France: manifestations non syndicales interdites, Emmanuel Macron va recevoir les organisations étudiantes

Après les manifestations du 17 octobre, Emmanuel Macron a indiqué que seules les manifestations syndicales seront tolérées samedi 24 octobre, alors qu’une nouvelle journée de mobilisation a été annoncée. À Paris, le couvre feu en place dans certains secteurs de la ville est reconduit jusqu’au lundi 26 octobre. Le président recevra les organisations lycéennes ce vendredi 23 octobre, à 15h, à l’Élysée.

Seules les manifestations organisées à la demande des syndicats seront autorisées samedi 24 octobre, sur des tracés qui protégeront « les commerces et les bâtiments publics », a indiqué ce jeudi Emmanuel Macron.

« Pour ce qui est des prochains jours, et en particulier de samedi, la recommandation générale, c’est qu’il n’y ait pas de manifestation. Les gens qui veulent continuer à manifester, quand ce sont des organisations syndicales, les préfets proposeront des tracés alternatifs. Quand ce ne sont pas des organisations syndicales, partout où on le peut, on interdira », a annoncé le chef de l’État à l’issue d’une réunion avec les services de renseignement, accusés d’avoir mal anticipé la mobilisation du 17 octobre.

Emmanuel Macron recevra les organisations étudiantes ce vendredi

Jeudi soir, l’Élysée a également annoncé que le président Emmanuel Macron recevra des « lycéens et des représentants d’organisations lycéennes » vendredi à 15h afin d’« écouter leurs revendications et inquiétudes ». Le soir du 18 octobre, dans son allocution, le chef de l’État avait souhaité que la jeunesse soit « autour de la table », pour « construire ensemble des solutions », en indiquant que le Premier ministre les réunirait « dans les prochains jours », sans préciser de date.

Plus tôt ce jeudi, le chef de l’État avait annoncé que le Premier ministre Sébastien Lecornu réunirait lundi 26 octobre les organisations « lycéennes, étudiantes, enseignantes, syndicales, patronales, les collectivités territoriales et les parlementaires pour que le dialogue et le travail se poursuivent sur les demandes et les revendications légitimes, en particulier pour notre jeunesse ». Les organisations étudiantes avaient indiqué regretter que le rendez-vous arrive tardivement. 

Des manifestations déjà interdites ce jeudi

Une première manifestation prévue dès ce jeudi après-midi à Paris, entre la Pitié-Salpétrière et Bastille, a déjà été interdite par un arrêté de la préfecture de police, alors qu’elle était déclarée par Interfac Île-de-France, qui se présente comme l’assemblée générale des étudiants des facultés franciliennes.

La justice administrative a finalement suspendu en urgence cet arrêté, alors que les membres de l’Interfac se rendaient progressivement au lieu de rendez-vous de la manifestation. « Ce qu’il y a(vait) derrière cette interdiction de manifestation, c’est une tentative de toucher au droit même de manifester. Donc on s’est donné les moyens de contester ça, parce qu’on ne veut pas se laisser faire », a réagi auprès de l’AFP Coppélia Moreau, membre de l’Interfac.

Jeudi matin, des étudiants ont tenté de bloquer l’accès de Sciences Po Paris, mais ils ont rapidement été dispersés par la police. À Lyon aussi, la préfecture du Rhône a interdit des manifestations de lycéens et d’étudiants ce jeudi.

Manifestations interdites samedi à Marseille, Montpellier et Nice

Toutes les manifestations, déclarées ou non déclarées, seront notamment interdites samedi à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône « pour des raisons évidentes de sécurité et de disponibilité des forces de sécurité intérieure », a annoncé ce jeudi la préfecture du département. Invoquant « les pillages, dégradations et actes de vandalisme » survenus le week-end dernier, la préfecture annonce également dans un communiqué que les transports en commun seront suspendus de samedi, 5h, à dimanche, 5h, dans l’agglomération marseillaise.

Par ailleurs, le couvre-feu actuellement en vigueur pour les mineurs dans l’hypercentre de la ville et certaines zones commerciales va être élargi aux majeurs pour les nuits de samedi à dimanche et de dimanche à lundi. Dans les rues de la cité phocéenne, on s’inquiète de l’interdiction de manifester, considéré par beaucoup comme un droit fondamental. 

À Marseille, l’inquiétude des habitants face à l’interdiction des manifestationsSophie Bourlet

Pour préparer cette journée de samedi, Emmanuel Macron réunira un conseil de défense vendredi matin, où seront prises « des décisions supplémentaires ».

À Montpellier, une manifestation déclarée en préfecture pour samedi a été finalement interdite et les tramways ne circuleront pas. « Les rassemblements et attroupements » seront par ailleurs interdits dans le centre de Montpellier samedi entre 8h et 22h sur un périmètre élargi, a ajouté la préfecture de l’Hérault. Un couvre-feu concernera en outre les mineurs non accompagnés dans les centres-villes de Montpellier et de Béziers vendredi et samedi soir.

Nice, la cinquième ville de France, a également interdit « tous les regroupements et manifestations revendicatives » samedi dans le centre-ville. Le préfet des Alpes-Maritimes rappelle qu’un couvre-feu est en vigueur depuis lundi pour les mineurs, à partir de 21h jusqu’à 6h du matin.

Couvre-feu reconduit à Paris, plusieurs musées fermés samedi

À Paris, le couvre-feu est reconduit dans les périmètres de la place de la République et des Halles chaque nuit de 23h à 6h jusqu’à lundi matin, une mesure en vigueur depuis les violences et pillages du week-end, selon un arrêté de la préfecture de police publié jeudi. La préfecture de police a également de nouveau accompagné cet arrêté d’une interdiction visant « tout rassemblement non déclaré » dans la soirée et la nuit de jeudi à vendredi, notamment autour de l’Élysée, de l’Assemblée nationale, du Sénat, de l’avenue des Champs-Élysées ou encore des gares. Les deux interdictions valent pour les majeurs et les mineurs.

Les musées parisiens du Louvre, d’Orsay, Picasso et le Grand Palais seront exceptionnellement fermés samedi en raison des manifestations prévues dans la capitale française, a annoncé jeudi le ministère de la Culture dans un communiqué.

En vue de cette nouvelle journée de mobilisation nationale, le ministère appelle également « l’ensemble des établissements placés sous sa tutelle » à prendre toutes les mesures pour assurer « la sécurité des visiteurs », « la protection des agents » et « la préservation des oeuvres ».

Le président jette la faute sur « des actes séditieux » par l’« ultragauche »

Revenant sur les violences du 17 octobre et reconnaissant « des défauts d’anticipation, des éléments de surprise », Emmanuel Macron a dénoncé « des actes politiques et même séditieux qui ont été conduits par des groupes organisés d’ultragauche qui visent à faire tomber la République ».

Des actes politiques, et même séditieux, conduits par des groupes organisés d’ultragauche qui visent à faire tomber la République

Le président français Emmanuel Macron s’exprime après le Conseil de Sécurité

« C’est ce qui est assumé par ces derniers, avec une extrême dangerosité, une très grande violence et une planification. Et à côté de cela des actes de délinquance sur lesquels nous devons aussi avoir la plus grande dureté mais qui ne sont pas de la même nature », a-t-il souligné. « Il y a eu plusieurs milliers de gardes à vue, plusieurs centaines de personnes incarcérées, le travail va se poursuivre, mais c’est la plus grande sévérité qui a été demandée à juste titre par le garde des Sceaux au parquet », s’est-il félicité.

RFI

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