Sud-Kivu : deux blessés dans une frappe de drones contre un hôtel à Fizi-Centre

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Deux personnes, dont le gérant de l’hôtel Mwalu, ont été grièvement blessées dans la nuit du 18 au 19 août 2026 lors d’une frappe de drones ayant ciblé cet établissement situé à Fizi-Centre, chef-lieu du territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu.

Selon le porte-parole de l’opération Sukola 2 Sud-Sud-Kivu, le lieutenant Reagan Mbuyi Kalonji, l’attaque s’est produite aux alentours de 1 heure du matin. Deux bombes auraient été larguées sur l’hôtel par des drones de type TB2.

« Des drones militaires, pilotés depuis le Rwanda, ont ciblé dans la nuit de mardi à mercredi 19 août 2026 l’hôtel Mwalu, situé à Fizi-Centre, dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu », a déclaré le porte-parole militaire.

D’après la même source, l’établissement hébergeait des civils au moment de l’attaque. Les bombardements ont provoqué d’importants dégâts matériels et fait deux blessés graves, dont le gérant de l’hôtel, Mwando Lukaba.

Des officiers auraient été la cible initiale

Selon des sources militaires, l’hôtel aurait été visé après la transmission d’informations faisant état de la présence de plusieurs hauts responsables militaires dans la zone.

Il s’agirait notamment du commandant de la 33ᵉ Région militaire des FARDC, le général Fabien B. Kashindi, ainsi que des généraux burundais Élie Ndizigiye et Muzinga.

Les trois officiers auraient toutefois quitté Fizi le jour même, avant la frappe, après avoir effectué une mission d’inspection. Ils ne se trouvaient donc plus dans l’établissement au moment de l’attaque.

Ces informations n’ont pas été confirmées de manière indépendante.

Des soupçons d’infiltration au sein des FARDC

L’attaque relance également les interrogations sur la sécurité des informations opérationnelles au sein de l’armée congolaise.

Des responsables militaires soupçonnent en effet la présence d’éléments infiltrés dans les rangs des FARDC susceptibles de transmettre à l’extérieur des informations relatives aux déplacements et aux positions des responsables militaires.

« Tant que la traque des infiltrés et des traîtres dans les FARDC n’est pas prioritaire, cette guerre sera difficile à gagner », a confié un officier militaire sous couvert d’anonymat.

Pour certains cadres militaires, la divulgation de renseignements opérationnels compromet directement les capacités de l’armée congolaise face à ce qu’ils qualifient d’agression rwandaise.

Les accusations concernant l’origine des drones et leur pilotage depuis le Rwanda restent toutefois à considérer comme des déclarations des autorités militaires congolaises en l’absence, à ce stade, d’une vérification indépendante.

Une nouvelle attaque dans le territoire de Fizi

Cette frappe intervient alors que le territoire de Fizi a déjà été confronté à plusieurs attaques similaires ces dernières semaines.

Le 30 juin, un bombardement avait notamment été signalé au camp de Mushimbaki, toujours dans le territoire de Fizi. Quelques jours plus tard, l’aérodrome de Baraka avait également été pris pour cible par des drones.

La répétition de ces attaques fait craindre une intensification de la guerre des drones dans cette partie du Sud-Kivu, où les infrastructures militaires mais également certains sites civils sont exposés.

L’opération Sukola 2 promet de protéger les civils

À la suite de cette nouvelle attaque, l’opération Sukola 2 Sud-Sud-Kivu a réaffirmé sa détermination à assurer la protection des populations et de leurs biens dans la zone.

L’attaque contre l’hôtel Mwalu intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans l’est de la RDC, marqué par la poursuite des affrontements et l’utilisation croissante de drones dans les opérations militaires.

Pour les autorités locales, la priorité demeure désormais la sécurisation des populations civiles et des infrastructures, alors que les frappes aériennes et de drones font peser un risque croissant sur les zones habitées.

Par Marc Kabido, correspondant à Uvira
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