RDC : Vital Kamerhe interpelle Joseph Kabila sur son bilan et appelle à rompre avec les rébellions

Dans une adresse à la Nation prononcée le mardi 13 octobre 2026, Vital Kamerhe a appelé les Congolais à préserver l’unité nationale et à privilégier la paix face aux tensions politiques et sécuritaires qui secouent le pays. Le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) a également critiqué l’engagement de l’ancien président Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la Nation (FRN), annoncé à Goma et présenté comme une structure politico-militaire comprenant l’AFC/M23.

Kabila face à ses responsabilités

Vital Kamerhe estime que les 18 années passées par Joseph Kabila à la tête de la RDC doivent être prises en compte dans l’évaluation de la situation actuelle du pays. Selon lui, cette longue période aurait dû permettre de renforcer l’armée, de consolider les institutions, de soutenir le développement et de mieux protéger les populations.

« On n’efface pas son propre bilan en accusant son successeur », a-t-il déclaré, appelant l’ancien chef de l’État à assumer sa part de responsabilité dans l’histoire du pays.

Le dirigeant de l’UNC relève également ce qu’il considère comme une contradiction entre les appels à la paix de Joseph Kabila et son implication dans une nouvelle initiative politico-militaire qu’il associe aux forces combattant les institutions congolaises.

Pour Vital Kamerhe, les rébellions successives n’ont apporté ni la sécurité ni la prospérité attendues par les Congolais. Elles ont plutôt entraîné des pertes humaines, la fermeture d’écoles et le déplacement de nombreuses familles.

Un appel à renoncer à la voie des armes

Face à cette situation, Vital Kamerhe appelle les responsables du FRN à abandonner leur projet armé et à privilégier le dialogue. Il réaffirme son attachement à la souveraineté de la RDC, à son intégrité territoriale et au respect de l’ordre constitutionnel, tout en renouvelant son soutien au président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Pour lui, les problèmes politiques du pays ne peuvent être résolus durablement par de nouveaux affrontements. Il plaide pour une mobilisation pacifique et responsable, afin que les armes ne décident plus de l’avenir des Congolais.

Son message s’adresse aussi aux populations, qu’il invite à dépasser leurs appartenances politiques et communautaires pour défendre l’intérêt collectif.

« Le Congo doit aimer le Congo et l’Afrique doit aimer l’Afrique »

Au-delà de la situation congolaise, Vital Kamerhe a élargi son appel à l’ensemble de la région des Grands Lacs et au continent africain.

« Le Congo doit aimer le Congo et l’Afrique doit aimer l’Afrique », a-t-il déclaré, résumant sa vision d’une Afrique fondée sur la solidarité, l’entente et le respect mutuel.

Pour appuyer son propos, il a évoqué l’héritage de la Conférence d’Accra, organisée du 15 au 22 avril 1958, qui avait notamment porté l’idée d’une plus grande solidarité entre les États africains et d’une coopération renforcée avec le reste du monde.

Le président de l’UNC a également rappelé la diversité de la RDC, qui compte des centaines de communautés ethniques. Il appelle à bâtir un pays où chacun peut vivre selon ses convictions, défendre ses idées sans prendre les armes et exercer ses droits sans craindre pour sa vie.

Mettre fin au cycle des conflits

Vital Kamerhe souhaite voir la RDC sortir du cycle des rébellions suivies de négociations, qui se répète depuis des décennies. Il estime que les générations futures doivent hériter d’un pays où les différends se règlent par le dialogue plutôt que par la violence.

À travers cette adresse, l’ancien président de l’Assemblée nationale combine ainsi une critique du parcours politique de Joseph Kabila et un appel plus large à la paix. Son message met l’accent sur la responsabilité des dirigeants, la défense des institutions et la nécessité de préserver la vie des populations.

Il a conclu en invoquant la bénédiction de Dieu pour la RDC, son peuple, l’Afrique et le reste du monde.

Par Pascal Kabeya
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