L’Union africaine appelle au dialogue et met en garde contre toute escalade politique

Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, appelle les acteurs politiques congolais à privilégier les moyens pacifiques pour résoudre les tensions en République démocratique du Congo et à préserver les perspectives de dialogue et de réconciliation nationale. Dans un communiqué publié le lundi 19 octobre 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, il réaffirme également l’attachement de l’organisation continentale à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la RDC.

Un dialogue national inclusif encouragé

Dans son communiqué, Mahmoud Ali Youssouf salue les efforts du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo en faveur d’un dialogue politique national inclusif. Selon lui, cette démarche devrait associer l’ensemble des acteurs politiques et sociaux concernés, dans le respect des institutions de la République.

Le président de la Commission de l’UA exhorte par ailleurs les différentes parties à faire preuve de retenue et à éviter toute initiative susceptible d’aggraver les tensions. Il insiste sur la nécessité de préserver les possibilités de dialogue et de réconciliation nationale.

Il rappelle, dans ce cadre, les principes consacrés par l’Acte constitutif de l’Union africaine, la Déclaration de Lomé de 2000 et la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Ces textes condamnent les changements anticonstitutionnels de gouvernement, notamment la prise du pouvoir par la force et le renversement des institutions démocratiquement établies.

Doha et Washington au cœur des efforts de paix

Au-delà des tensions politiques internes, Mahmoud Ali Youssouf souligne l’importance de préserver les acquis des processus diplomatiques de Doha et de Washington, de mettre en œuvre les engagements souscrits, de respecter le cessez-le-feu et de garantir la protection des populations civiles.

L’Union africaine réaffirme également son soutien aux efforts de médiation conduits par Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil de la République togolaise et médiateur de l’organisation continentale. Ces initiatives bénéficient de l’appui du Panel des facilitateurs de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

Mahmoud Ali Youssouf assure enfin que l’UA reste disponible pour accompagner les initiatives régionales et internationales visant à parvenir à une paix durable en RDC et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.

Un contexte politique et sécuritaire toujours tendu

Cet appel intervient alors que les discussions autour d’un dialogue national inclusif se poursuivent en RDC, parallèlement aux efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit dans l’Est du pays.

Le 16 octobre 2026, l’ancien président congolais Joseph Kabila a pris la tête d’une nouvelle structure issue de l’AFC/M23, dénommée Front pour la refondation de la nation (FRN), selon les informations rapportées dans ce contexte politique.

Malgré les processus de Doha et de Washington, des inquiétudes persistent quant au respect du cessez-le-feu et à la concrétisation des engagements pris. Le 15 octobre, les États-Unis ont de nouveau appelé Kinshasa et l’AFC/M23, désormais regroupés sous la dénomination FRN dans le texte fourni, à tirer parti des avancées des négociations de Doha pour finaliser les protocoles de l’accord-cadre.

À travers son communiqué, l’Union africaine réaffirme ainsi sa volonté de soutenir les démarches diplomatiques, tout en appelant les acteurs congolais à éviter l’escalade et à privilégier une solution pacifique à la crise. La protection des civils, le respect des engagements de paix et la préservation de la souveraineté congolaise demeurent au centre de son message.

Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online

11 Vues