Minembwe : Scovia Mutesi appelle les habitants à quitter les zones de combats

La journaliste rwandaise Scovia Mutesi, qui s’exprime régulièrement sur la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, appelle les populations civiles de Minembwe, dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu, à quitter les zones exposées aux combats.

Dans une vidéo diffusée sur sa chaîne YouTube « Mama Urwagasabo », elle s’adresse notamment aux responsables militaires de l’AFC/M23, citant Sultani Makenga et Michel Sematama, et les exhorte à permettre l’évacuation des civils, en particulier des populations banyamulenge présentes dans les hauts plateaux.

Selon elle, les affrontements entre les forces engagées dans la région font peser un risque important sur les populations civiles. Elle affirme que si les éléments de l’AFC/M23 ne sont plus en mesure de défendre certaines positions, ils devraient en informer les habitants afin qu’ils puissent quitter les zones dangereuses.

Des accusations sur le maintien des civils dans les zones de combat

Cette intervention intervient alors que des accusations font état de restrictions imposées à certains habitants qui chercheraient à quitter les zones contrôlées par le M23.

Selon cette version, des civils seraient maintenus dans certains villages et exposés aux combats, avec l’accusation selon laquelle leur présence pourrait être utilisée pour limiter les frappes de drones visant les positions militaires du mouvement.

Ces accusations, qui sont particulièrement graves, doivent toutefois être établies par des sources indépendantes.

Un avertissement sur le risque d’escalade

Scovia Mutesi affirme également que les populations banyamulenge seraient particulièrement exposées à une offensive des forces congolaises et burundaises si les combats se poursuivaient dans les hauts plateaux.

Son intervention intervient dans un contexte marqué par de nouveaux affrontements dans le Sud-Kivu et par des déplacements successifs de populations civiles.

La question de la protection des Banyamulenge s’inscrit par ailleurs dans une histoire ancienne de violences communautaires et de conflits armés dans les hauts plateaux du Sud-Kivu. Plusieurs récits et accusations circulent sur le rôle des différents acteurs congolais, burundais et rwandais dans ces violences, mais ces versions ne doivent pas être confondues avec des faits judiciairement établis.

La population civile au cœur du conflit

Au-delà des positions militaires revendiquées par les différents camps, l’enjeu immédiat demeure la protection des civils pris au piège des affrontements.

L’appel de Scovia Mutesi met ainsi en lumière une situation où les populations de Minembwe pourraient être contraintes de se déplacer à plusieurs reprises au gré de l’évolution du front.

Dans ce contexte, toute restriction empêchant les civils de quitter les zones de combat, si elle était établie, soulèverait d’importantes questions au regard du droit international humanitaire.

Par Marc Kabido
CONGO PUB Online

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