Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemin Shabani, a instruit les gouverneurs des provinces de Kinshasa, de la Tshopo, du Haut-Uélé et du Bas-Uélé de prendre des mesures interdisant tout attroupement de personnes afin de prévenir la propagation du virus Ebola.
Cette décision est contenue dans un message télégramme daté du 27 juin 2026, alors que l’épidémie continue de sévir dans les provinces de l’Ituri, considérée comme l’épicentre, ainsi que dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon le ministère de l’Intérieur, cette mesure préventive vise à limiter les risques d’introduction et de transmission du virus dans ces quatre provinces qui, jusqu’à présent, n’ont pas officiellement enregistré de cas suspect.
Des interrogations sur l’application de la mesure
L’annonce soulève toutefois plusieurs questions quant à sa mise en œuvre. Le message télégramme ne précise pas les activités concernées ni les modalités d’application de cette interdiction.
Les marchés, où la promiscuité est quotidienne en raison de la forte affluence, pourraient être directement concernés si les autorités provinciales décident de restreindre les rassemblements. De même, les lieux de culte, qui accueillent régulièrement d’importants rassemblements de fidèles, pourraient être amenés à adapter leurs activités en fonction des directives qui seront prises.
À ce stade, aucune communication officielle ne précise si les marchés, les églises, les écoles, les transports publics ou d’autres espaces recevant du public seront soumis à des restrictions particulières.
Une décision qui intervient dans un contexte politique sensible
Cette mesure sanitaire intervient également dans un contexte politique marqué par la préparation d’une marche pacifique annoncée pour le 8 juillet à Kinshasa par une partie de l’opposition congolaise.
Les formations regroupées au sein de la coalition C64 entendent manifester contre le projet de révision de la Constitution, qu’elles accusent de pouvoir ouvrir la voie à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi. Selon ces opposants, cette réforme remettrait en cause les limitations constitutionnelles des mandats présidentiels, alors que le second mandat du chef de l’État est censé s’achever en décembre 2028.
À ce jour, les autorités n’ont pas indiqué si l’interdiction des attroupements s’appliquera aux manifestations politiques déjà annoncées ou si des dérogations seront envisagées. L’évolution de la situation sanitaire ainsi que les décisions des autorités provinciales devraient permettre de clarifier les modalités d’application de cette mesure dans les prochains jours.
Par Pascal Kabeya
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