RDC : trois figures politiques arrêtées en quelques heures, la tension monte à Kinshasa

Trois personnalités politiques congolaises ont été arrêtées ces dernières heures à Kinshasa, dans des circonstances différentes. Il s’agit de Fils Mukoko, cadre de l’UDPS et ancien directeur général adjoint de la RASKIN, de la sénatrice Carole Agito Amela et de l’ancien président du Sénat Alexis Thambwe Mwamba. Ces interpellations suscitent déjà des réactions politiques et des interrogations sur le respect des procédures légales.

Fils Mukoko interpellé après ses déclarations controversées

Fils Mukoko a été interpellé jeudi à son domicile, dans la commune de Lemba, à Kinshasa. Cette arrestation intervient après des déclarations dans lesquelles il aurait appelé à distribuer des armes pour s’en prendre aux ressortissants occidentaux séjournant dans la capitale.

Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a annoncé que l’intéressé devrait répondre de ses actes devant la justice, indépendamment de son appartenance politique.

« Que vous soyez de l’UDPS ou pas », a-t-il déclaré, réaffirmant ainsi que les poursuites ne devraient pas dépendre de l’affiliation politique de la personne concernée.

Carole Agito : le président du Sénat dénonce une procédure irrégulière

La sénatrice Carole Agito Amela a également été arrêtée. À l’ouverture de la séance plénière du jeudi, le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a dénoncé une interpellation qu’il estime contraire aux dispositions légales encadrant le statut des parlementaires.

Il a notamment invoqué l’article 107 de la Constitution ainsi que l’article 223 du règlement intérieur du Sénat, relatifs aux immunités parlementaires et aux conditions de leur levée.

Cette réaction place la question du respect des immunités parlementaires au centre du débat, dans l’attente de précisions sur les circonstances exactes de l’interpellation et les procédures suivies.

Alexis Thambwe Mwamba également arrêté

L’ancien président du Sénat Alexis Thambwe Mwamba, âgé de plus de 80 ans, aurait lui aussi été arrêté à Kinshasa après avoir passé plusieurs jours à Kindu.

L’information a été rapportée par Salomon Kalonda Della, qui qualifie cette arrestation d’« arbitraire » et établit un lien avec la loi sur le référendum.

À ce stade, les circonstances précises de cette interpellation ainsi que les motifs officiellement retenus contre l’ancien président du Sénat ne sont pas détaillés dans les informations disponibles.

Des enjeux judiciaires et politiques

Ces trois arrestations interviennent dans un climat politique marqué par des tensions et des débats sur le fonctionnement des institutions, la responsabilité des acteurs politiques et le respect des garanties constitutionnelles.

Alors que les autorités judiciaires sont appelées à établir les faits reprochés aux personnes interpellées, les réactions suscitées par ces affaires soulèvent également la question du respect des procédures légales, notamment lorsqu’elles concernent des parlementaires ou des personnalités politiques de premier plan.

Par Marius Bopenga
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