Les déclarations d’Azarias Ruberwa sur la situation des Banyamulenge dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu suscitent une vive réaction. L’ancien vice-président de la RDC a affirmé, lors d’une intervention aux États-Unis, que Joseph Kabila avait pris, au début du conflit, des mesures pour mettre fin à ce qu’il qualifiait de « génocide contre les Banyamulenge ».
Ruberwa a également déclaré avoir rencontré à quinze reprises Félix Tshisekedi depuis 2019 pour lui demander d’agir face aux massacres qu’il affirme avoir été commis contre cette communauté, estimant que le chef de l’État n’aurait pris aucune mesure à ce sujet.
King Lesh conteste son récit

Dans une réaction publiée sur les réseaux sociaux, l’artiste musicien King Lesh conteste la présentation de Ruberwa comme un acteur impartial de la paix. Il revient sur son passé au sein du RCD-Goma, dont il fut secrétaire général au début des années 2000, et rappelle les violences attribuées à ce mouvement rebelle, notamment à Kisangani en 2002.
King Lesh établit également un lien historique entre le RCD-Goma, le CNDP et le M23, tout en précisant que Ruberwa n’a pas créé le M23. Il estime toutefois que l’ancien dirigeant rebelle devrait s’expliquer sur l’héritage politique et militaire de cette période.
L’artiste conteste par ailleurs l’idée d’une discrimination institutionnelle visant les populations swahiliphones en RDC. Selon lui, si des actes ou propos discriminatoires existent, ils ne sauraient être assimilés à une politique d’État.
Le M23 au centre de la controverse
King Lesh reproche enfin à Ruberwa de dénoncer les violences contre les Banyamulenge sans, selon lui, condamner avec la même fermeté celles attribuées au M23. Il rappelle notamment les prises de position de l’ancien ministre sur les violences à Minembwe et la controverse suscitée en 2020 par la création de la commune rurale de Minembwe.
À travers cette réplique, l’artiste appelle à une lecture globale du conflit dans l’Est, fondée sur la reconnaissance des violences commises contre toutes les communautés et par tous les acteurs.
La controverse entre les deux hommes illustre une nouvelle fois la bataille des récits autour des causes du conflit dans l’Est de la RDC, des violences communautaires et des responsabilités historiques des différents protagonistes.
Par Marius Bopenga
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