Les États-Unis ont annoncé mardi 18 août 2026 de nouvelles sanctions à l’encontre de la Cour pénale internationale. L’annonce vient compléter la campagne diplomatique lancée le 13 juillet par le secrétaire d’État américain Marco Rubio, incitant les États membres de la Cour à s’en retirer. Deux pays, le Venezuela et le Tchad, ont déjà suivi l’appel de Washington. Dans le même temps, le programme de sanctions contre la Cour, réactivé avec l’investiture de Donald Trump en 2025, se poursuit.
ls sont désormais 13 magistrats de la Cour pénale internationale à être ciblés par des sanctions américaines. Elles visent cette fois la présidente de la Cour, la juge japonaise Tomoko Akane, et le Sénégalais Abdoulaye Seye, l’un des responsables du dossier sur la Palestine, qui a abouti aux mandats d’arrêt contre deux responsables israéliens, dont Benyamin Netanyahu, explique notre correspondante à La Haye, Stéphanie Maupas.
La Cour a réagi, mercredi, estimant que « lorsque les acteurs judiciaires sont menacés pour avoir appliqué la loi, c’est l’ordre juridique international lui-même qui est mis en péril », a-t-elle dit dans un communiqué.
Washington accuse la CPI d’être « une menace »
En annonçant les sanctions, le secrétaire d’État américain a de nouveau accusé la CPI d’être « une menace pour notre souveraineté nationale ». Marco Rubio assure que « les Américains ne seront jamais transportés au-delà des mers pour être jugés pour des infractions fictives ».
Ceux sanctionnés sont interdits de visa et de transactions avec des entreprises liées aux États-Unis, dont notamment les banques ou les services internet.
Les organisations et ressortissants américains qui aident, coopèrent, travaillent avec des personnes sous sanctions risquent une peine de 20 ans de prison et 1 million de dollars d’amende. La semaine dernière, quatre ONG, qui coopèrent avec la Cour, dont l’ONG Human Rights Watch ont intenté des recours devant la justice américaine.
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Des sanctions qui « sapent l’État de droit », dénonce la CPI
Mercredi, le Japon a jugé « très regrettables » les sanctions américaines contre la présidente de la Cour pénale internationale (CPI), la Japonaise Tomoko Akane, dans le cadre d’une offensive contre cette institution que Washington accuse d’être « politisée ».
« Le Japon a constamment soutenu la CPI (…) dans ses efforts visant à poursuivre et à punir les crimes les plus graves qui préoccupent la communauté internationale et à faire respecter l’État de droit », rappelle le document. Ces nouvelles sanctions américaines « sapent l’État de droit », a dénoncé de son côté la Cour dans un communiqué.
L’Allemagne a également apporté son soutien à la Cour pénale internationale et sa présidente Tomoko Akane, estimant qu’il était d’une « importance centrale de défendre et de protéger la CPI en tant qu’institution indépendante ».
« Nous soutenons la Cour pénale internationale ainsi que sa présidente, Tomoko Akane », a déclaré lors d’une conférence de presse régulière à Berlin un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, pour qui des « insuffisances » ne sont « en aucun cas une raison de remettre fondamentalement en question cette institution importante et le mérite qui lui revient ».
RFI





