclarations du chef de l’État congolais.

« S’il était optimiste, il n’aurait pas démultiplié avec son camp politique autant de manœuvres qui organisent la fraude autour de tous les piliers de ce processus, à savoir la Céni (la Commission électorale, NDLR), la Cour constitutionnelle et la loi sur les élections qui ont été totalement conçues dans l’unique objectif de tricher, d’avoir une fraude à grande échelle », assène-t-il.

Martin Fayulu, président du parti politique Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECIDé) doute de la crédibilité des prochaines élections compte tenu du contexte politique actuel.

« Il faut tout faire pour que les élections soient crédibles ; envoyer les experts pour contrôler le processus dès à présent il ne faut pas attendre (…) Deuxièmement, mettre toutes les parties prenantes ensemble pour qu’elles se conviennent des règles du jeu. Si les parties prenantes ne se mettent pas ensemble, si c’est quelqu’un comme aujourd’hui Monsieur Tshisekedi qui a déjà la Cour Constitutionnelle, qui a déjà la CENI, qui a une loi électorale taillée à sa mesure, à sa demande, on ne pourra pas avoir des élections crédibles », a déclaré Martin Fayulu.

Au PPRD, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie de l’ancien président Joseph Kabila, Patrick Nkanga, le rapporteur du bureau politique, estime que l’enjeu ne réside pas vraiment dans le calendrier. « Il ne s’agit pas d’une question de date. Il s’agit avant tout d’une question de crédibilité et de transparence du processus », estime-t-il.

Notons que la préparation des élections prévues en 2023 avance, place à l’acquisition du matériel électoral : kits d’enrôlement des électeurs et cartes d’électeurs, et même l’acquisition de son propre entrepôt espacé de 25.865 m2.

Cette étape est cruciale pour la Commission électorale (CENI) dans le cadre de la constitution du fichier révisé devant servir de base à la production des listes et éventuellement à la répartition des sièges pour les législatives.

Joe Kazumba

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