Ecobank affiche une croissance de ses revenus au premier semestre, mais sa rentabilité est freinée par le Nigeria

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Le groupe bancaire panafricain Ecobank Transnational Incorporated (ETI) a enregistré des performances en hausse au premier semestre 2026, avec un produit net bancaire de 1,3 milliard de dollars, en progression de 15 % par rapport à la même période de l’année précédente. Son bénéfice avant impôt s’est établi à 423 millions de dollars, contre 398 millions de dollars un an plus tôt, soit une augmentation de 6 %.

Malgré cette progression, la croissance du bénéfice demeure nettement inférieure à celle des revenus, traduisant une pression accrue sur la rentabilité du groupe. Le rendement des fonds propres tangibles est ainsi revenu à 21,1 %, contre 27,8 % sur l’ensemble de l’exercice 2025.

Cette évolution s’explique principalement par la dégradation de la qualité des actifs au Nigeria. À la suite de la fin des mesures d’assouplissement prudentiel accordées par la Banque centrale nigériane, Ecobank a été contrainte de reclasser plusieurs créances devenues plus risquées, notamment dans les secteurs du pétrole et du gaz.

La filiale nigériane du groupe a ainsi clôturé l’exercice 2025 avec une perte avant impôt de 31 millions de dollars, tandis que les provisions pour dépréciation ont fortement augmenté. Au niveau consolidé, le ratio des créances douteuses est passé de 6,7 % à 9,4 %, illustrant les difficultés rencontrées sur ce marché stratégique.

En dehors du Nigeria, les activités du groupe ont toutefois affiché une dynamique positive. Les revenus ont progressé de 20 % en Afrique centrale, orientale et australe, atteignant 470 millions de dollars, tandis que l’Afrique de l’Ouest anglophone a enregistré une croissance de 16 %, à 372 millions de dollars. Dans l’espace UEMOA, région historique du groupe, les revenus ont augmenté de 6 %, pour s’établir à 382 millions de dollars.

Les indicateurs financiers demeurent globalement solides. Les dépôts de la clientèle ont augmenté de 3,1 milliards de dollars sur un an pour atteindre 27 milliards de dollars, dont 85 % sont constitués de ressources à faible coût. Le coefficient d’exploitation est resté stable à 48,4 %, confirmant la maîtrise des charges opérationnelles.

La stratégie de transformation numérique du groupe continue également de produire des résultats. Les revenus issus des activités de paiement ont progressé de 10 %, atteignant 156 millions de dollars, tandis que la valeur des transactions numériques a bondi de 33 %, à 78,5 milliards de dollars. La direction souligne que cette évolution est soutenue par la modernisation de son infrastructure technologique, développée notamment en partenariat avec Google Cloud.

Sur le plan financier, Ecobank a par ailleurs levé 450 millions de dollars sur le marché international grâce à une obligation verte, une opération largement sursouscrite destinée à refinancer une dette subordonnée existante.

Le semestre s’inscrit également dans un contexte de recomposition de l’actionnariat. Après l’autorisation accordée en juin par la Commission bancaire de l’UMOA, Bosquet Investments, véhicule d’investissement de l’homme d’affaires camerounais Alain Nkontchou, est devenu le premier actionnaire du groupe avec une participation d’au moins 24,05 % du capital, devant Qatar National Bank.

Alors que le plan stratégique « Croissance, Transformation, Rendement » arrive à son terme cette année, Ecobank devra désormais démontrer sa capacité à poursuivre sa croissance tout en résorbant les difficultés liées à son portefeuille de crédits au Nigeria, afin de préserver durablement sa rentabilité et de consolider la confiance des investisseurs.

Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online

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