Crise sociale en France: pris pour cible, Emmanuel Macron riposte et assume son action

Le déplacement d’Emmanuel Macron au Moyen-Orient, en pleine crise sociale et après les violences qui ont eu lieu en France les 17 et 18 octobre, a été vivement critiqué. Le président français a choisi de répondre, ce mercredi 21 octobre, à l’occasion d’un point presse organisé à Doha au Qatar. Le chef de l’État a manifesté une certaine exaspération face aux attaques dont il est l’objet.

Depuis son allocution solennelle donnée au palais de l’Élysée, dimanche 18 octobre après un week-end de grosses tensions sociales et de violences, Emmanuel Macron n’est pas épargné par les critiques. Parce qu’il n’a rien annoncé, aux yeux de certains observateurs, et parce qu’il a décidé, malgré la situation, de s’envoler vers le Moyen-Orient – Koweït, EÉmirats arabes unis, Bahreïn, Qatar et Arabie saoudite, entre le 19 au le 21 octobre.

Mais le président assure ne rien regretter et avoir gardé un œil sur la situation en France : « J’assume totalement d’avoir maintenu ce qui était prévu. J’ai donné un cap un instruction qui sont appliqués. J’ai eu deux fois par jour le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur également. »

Une déclaration qui ressemble peut-être à une justification, mais une réponse aussi à ceux qui se sont étonnés de le voir quitter le territoire en pleine crise. Son ancien Premier ministre, Édouard Philippe, a par exemple jugé que cette décision n’était pas « opportune ». Son prédécesseur, François Hollande, l’a encore critiqué ce 21 octobre sur France Inter : « Nous avons à affaire à un gouvernement qui est faible, un président de la République qui est absent, et nous sommes dans une fin de mandat. Il y a eu sûrement un manque d’expérience par rapport à ce qu’est une grande manifestation. »

« Ces gens n’aiment pas notre pays, ces gens m’indisposent »

Pourtant, selon Emmanuel Macron, la situation est sous contrôle. Le président affirme qu’il a donné une feuille de route au gouvernement et qu’une méthode est engagée pour remédier aux défaillances du dispositif de maintien de l’ordre mis en place le week-end dernier par son ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Une vision assez éloignée de la réalité du débat en France, où Sébastien Lecornu et le gouvernement font face à une levée de boucliers des responsables politiques de tous bords depuis le début de la semaine, accusés de faiblesse par les uns, d’abus par les autres. La cheffe de fil du Rassemblement national, Marine Le Pen, a même affirmé que le gouvernement avait « perdu la maîtrise de tout ».

Les critiques sont aussi venues de l’étranger : le président états-unien, Donald Trump, en a par exemple profiter pour dire qu’il soutenait Marine Le Pen pour la présidentielle et a relié les violences et les pillages qui ont eu lieu en France à l’immigration. Cette fois-ci, Emmanuel Macron a réglé ses comptes avec le pensionnaire de la Maison Blanche : « Tous les gens qui parlent mal de notre pays en ce moment, ce sont des gens qui n’aiment pas notre pays. Donc ces gens m’indisposent. (…) Je vois des dirigeants qui sont dans des situations de campagne, dans la région ou de l’autre côté de l’Atlantique, qui relaient ce qu’évidemment, des sphères veulent faire croire de ce qui s’est passé en France. Ils font campagne sur notre dos. » Le locataire de l’Élysée a aussi eu des mots durs pour La France insoumise, parti où il y a eu « trop de gens ambigus, trop de gens pour expliquer qu’il y avait des violences légitimes ». « Non, il n’y a aucune violence légitime », a-t-il martelé.

De retour en France dans la soirée de ce 21 octobre, Emmanuel Macron semble avoir l’intention de reprendre la main. Depuis Doha, il a annoncé que son agenda de jeudi sera consacré à la crise : une réunion est prévue avec les services de renseignement le matin, avant un déplacement auprès des forces de sécurité l’après-midi – Sébastien Lecornu, lui, réunira lui les partis politiques à Matignon. Mais dans son propre camp, certains craignent ses prises de parole. Un proche d’un candidat à la présidentielle estime que « s’il parlait un peu moins, ça aiderait tout le monde ».

RFI

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