Kinshasa : Daniel Bumba révoque Fils Mukoko après ses déclarations sur la distribution d’armes

Le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a révoqué, mercredi 21 octobre 2026, Fils Mukoko de ses fonctions de directeur général adjoint de la Régie d’assainissement de Kinshasa (RASKIN). Cette décision intervient après la diffusion de déclarations controversées dans lesquelles l’intéressé évoquait une distribution d’armes et tenait des propos menaçants à l’égard des Occidentaux.

Un arrêté invoquant les obligations de la fonction publique

Daté du 21 octobre 2026, l’arrêté provincial démet Mukoko Mudipanu Le Fils Benoît de son poste de directeur général adjoint chargé des questions techniques au sein de la RASKIN. La décision prend effet à la date de sa signature, tandis que le ministre provincial chargé de l’Environnement est chargé de son exécution.

Sans mentionner explicitement les déclarations à l’origine de la polémique, le document rappelle que l’exercice d’une fonction publique exige « dignité, discrétion, responsabilité et respect des institutions ».

L’arrêté souligne également la nécessité de prévenir tout comportement ou propos susceptible de porter atteinte à l’honneur de la fonction publique et à la crédibilité des institutions.

Des propos menaçants envers les Occidentaux

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Fils Mukoko avait annoncé son intention de distribuer des armes dans des terrains de football, des églises et des universités. S’en prenant à la Belgique et aux Occidentaux, il avait affirmé que ces derniers auraient « du mal à sortir de Kinshasa ».

Ces déclarations ont provoqué plusieurs réactions au sein des institutions congolaises. Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, les a condamnées, les qualifiant d’« horreur absolue ». Il a précisé qu’elles n’engageaient ni le gouvernement ni aucune autre institution, tout en assurant que des mesures avaient été prises pour protéger les missions diplomatiques.

Une enquête judiciaire annoncée

Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a annoncé mercredi avoir instruit le procureur général près la Cour de cassation d’ouvrir une enquête judiciaire sur la vidéo attribuée à Fils Mukoko.

De son côté, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) s’est désolidarisée de ces déclarations. Dans un communiqué signé par son président intérimaire, Augustin Kabuya, le parti présidentiel affirme que Fils Mukoko n’occupe aucune fonction en son sein.

L’UDPS précise également que ses organes compétents n’ont autorisé ni une distribution d’armes ni un sit-in devant l’ambassade de Belgique.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a, pour sa part, annoncé un embargo médiatique de 88 jours et convoqué Fils Mukoko pour une audition.

Des tensions dans les relations entre Kinshasa et Bruxelles

Cette affaire survient dans un contexte de tensions entre la RDC et la Belgique, après des perquisitions visant des résidences de proches du président Félix Tshisekedi en Belgique dans le cadre d’une instruction pour blanchiment.

La révocation de Fils Mukoko s’ajoute ainsi aux réactions politiques, administratives et judiciaires suscitées par ses déclarations, alors que les autorités congolaises affirment vouloir préserver la sécurité des missions diplomatiques et la crédibilité des institutions publiques.

Par Pascal Kabeya
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