C’est une mauvaise nouvelle de plus pour Donald Trump à 15 jours des élections de mi-mandat : l’inflation continue d’augmenter. Deux ans après son retour à la Maison Blanche et alors qu’il avait fait campagne sur la promesse de faire baisser les prix, il a fait tout le contraire.
En un an, les prix ont augmenté en moyenne de 3,7 % aux États-Unis. Le phénomène n’est pas nouveau, mais les chiffres de septembre montrent une accélération de la tendance. Les causes sont connues et Donald Trump aura bien du mal à faire croire qu’il n’est pas responsable : la hausse des prix de l’énergie, pétrole et gaz en raison de la situation au Moyen-Orient qu’il a lui-même provoquée en attaquant l’Iran, aux côtés d’Israël. L’essence ordinaire a carrément pris 10 % en septembre.
Le président américain a beau avoir passé un pacte avec le Kremlin sur le dos de l’Ukraine pour mettre du diesel sur les marchés, il est peu probable que cela suffise à inverser la tendance. Surtout que contrairement à ce qu’a tenté de faire croire Donald Trump dimanche, l’Ukraine n’a pas du tout renoncé à frapper les raffineries russes.
Certes Moscou a officiellement mis fin aujourd’hui à l’interdiction d’exporter du diesel et annoncé un premier chargement à destination du Maroc, mais si le Kremlin doit choisir entre approvisionner les marchés et priver ses propres citoyens d’essence, il va peut-être y réfléchir à deux fois.
Ce qui explique cette inflation
La hausse des prix de l’énergie ne concerne pas que l’énergie : c’est contagieux puisque pour produire n’importe quel produit il faut de l’énergie. C’est ce qui explique la hausse des coûts de production qui viennent de paraître et qui sont encore plus mauvais qu’attendus. Le tout dans un climat de prix qui reflète aussi la politique commerciale de Donald Trump, l’augmentation des droits de douane, c’est le deuxième gros facteur.
Les entreprises américaines payent plus cher pour s’approvisionner à l’étranger. C’est ce qui explique aussi l’augmentation du prix des denrées alimentaires. Elles n’ont pas augmenté davantage en septembre, c’est vrai, mais la hausse cumulée des 12 derniers mois pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages. D’autant que les salaires, eux, ont reculé en août et en septembre.
Dans ces conditions, la Fed, la Banque centrale américaine, pourrait être contrainte d’augmenter à nouveau son taux directeur, peut-être même dès sa prochaine réunion fin octobre. Au pire moment pour Donald Trump.
RFI






