OpenAI a commencé mardi 18 août à déployer aux États-Unis et en Europe une version de ChatGPT réservée aux adolescents. Ce nouvel outil intègre notamment des restrictions sur les contenus sensibles et un mode éducatif, alors que les réglementations sur l’IA se durcissent. En Amérique du Nord, le groupe est visé par 18 plaintes accusant notamment son chatbot d’encourager les idées suicidaires chez les jeunes.
Face aux pressions juridiques et réglementaires pour mieux encadrer l’IA, OpenAI tente de prendre les devants sur le sujet de la protection des adolescents. Alors que l’usage des chatbots, outils d’IA conversationnelle, chez les jeunes augmente, avec près de 70 % d’utilisateurs âgés de 13 à 18 ans, le géant de l’intelligence artificielle lance ChatGPT for Teens (Chat GPT pour les jeunes en Français).
Cette version de l’application ChatGPT comporte un mode « étude » axé sur l’éducation et l’apprentissage ainsi que des restrictions pour empêcher l’accès aux contenus violents ou à caractère sexuel. Un système de contrôle parental renforcé est également mis en place.
L’essentiel des garde-fous existait déjà pour les comptes identifiés comme mineurs avec des contenus restreints évoquant par exemple l’automutilation, la violence, les troubles alimentaires. Les rappels réguliers de pause existaient aussi, les plages horaires bloquées également et ce mode « étude » qui guide par questions plutôt que de donner les réponses.
La nouveauté consiste à réunir ces protections en une expérience unique, enrichie de rappels plus fréquents à chercher de l’aide humaine si besoin, ou à ne pas tricher sur les devoirs.
Un lancement sous pression
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Ce lancement intervient alors que les parents d’un Américain de 16 ans, Adam Raine, qui s’est suicidé en avril 2025, accusent en justice ChatGPT d’avoir accompagné leur fils dans son geste.
De son côté, le gendarme américain du commerce enquête sur les effets des chatbots sur les mineurs. Face aux mêmes problèmes, ses concurrents ont choisi des voies différentes: Character.AI a fermé ses conversations libres aux moins de 18 ans en novembre 2025, Anthropic réserve son assistant Claude aux adultes, tandis que Google a ajouté à Gemini des restrictions pour mineurs. Celles-ci ont été renforcées en avril après une évaluation critique de l’ONG Common Sense Media que le groupe conteste.
L’IA générative connaît le même durcissement réglementaire que les réseaux sociaux ont connu avant elle : garde-fous imposés en Californie depuis janvier aux chatbots-compagnons, interdiction aux mineurs à l’étude au Congrès américain, vérification d’âge obligatoire en Australie sous peine d’amende.
Pour OpenAI, cette version de ChatGPT pour les adolescents est une manière d’anticiper les exigences des réglementations européennes et les lois américaines sur la protection des mineurs.
RFI





