L’ancien président du Sénat, Alexis Thambwe Mwamba, a été libéré vendredi 23 octobre 2026 à 21 h 40, après plusieurs heures de détention à Kinshasa, selon des sources familiales. Avant sa libération, sa résidence, la villa Mwamini, située dans le quartier Joli-Parc, dans la commune de Ngaliema, a été perquisitionnée par les services de sécurité.
Une perquisition de près de deux heures
L’opération aurait débuté vers 18 h 30, avenue Hesbaye. Selon les informations recueillies, une vingtaine d’agents du Conseil national de cyberdéfense (CNC) auraient participé à la perquisition, qui a duré près de deux heures.
Jusqu’à présent, aucune communication officielle n’a précisé les motifs de l’interpellation d’Alexis Thambwe Mwamba ni l’objet exact des recherches effectuées à son domicile.
Dans les milieux politiques, plusieurs hypothèses circulent, évoquant notamment de possibles soupçons d’activités subversives, des contacts présumés avec des opposants au pouvoir ou des tensions liées au leadership politique dans la province du Maniema. Toutefois, aucune de ces pistes n’a été officiellement confirmée.
La libération de l’ancien président du Sénat met fin à sa détention, mais laisse entière la question des raisons de cette intervention et des éventuelles conclusions de la perquisition.
Carole Agito également concernée
Dans le même contexte, la sénatrice Carole Agito Amela, présidente nationale du parti Agir pour le Congo (AGPC), aurait également été brièvement détenue par les services de sécurité. Les circonstances et les motifs de cette interpellation n’ont pas été officiellement précisés.
Dans un communiqué publié vendredi, l’AGPC a réagi aux informations circulant sur les réseaux sociaux au sujet de sa présidente. Le parti affirme que la sénatrice « jouit pleinement de ses libertés et de ses immunités » parlementaires.
Le document, signé par le secrétaire général adjoint Ursil Lelo di Makungu, dénonce une campagne de « désinformation » et de « diffamation ». L’AGPC demande que toute question judiciaire concernant sa présidente soit traitée dans le respect des procédures légales, « à l’abri de toute pression ou instrumentalisation ».
Le parti ne précise toutefois pas la nature des informations qu’il conteste. De leur côté, les autorités n’ont pas communiqué officiellement sur les circonstances de la brève détention évoquée.
Les anciens collaborateurs de Joseph Kabila sous surveillance ?
Ces événements interviennent dans un climat politique marqué par la sortie publique de l’ancien président Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), une nouvelle structure politique associée à sa démarche de contestation du pouvoir en place.
Depuis cette évolution, des interrogations se multiplient sur la situation de plusieurs personnalités ayant évolué au sein de son ancien parti, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD).
Les interpellations rapportées d’Alexis Thambwe Mwamba et de Carole Agito alimentent ainsi les spéculations sur l’attention portée par les services de sécurité à certains anciens proches de l’ex-chef de l’État. Aucun élément officiel ne permet cependant d’établir que ces interventions sont directement liées à leur passé politique ou à la création du FRN.
En l’absence d’explications des autorités, les circonstances de ces deux affaires demeurent floues. Elles relancent néanmoins les interrogations sur le traitement réservé aux personnalités politiques dans un contexte de tensions croissantes entre le pouvoir et les acteurs liés à l’ancien régime.
Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
CONGO PUB Online






