La situation sécuritaire reste volatile dans plusieurs zones du Nord-Kivu. Ce dimanche 13 septembre 2026, de nouveaux combats sont signalés dans le secteur d’Osso Banyungu, en territoire de Masisi, alors que les FARDC et les Wazalendo affirment avoir repris plusieurs villages dans le territoire voisin de Walikale.
Des combats signalés à Kasopo
À Masisi, les FARDC, appuyées par les combattants Wazalendo, ont lancé ce dimanche une offensive contre une position de l’AFC/M23 à Kasopo, l’une des zones stratégiques du secteur d’Osso Banyungu.
Selon plusieurs sources locales, les affrontements ont débuté vers 14 heures, avec des tirs d’armes lourdes et légères. Les combats se poursuivaient dans la zone, alors que les deux camps s’affrontaient autour des positions contrôlées par les rebelles.
Aucun bilan fiable n’était disponible dans l’immédiat et l’évolution du contrôle de Kasopo restait difficile à établir.
La localité constitue depuis plusieurs mois un point important sur cette ligne de front. Elle avait déjà été le théâtre de plusieurs affrontements entre l’AFC/M23 et les Wazalendo, notamment en septembre 2025, lorsque les combats avaient provoqué le déplacement de nombreux habitants.
Sa position est également considérée comme stratégique en raison de sa proximité avec plusieurs axes reliant le secteur d’Osso Banyungu à différentes zones de Masisi et de Walikale. À environ deux kilomètres de Kasopo, Kibanda avait notamment été touché par de violents affrontements en février 2026.
Chanjikiro et Buhimba repris à Walikale

Dans le territoire de Walikale, les FARDC et les Wazalendo ont repris le contrôle de Chanjikiro et Buhimba, dans le groupement de Kisimba, à la suite d’une contre-offensive menée dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 septembre, selon des sources sécuritaires et de la société civile.
Ces deux villages avaient été pris momentanément par les combattants de l’AFC/M23 samedi. Dimanche matin, la situation y était décrite comme calme et les forces gouvernementales consolidaient leurs positions, selon une source locale de sécurité.
Toujours dans le groupement de Kisimba, les FARDC et les Wazalendo avaient annoncé, samedi 12 septembre, la reprise de Mindjendje, après des combats avec les combattants de la coalition AFC/M23-RDF.
Ces mouvements interviennent après plusieurs jours d’affrontements et de changements de contrôle dans différentes localités de Masisi et de Walikale.
Des opérations également signalées au Sud-Kivu
Au Sud-Kivu, des sources sécuritaires et de la société civile font état d’opérations menées depuis samedi soir contre des combattants de la coalition rebelle.
Selon ces sources, quatre éléments présentés comme appartenant aux RDF auraient été neutralisés, tandis que 14 combattants de la coalition se seraient rendus. Parmi les personnes qui se seraient rendues figureraient un ancien militaire des FARDC ainsi qu’un membre du groupe Twirwaneho.
Ces informations n’ont toutefois pas pu être vérifiées de manière indépendante.
Les FARDC mettent en garde contre la « guerre » sur les réseaux sociaux

Cette évolution sur le terrain intervient alors que l’état-major général des FARDC a, vendredi 11 septembre, mis en garde contre la multiplication de campagnes de propagande, de glorification et de dénigrement visant des officiers généraux et supérieurs de l’armée congolaise.
Lors d’une communication à la presse au chapiteau de l’état-major général, le lieutenant-colonel Mak Hazukay Mongba, porte-parole intérimaire des FARDC, a dénoncé la diffusion de contenus sur YouTube, Facebook et TikTok présentant certains officiers sous un jour excessivement élogieux, tandis que d’autres feraient l’objet de campagnes de dénigrement ou de mise en cause.
Selon l’état-major, ces pratiques risquent d’alimenter des divisions au sein de la hiérarchie militaire et de porter atteinte au moral et à la cohésion des troupes.
« L’armée est une institution nationale fondée sur la discipline, la cohésion, la solidarité, la neutralité, la loyauté et le respect strict de la hiérarchie », a rappelé le lieutenant-colonel Mak Hazukay Mongba.
L’état-major a également appelé les internautes, les créateurs de contenus et les administrateurs de pages à vérifier les informations avant leur diffusion et à s’abstenir de relayer des accusations non étayées ou des montages présentés comme des faits.
Pour les FARDC, l’évaluation des performances et des responsabilités des officiers relève des autorités militaires compétentes et ne saurait être dictée par les mouvements d’opinion sur les réseaux sociaux.
Alors que les combats se poursuivent dans plusieurs zones du Nord-Kivu et que des opérations sont également signalées au Sud-Kivu, l’armée considère désormais la maîtrise de l’information comme un enjeu supplémentaire dans ce contexte sécuritaire particulièrement instable.
Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online






