Les festivités marquant le 250ᵉ anniversaire de l’indépendance américaine se sont intensifiées à travers les États-Unis ce vendredi à la veille du 4 juillet. Donald Trump a lancé les célébrations au pied du Mont Rushmore.
La Statue de la Liberté est au centre, pour la première fois de son histoire, d’un spectacle musical et visuel créé à l’initiative de la France pour célébrer les 250 ans des États-Unis, qui sera diffusé vendredi soir sur les chaînes du groupe Disney. Le DJ et producteur français Michael Canitrot a concocté ce show d’une quinzaine de minutes, destiné à mettre en valeur la célébrissime statue offerte par la France il y a 140 ans et qui trône dans la baie de New York. Il sera diffusé en France dimanche sur la chaîne France 2.
Le spectacle à New York a notamment nécessité l’autorisation spéciale du Service des parcs nationaux, puissante administration fédérale qui gère de nombreux monuments, au terme d’une discussion qui a duré plusieurs mois entre les autorités américaines et françaises.
À l’origine du projet, le consul général de France à New York, Cédrik Fouriscot, qui considère ce spectacle comme l’illustration de « l’importance des alliances ». Dans un contexte de « tensions géopolitiques fortes », quand « la France et les États-Unis sont ensemble et créent des choses ensemble, comme la Statue de la Liberté ou comme ce show, ça peut devenir inoubliable », a-t-il soutenu.
Rythmé par de la musique techno, avec des jeux de lasers semblant mettre en mouvement la statue, il avait été enregistré mercredi soir devant quelque 250 invités, dont le ministre américain des Finances Scott Bessent et le patron de la banque JPMorgan Chase, Jamie Dimon. Peu avant, la Patrouille de France (PAF) a survolé le monument pour déployer des fumigènes aux couleurs du drapeau tricolore. En mission aux États-Unis depuis plusieurs semaines, la PAF doit rentrer en France le 5 juillet, au lendemain de la fête nationale américaine.
Pour le 250e anniversaire des États-Unis, le maire de New York prononce un discours ouvert aux migrants

Le maire de New York, Zohran Mamdani a prononcé un discours en vidéo pour les 250 ans des États-Unis, entouré de citoyens récemment naturalisés de New York, une métropole d’environ neuf millions d’habitants où l’on parle plus de 200 langues différentes.
Le maire lui-même est un citoyen naturalisé depuis 2018. Il a exhorté son auditoire à rejeter ces forces « puissantes » qui prônent un pays où « la liberté n’est accordée qu’à une poignée d’élus et où tous ne naissent pas égaux ». « Pour eux, l’Amérique s’amoindrit à mesure qu’elle accueille de nouvelles personnes. L’Amérique, vous diront-ils, n’appartient qu’à ceux qui ont le bon accent ou la bonne couleur de peau », a déclaré Zohran Mamdani.
Donald Trump transforme la fête nationale en démonstration politique

Depuis un an, le président américain fait tout pour que les célébrations soient surtout à propos de lui. Protégé par une vitre pare-balles, Donald Trump a fait un discours au Mont Rushmore devant les visages gravés dans la pierre de quatre de ses prédécesseurs : Washington, Jefferson, Lincoln et Roosevelt, rapporte notre correspondant à New York, Gwendal Lavina. En 2017, il avait dit qu’il aimerait bien y être ajouté. La Maison Blanche affirmait très sérieusement ce vendredi « qu’il n’y aurait pas de meilleure option possible ».
Le président a vanté son action plutôt que de proposer un discours rassembleur, dénonçant une menace communiste résurgente et une offensive contre l’identité américaine. Ce sera probablement pareil ce samedi soir à Washington.
Mais ce n’est pas une surprise : Donald Trump a politisé toutes les festivités pour les 250 ans de l’indépendance. Que ce soient les combats de MMA sur la pelouse de la résidence présidentielle le jour de son anniversaire, la grande foire dans la capitale qui est un échec cuisant en terme de fréquentation ou encore une prière géante pour rechristianiser le pays.
Pour Donald Trump, ces célébrations sont davantage à propos de lui qu’à propos des États-Unis, ce qui fait beaucoup réagir. De nombreux Américains expriment leur scepticisme, voire leur colère, contre le comportement de Donald Trump. Même certains de ses supporters dénoncent un nombrilisme du président, auquel on est pourtant habitués de sa part. Mais pour une fête aussi importante, il faut croire que c’est trop.
Les démocrates sont aussi évidemment en colère et accusent le président d’avoir détourné les célébrations dans son propre intérêt. Les élus au Congrès ont d’ailleurs publié un rapport de 55 pages intitulé « De la vanité à la folie, comment la Maison Blanche a privé les Américains de leur 250ᵉ anniversaire ».
RFI






