Conseil de sécurité : Kinshasa dénonce une « gestion criminelle » des territoires contrôlés par l’AFC-M23

La République démocratique du Congo a vivement dénoncé, mardi 29 septembre 2026 devant le Conseil de sécurité de l’ONU, la situation dans les territoires de l’Est contrôlés par l’AFC-M23 avec le soutien présumé du Rwanda. Représentant la RDC, l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay a dénoncé une « gestion administrative, territoriale et démographique criminelle » dans ces zones.

Des administrations parallèles dénoncées

La délégation congolaise a rappelé la résolution 2773, adoptée en février 2025, qui demande notamment à l’AFC-M23 de cesser les hostilités, de se retirer des territoires contrôlés et de démanteler les administrations parallèles. Le texte appelle également au retrait des forces rwandaises et à la fin de leur soutien au M23.

Selon les autorités congolaises, ces exigences restent largement inappliquées. Elles font également état de déplacements et de « transplantation » de populations rwandaises vers certaines localités abandonnées par leurs habitants à la suite des violences. Ces accusations nécessitent, pour les faits les plus spécifiques, une vérification indépendante.

Restrictions contre les agents de l’ONU

La RDC a par ailleurs dénoncé les restrictions imposées aux agents des Nations unies dans les zones sous contrôle de l’AFC-M23, estimant qu’elles limitent l’accès humanitaire aux populations vulnérables.

Le chef de la MONUSCO, James Swan, a de son côté insisté sur la nécessité de transformer les avancées diplomatiques en résultats concrets et de garantir les conditions permettant à la mission d’exercer son mandat.

Les FDLR et l’attaque de Pinga

Zénon Mukongo Ngay a également réaffirmé l’engagement du gouvernement dans les processus diplomatiques et dans le désarmement volontaire des FDLR, en demandant un accompagnement et une vérification par les Nations unies et la MONUSCO.

La délégation congolaise a aussi évoqué l’attaque de drone du 28 septembre à Pinga, dans le Nord-Kivu. Selon sa version, la frappe, attribuée aux Forces de défense rwandaises, aurait fait cinq morts et huit blessés graves. La RDC demande une vérification des faits et une réponse du Conseil de sécurité.

Suspension des contingents rwandais

La RDC a enfin demandé la suspension de toute nouvelle participation, déploiement ou rotation de contingents rwandais dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU jusqu’au retrait vérifié des forces rwandaises du territoire congolais.

Au Conseil de sécurité, la délégation congolaise entend ainsi mettre l’accent sur l’application effective de la résolution 2773, alors que les efforts diplomatiques se poursuivent parallèlement dans les cadres de Washington, Doha et de l’Union africaine.

Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online

10 Vues