RDC : Martin Fayulu réagit à la saisine de la CPI par des membres de la communauté Banyamulenge

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Bruxelles — Martin Fayulu était face à la presse congolaise et internationale à Bruxelles pour une conférence de presse consacrée aux principaux enjeux de l’actualité politique en République démocratique du Congo.

Au cours de cette rencontre avec les médias, le président de l’ECiDé a passé en revue plusieurs dossiers qui dominent l’actualité nationale, dans un contexte marqué par la persistance de la crise sécuritaire dans l’est du pays, les tensions politiques et les débats autour des initiatives visant à parvenir à une sortie de crise.

Martin Fayulu a réagi à la démarche de membres de la communauté Banyamulenge qui ont annoncé avoir saisi la Cour pénale internationale (CPI) au sujet de faits qu’ils imputent notamment aux forces armées congolaises dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu.

Interrogé à Bruxelles devant ses partisans sur cette procédure, l’opposant congolais a également livré sa lecture de la question de l’identité et de l’appartenance aux terres dans l’est de la République démocratique du Congo.

Martin Fayulu a d’abord rappelé, selon lui, la distinction entre l’acquisition individuelle de la nationalité congolaise et la question de l’appartenance historique aux terres.

« Si vous dites que vous êtes Congolais, mais d’origine rwandaise parce que vous êtes venus et que vous avez eu la nationalité congolaise, où est le problème ? », s’est-il interrogé.

L’opposant a ensuite contesté l’idée d’une modification de la carte ethnique du Congo à travers les revendications identitaires. Évoquant les populations du Sud-Kivu, il a notamment déclaré :

« Regardez les tribus du Congo, il n’y a pas une tribu comme ça, il n’y a pas une tribu au Congo qui parle le kinyarwanda. Ça, vous pouvez me couper le cou comme vous voulez, je le dirai ! »

Fayulu défend les FARDC

Interrogé sur les accusations portées contre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans la région de Minembwe, Martin Fayulu a pris la défense de l’armée nationale.

Il a rappelé que les FARDC sont engagées dans un conflit armé contre l’AFC/M23, mouvement dont les offensives ont provoqué d’importants déplacements de populations et de graves conséquences humanitaires dans l’est du pays.

Pour l’opposant, la priorité doit rester la défense du territoire national et la protection des populations congolaises face aux groupes armés.

Il s’est ainsi montré particulièrement critique à l’égard de la démarche judiciaire internationale engagée autour de la situation de la communauté Banyamulenge.

« Moi, je suis Congolais »

Martin Fayulu a notamment mis en avant le nombre de victimes congolaises des violences armées dans l’est du pays, en faisant référence au concept de « Genocost », utilisé en RDC pour désigner les massacres et violences commis contre les populations congolaises.

« Les FARDC sont en guerre. Combien de Congolais sont morts pendant que le M23, l’AFC… ils sont en train de massacrer les Congolais ? Les 10 millions de Congolais ? Le génocide des Congolais dont nous parlons quand nous parlons de “Genocost” ? Est-ce qu’on parle de ça ? », a-t-il déclaré.

Avant de conclure :

« Moi je suis Congolais. Je défends les intérêts de qui ? Des Congolais. »

Cette prise de position intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué à la fois par la poursuite du conflit dans l’est de la RDC, les accusations réciproques de violations des droits humains et les tensions persistantes autour de la question de l’identité, de la nationalité et de l’accès à la terre dans les territoires du Sud-Kivu.

La réaction de Fayulu risque ainsi de raviver le débat sur la manière dont doivent être articulées la défense de l’intégrité territoriale de la RDC, la protection des civils et des minorités, la question de la nationalité congolaise et la lutte contre les groupes armés.

Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online

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