L’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit actuellement en République démocratique du Congo poursuit son expansion. Après avoir touché plusieurs provinces du pays, elle a désormais atteint le Bas-Uélé, portant à six le nombre de provinces concernées.
L’annonce de ce nouveau foyer a été faite jeudi 13 août 2026 par Jean Kaseya, directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). La province du Bas-Uélé, située dans le nord-est de la RDC et frontalière de la République centrafricaine, était jusque-là épargnée.
Selon les informations communiquées, une personne en provenance du Haut-Uélé est décédée dans la ville de Buta, chef-lieu du Bas-Uélé, après avoir été infectée par le virus. Cette situation fait craindre de nouvelles transmissions parmi les personnes ayant été en contact avec elle.
Une épidémie qui progresse rapidement
L’épidémie actuelle est provoquée par le virus Ebola de type Bundibugyo, une souche rare contre laquelle aucun traitement spécifique n’a encore démontré son efficacité.
Les données communiquées autour du 13 août faisaient état de plus de 4 500 cas confirmés et de plus de 2 100 décès, faisant de cette flambée l’une des plus importantes jamais enregistrées en RDC. La progression géographique du virus complique davantage la riposte, notamment en raison des difficultés d’accès à certaines zones, des déplacements de populations et des capacités limitées du système de santé.
La situation est particulièrement préoccupante en Ituri, qui concentre la majorité des cas et des décès enregistrés dans le pays.
La recherche d’un traitement franchit une nouvelle étape
Face à l’absence de traitement approuvé contre la souche Bundibugyo, la recherche scientifique se poursuit parallèlement à la riposte sanitaire.
L’essai clinique international PARTNERS, parrainé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), évalue notamment deux traitements : MBP134, un anticorps monoclonal, et le remdesivir, un antiviral. L’étude est coordonnée en RDC par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), en collaboration avec l’Institut de médecine tropicale de Belgique, l’Université d’Oxford et plusieurs partenaires humanitaires.
L’essai est notamment conduit à Bunia, où les chercheurs cherchent à déterminer si ces traitements peuvent améliorer les chances de survie des patients atteints de la maladie à virus Bundibugyo.
Quatre groupes pour comparer les traitements
Le protocole repose sur une répartition aléatoire des patients éligibles en différents groupes. Certains reçoivent les deux traitements expérimentaux, d’autres le MBP134 seul ou le remdesivir seul, tandis qu’un groupe reçoit les soins standards.
Cette méthode doit permettre aux chercheurs de comparer l’évolution des patients et de déterminer avec rigueur si l’un des traitements, ou leur association, procure un avantage réel en matière de survie.
Le franchissement du seuil de 100 participants constitue donc une étape importante pour l’essai, mais ne signifie pas encore qu’un traitement a fait la preuve de son efficacité. L’objectif reste précisément de produire les données scientifiques nécessaires pour déterminer quels traitements peuvent réellement fonctionner contre cette souche du virus.
Une course contre la propagation du virus
L’extension de l’épidémie au Bas-Uélé intervient ainsi au moment où les autorités sanitaires et leurs partenaires tentent d’accélérer simultanément la détection des cas, le suivi des contacts, la prise en charge médicale et la recherche thérapeutique.
Pour les acteurs de la riposte, l’enjeu est désormais double : freiner la propagation du virus tout en générant rapidement les preuves scientifiques susceptibles d’améliorer la prise en charge des malades.
L’absence actuelle de traitement dont l’efficacité est établie contre Ebola Bundibugyo rend cette recherche particulièrement importante. Le succès des essais cliniques pourrait non seulement contribuer à sauver davantage de vies pendant l’épidémie actuelle, mais également renforcer durablement la capacité de réponse aux futures flambées provoquées par cette souche.
Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online





