La représentante démocrate Ilhan Omar, élue au Congrès américain, fait l’objet de nouvelles allégations concernant les conditions dans lesquelles elle aurait obtenu la citoyenneté américaine. Selon un texte relayant les déclarations de John Yoo, professeur de droit à l’Université de Californie à Berkeley et ancien collaborateur juridique du juge Clarence Thomas, toute irrégularité fondamentale dans la procédure de naturalisation pourrait soulever des questions sur son éligibilité constitutionnelle à la Chambre des représentants.
John Yoo s’appuie sur l’article I, section 2, de la Constitution américaine, qui exige qu’un membre de la Chambre des représentants soit citoyen des États-Unis depuis au moins sept ans. Selon son interprétation, si la naturalisation dont Ilhan Omar aurait bénéficié par l’intermédiaire de son père était invalide, la condition de citoyenneté pourrait ne pas avoir été remplie.
Ces affirmations ne constituent toutefois pas une décision judiciaire établissant une irrégularité dans la naturalisation de l’élue.
Des interrogations sur la naturalisation par son père

L’enquête évoquée dans le texte porte notamment sur la possibilité qu’Ilhan Omar ou son père, Nur Omar Mohamed, décédé depuis, aient communiqué des informations inexactes concernant son âge.
Ilhan Omar a affirmé être devenue citoyenne américaine en 2000, à l’âge de 17 ans, grâce à la naturalisation de son père. Selon les règles alors en vigueur, les enfants de moins de 18 ans pouvaient, sous certaines conditions, acquérir la citoyenneté par l’intermédiaire d’un parent naturalisé.
Si elle avait déjà atteint l’âge de 18 ans à cette date, elle n’aurait pas pu bénéficier de cette procédure dérivée et aurait dû satisfaire aux conditions applicables à une demande individuelle de naturalisation.
Le texte indique également que plusieurs sources, dont la bibliothèque de référence législative du Minnesota, mentionnaient auparavant 1981 comme année de naissance d’Ilhan Omar. En mai 2019, après des questions soulevées par un adversaire politique, son équipe aurait demandé que cette année soit remplacée par 1982.
Selon des courriels attribués à la direction de la bibliothèque, les collaborateurs de l’élue avaient estimé que l’année précédemment publiée était erronée et souhaitaient également faire corriger d’autres notices biographiques.
Ilhan Omar a expliqué ne pas disposer d’acte de naissance, invoquant le chaos provoqué par la guerre civile somalienne.
Des vérifications sur les documents d’immigration

D’après le texte, les services américains de la citoyenneté et de l’immigration (USCIS) auraient indiqué qu’une recherche approfondie n’avait révélé « aucun dossier » de naturalisation au nom de Nur Omar Mohamed ou sous plusieurs autres identités examinées.
Le document rapporte également que des enquêteurs fédéraux ont adressé des citations à comparaître à des membres de la famille et examiné des informations relatives aux antécédents militaires du père d’Ilhan Omar en Somalie.
Lors d’une perquisition menée le 12 octobre, les enquêteurs auraient saisi notamment un téléphone, des ordinateurs, des carnets et un passeport. Le mandat évoquerait des infractions potentielles liées à une entente criminelle, à la fraude à l’immigration et à de fausses déclarations.
Ces éléments, tels qu’ils sont rapportés, ne permettent cependant pas de conclure qu’Ilhan Omar a commis une fraude ou qu’elle a obtenu sa citoyenneté de manière irrégulière.
John Yoo critique la réaction de l’élue

John Yoo a également critiqué la réaction d’Ilhan Omar face aux investigations. Il estime qu’une personne disposant de documents établissant clairement sa situation pourrait les produire pour répondre aux interrogations.
Cette prise de position relève de son appréciation personnelle. Le texte rapporte par ailleurs des accusations selon lesquelles l’élue aurait refusé de répondre à certaines questions devant le Congrès ou de transmettre des documents liés à une affaire de fraude présumée au Minnesota, sans fournir suffisamment d’éléments pour établir précisément la nature de ces échanges.
Une question juridique qui reste à trancher

Au cœur de cette controverse se trouve la distinction entre les accusations rapportées, les éléments recherchés par les enquêteurs et une éventuelle conclusion judiciaire.
L’éligibilité d’Ilhan Omar ne peut être déclarée compromise sur la seule base de soupçons concernant son âge ou la naturalisation de son père. Il faudrait notamment établir les faits relatifs à sa situation migratoire et déterminer leurs conséquences au regard du droit applicable.
En l’absence d’une conclusion officielle établissant une irrégularité, les affirmations rapportées doivent donc être considérées comme des allégations faisant l’objet de vérifications, et non comme des faits judiciairement établis.
Par Marius Bopenga
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