Infrastructures sportives en RDC : Constant Omari plaide pour une société dédiée à la gestion des stades

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L’ancien président de la Fédération congolaise de football association (FECOFA), Constant Omari Selemani, relance le débat sur la gestion des infrastructures sportives en République démocratique du Congo. Au cours d’un Space animé par le journaliste Stanis Bujakera, il a plaidé pour la création d’une société spécialisée dans la gestion des stades appartenant à l’État.

Selon Constant Omari, cette réflexion ne date pas d’aujourd’hui. Un projet visant à mettre en place une telle structure aurait déjà été élaboré avec l’ancien secrétaire général aux Sports, Barthélemy Okito, aujourd’hui décédé. Toutefois, le projet n’aurait pas abouti en raison, notamment, de la lourdeur administrative et de l’absence de décisions politiques permettant sa concrétisation.

« L’État ne peut pas être grossiste et épicier à la fois »

Constant Omari estime que l’État devrait se concentrer sur la construction et la mise à disposition des infrastructures, tandis que leur exploitation quotidienne devrait être confiée à une structure spécialisée.

« J’ai tout un dossier pour la création d’une société de gestion des stades. Nous y avions travaillé avec le feu Barthélemy Okito, l’ancien secrétaire général aux Sports », a-t-il expliqué.

Pour l’ancien dirigeant de la FECOFA, le principe est simple : l’État construit les infrastructures, puis les confie à une société créée à cet effet, chargée d’en assurer la gestion, l’entretien et la valorisation économique.

« L’État ne peut pas être grossiste et épicier à la fois. L’État construit des infrastructures qu’il cède à une société qu’il a créée et c’est cette dernière qui s’occupe de leur gestion », a-t-il déclaré.

La gestion des recettes au cœur des difficultés

Constant Omari estime toutefois que cette réforme se heurte à une culture administrative profondément ancrée. Il considère que certains responsables publics hésitent à abandonner la gestion directe des stades en raison des revenus générés par les différentes activités qui y sont organisées.

« Tous les ministres pensent que s’ils laissent la gestion des stades, ils croient qu’ils ratent des petits frais des matchs et consorts », a-t-il déploré.

Selon lui, une structure spécialisée permettrait au contraire de professionnaliser la gestion des infrastructures, d’améliorer leur entretien et de développer de nouvelles sources de revenus à travers les événements sportifs, les concerts, la publicité, les espaces commerciaux ou encore les partenariats privés.

Cette approche pourrait également permettre à l’État de réduire progressivement les coûts liés à l’entretien des installations et d’assurer leur exploitation de manière plus régulière et professionnelle.

Un ancien dirigeant au parcours marqué par la CAF

Constant Omari Selemani a dirigé la FECOFA pendant 18 ans. Son parcours l’a également conduit au sein de la Confédération africaine de football (CAF), dont il a été l’un des vice-présidents, devenant ainsi le premier Congolais à occuper cette fonction.

Cette ascension a toutefois été assombrie par une décision de la Commission d’éthique de la FIFA, qui avait prononcé une suspension à son encontre dans une affaire liée à des avantages reçus de la société Lagardère, alors détentrice des droits commerciaux de la CAF.

Constant Omari avait contesté cette décision, allant jusqu’à qualifier la Commission d’éthique de la FIFA de « police politique ».

Le débat sur la modernisation des infrastructures relancé

La proposition de Constant Omari intervient alors que la RDC dispose de plusieurs infrastructures sportives nécessitant des investissements importants en matière d’entretien, de modernisation et de gestion.

Pour l’ancien président de la FECOFA, la construction d’un stade ne constitue donc que la première étape. La véritable difficulté réside dans sa capacité à être entretenu, exploité efficacement et transformé en infrastructure économiquement viable.

Son plaidoyer pose ainsi une question centrale : la RDC doit-elle continuer à gérer directement ses stades à travers l’administration publique ou confier leur exploitation à une structure spécialisée, dotée d’une autonomie de gestion et d’objectifs économiques clairement définis ?

Pour Constant Omari, la seconde option permettrait de franchir un cap dans la professionnalisation de la gestion des infrastructures sportives congolaises.

Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online

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