Kinshasa : après le drame de Panacée, un nouvel incendie au Petit Collège relance les inquiétudes

Quelques jours seulement après l’incendie meurtrier survenu dans la nuit du 4 au 5 septembre à la salle de fêtes Panacée, un nouvel incendie a été signalé ce mardi après-midi au Petit Collège, dans la commune de Kinshasa.

Les images reçues montrent une partie de la toiture du bâtiment en proie aux flammes, avec une importante fumée se dégageant des locaux. À ce stade, l’origine du sinistre, l’ampleur des dégâts et un éventuel bilan humain ne sont pas encore connus. La situation reste en évolution.

Selon les premières informations disponibles, des ordinateurs, livres et cahiers auraient été détruits ou emportés par des badauds après le déclenchement du sinistre.

Après Panacée, la question des secours

Ce nouvel incendie intervient quelques jours après le drame de la salle Panacée, sur l’avenue Triomphale, près du Musée national de la RDC. Le gouvernement avait alors communiqué un bilan provisoire de 12 morts et 26 blessés.

Au-delà des circonstances propres à chaque sinistre, la succession de ces événements ravive les interrogations sur la prévention des incendies et la capacité de réaction des services de secours à Kinshasa.

Dans de nombreux bâtiments recevant du public, la présence et l’état des équipements de première intervention constituent encore un sujet de préoccupation. Des extincteurs peuvent être absents, mal entretenus ou ne pas faire l’objet de contrôles réguliers permettant de garantir leur fonctionnement au moment où ils sont nécessaires.

Pourtant, les premières minutes sont souvent déterminantes. Un extincteur opérationnel, une alarme fonctionnelle ou une évacuation correctement organisée peuvent contribuer à limiter la propagation d’un feu et à réduire les risques pour les occupants.

La prévention avant l’intervention

La sécurité incendie ne peut cependant pas reposer uniquement sur l’arrivée des sapeurs-pompiers. Elle suppose également des issues de secours accessibles, des systèmes d’alarme fonctionnels, des extincteurs entretenus, des installations électriques contrôlées et des exercices réguliers d’évacuation.

Les établissements scolaires, salles de fêtes, centres commerciaux et autres lieux accueillant du public devraient faire l’objet de contrôles périodiques permettant d’identifier les risques avant qu’un sinistre ne survienne.

Après le drame de Panacée, le gouvernement avait annoncé des inspections systématiques des salles de fêtes et autres établissements recevant du public, avec la fermeture des sites ne respectant pas les normes de sécurité.

Le nouvel incendie signalé au Petit Collège rappelle, une nouvelle fois, que la prévention et la capacité d’intervention ne peuvent être considérées comme des dépenses secondaires. Elles constituent un investissement essentiel pour protéger les vies, les infrastructures et les biens.

À Kinshasa, l’enjeu est désormais de passer des constats aux actes : contrôler, équiper, former et surtout prévenir, avant qu’un nouvel incendie ne transforme une situation maîtrisable en tragédie.

Par Marius Bopenga
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