Suspendu par la direction de Top Congo FM après avoir pris position sur l’arrestation et la détention de la journaliste Virgini Manganga, Trésor Kiyombo, figure connue de l’émission Le Débat, a annoncé sa démission de la radio et son installation en France.
Cette décision intervient dans un contexte de controverse autour de l’exercice du métier de journaliste, de la liberté d’expression et du respect des règles déontologiques.
Des positions divergentes

L’affaire a suscité des réactions contrastées au sein de la profession. Thierry Kambundi, autre voix connue de Top Congo FM, a notamment défendu le principe selon lequel les journalistes ne bénéficient pas d’un régime judiciaire particulier.
« Il n’y a pas de justice spéciale pour les journalistes. La justice peut arrêter un journaliste, ce n’est pas anormal s’il s’agit de diffamation », a-t-il déclaré.
D’autres réactions se sont davantage concentrées sur le parcours professionnel de Trésor Kiyombo et ses relations avec son ancien employeur. Certains estiment que la radio lui aurait offert une importante visibilité ainsi que de nombreuses opportunités professionnelles et considèrent que le différend avec sa direction aurait dû être géré autrement.
Ces prises de position illustrent cependant un débat plus large qui dépasse le seul cas de Kiyombo.
Liberté d’expression et responsabilité professionnelle

Au-delà des divergences entre journalistes, la question centrale reste celle de la déontologie professionnelle. La liberté de la presse implique la possibilité pour un journaliste de questionner les décisions des autorités et de dénoncer ce qu’il considère comme des abus. Elle s’accompagne toutefois d’obligations, notamment la vérification des faits, la prudence dans les accusations et la distinction entre faits établis, témoignages et opinions.
Dans la pratique, des critiques sont régulièrement formulées contre certains professionnels accusés d’affirmer des faits sans disposer d’éléments suffisants, avec le risque de porter atteinte à la réputation des personnes concernées. La protection liée au statut de journaliste ne saurait, dans cette perspective, dispenser du respect des règles professionnelles.
L’affaire Kiyombo remet ainsi au premier plan une question essentielle pour les médias congolais : comment concilier la liberté éditoriale, le droit d’alerter sur d’éventuels abus et l’obligation de respecter les exigences de rigueur et de vérification qui fondent le journalisme professionnel ?
Au-delà des positions personnelles exprimées dans cette affaire, ce débat pose également la question de la capacité des rédactions et des organisations professionnelles à accompagner leurs journalistes, à rappeler les règles déontologiques et à garantir à la fois la liberté d’expression et la responsabilité éditoriale.
Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online






