Le Front commun pour le Congo (FCC) de l’ancien président Joseph Kabila durcit sa position face au dialogue national annoncé en République démocratique du Congo. Par la voix de sa porte-parole, Marie-Ange Mushobekwa, la plateforme exige plusieurs garanties avant toute participation au processus.
Le FCC réclame en premier lieu au président Félix-Antoine Tshisekedi de prendre des mesures de « décrispation politique », conformément aux engagements qu’il aurait pris. La plateforme de Joseph Kabila demande également la mise en place d’une médiation neutre et indépendante, avec l’appui de l’Union africaine ou des Nations unies.
Un dialogue dans un pays tiers
Pour le FCC, le futur dialogue doit être inclusif et permettre à « toutes les parties au conflit » de s’exprimer. Mais la plateforme pose une condition majeure : les discussions doivent se tenir à l’étranger, dans un pays tiers.
Marie-Ange Mushobekwa justifie cette exigence notamment par des considérations sécuritaires. Selon elle, la tenue du dialogue en RDC ne permettrait pas de garantir les conditions nécessaires à la participation de certaines personnalités politiques actuellement en exil.
« Toutes les personnalités politiques qui sont en exil ne pourront participer au dialogue que si celui-ci se tient dans un pays étranger », a-t-elle déclaré.
Le FCC maintient sa ligne sur 2028
Sur la question du calendrier électoral, le FCC réaffirme que le mandat de Félix Tshisekedi doit, selon son interprétation, prendre fin le 31 décembre 2028. La plateforme appelle le chef de l’État à organiser les élections et à transmettre le pouvoir à un successeur choisi par les électeurs.
Marie-Ange Mushobekwa prévient par ailleurs que le FCC s’opposerait à toute tentative de modification de la Constitution destinée, selon la plateforme, à permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat.
Le FCC annonce sa participation aux manifestations pacifiques
Dans ce scénario, le FCC affirme qu’il rejoindrait les mobilisations annoncées par d’autres forces opposées à une éventuelle révision constitutionnelle.
« Le FCC a déjà dit clairement qu’il participera, aux côtés des groupes laïcs catholiques, à toutes les manifestations pacifiques, mains nues », a déclaré Marie-Ange Mushobekwa.
Cette prise de position intervient alors que le débat sur le dialogue national et sur l’avenir institutionnel du pays continue de diviser profondément la classe politique congolaise. Les conditions posées par le FCC pourraient ainsi peser sur les discussions autour du format, du lieu et des garanties devant encadrer le futur processus.
Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online





