Depuis la tribune de l’ONU à New York, la République démocratique du Congo hausse le ton sur la question du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États.
À l’occasion de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, intervenant au nom du président Félix Tshisekedi, a dénoncé ce que Kinshasa considère comme une application inégale des principes du droit international selon les crises et les régions. Le débat général de cette 81e session se tient du 22 au 28 septembre 2026.
« Un monde à deux vitesses »
Au cœur du message congolais figure la question de l’intégrité territoriale, dans un contexte marqué par la poursuite de la crise sécuritaire dans l’est de la RDC.
« Lorsque l’intégrité territoriale est défendue ici et semble négociable là-bas, il ne peut y avoir de confiance durable », a déclaré Judith Suminwa.
À travers cette position, Kinshasa estime que les mêmes principes doivent s’appliquer à tous les États, sans distinction liée à leur poids politique ou géopolitique.
La RDC entend notamment obtenir une application effective de la résolution 2773 du Conseil de sécurité, adoptée en février 2025 dans le contexte du conflit dans l’est du pays.
Kinshasa réclame le respect de sa souveraineté
Pour les autorités congolaises, la question de la souveraineté demeure au centre de la crise dans l’Est. Le gouvernement rappelle ainsi devant la communauté internationale son exigence de voir l’intégrité territoriale de la RDC respectée et les engagements internationaux appliqués de manière cohérente.
Cette position intervient alors que les débats diplomatiques sur la situation dans l’Est se poursuivent dans plusieurs cadres internationaux, parallèlement aux efforts visant à parvenir à une solution politique et sécuritaire au conflit.
« Le monde de 1945 n’est plus »
Au-delà de la situation congolaise, Judith Suminwa a également inscrit son intervention dans une réflexion plus large sur la gouvernance mondiale.
La Première ministre a notamment souligné que le système international issu de 1945 ne correspond plus entièrement aux réalités géopolitiques actuelles.
Cette revendication rejoint le débat plus large sur la réforme du multilatéralisme et la représentation de l’Afrique dans les instances internationales.
L’Afrique veut aussi peser sur la gouvernance de l’intelligence artificielle
La RDC a également plaidé pour une participation accrue du continent africain aux discussions sur la gouvernance de l’intelligence artificielle.
Pour Kinshasa, les transformations technologiques ne peuvent être définies uniquement par les grandes puissances technologiques et économiques. L’Afrique doit également participer à l’élaboration des règles qui encadreront l’intelligence artificielle et ses conséquences économiques, sociales et politiques.
Le message porté à New York articule ainsi deux revendications : le respect des principes du droit international dans la gestion des crises et une représentation plus équitable de l’Afrique dans la gouvernance mondiale des nouvelles technologies.
Dans un contexte où la 81e session de l’Assemblée générale est placée sous le thème « Rétablir la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations Unies au service de tous », le discours congolais cherche à inscrire la crise de l’Est dans une réflexion plus large sur la crédibilité du système multilatéral.
Par Pascal Kabeya
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