RDC : le gouvernement prépare une banque de développement dédiée aux infrastructures

La République démocratique du Congo veut se doter d’un nouvel instrument pour financer ses infrastructures. Le gouvernement envisage la création d’une banque de développement spécialisée dans les projets d’infrastructures, un projet présenté au Conseil des ministres du 11 septembre 2026 par le ministre des Infrastructures et des Travaux publics, John Banza.

L’objectif est de mettre en place une institution capable de transformer les priorités nationales en projets suffisamment structurés pour mobiliser des financements publics, privés et internationaux.

Des projets « bancables » pour attirer les investisseurs

La future banque ne devrait pas se limiter à apporter directement des financements. Elle aurait également pour rôle de préparer et structurer les projets sur les plans technique, juridique et financier.

Cette étape est déterminante pour permettre à un projet public de devenir suffisamment solide pour intéresser les banques commerciales, les investisseurs institutionnels et les bailleurs de fonds.

Le dispositif devrait ainsi contribuer à réduire l’un des principaux obstacles au financement des infrastructures en Afrique : l’existence de nombreux projets prioritaires qui ne disposent pas encore d’études, de montages financiers ou de garanties suffisants pour attirer les capitaux privés.

Des besoins qui se chiffrent en milliards

L’ampleur des besoins congolais donne une dimension particulière à cette initiative.

Sur un réseau routier de plus de 152 000 kilomètres, environ 2 % seulement seraient bitumés. Dans le secteur énergétique, le taux d’accès à l’électricité se situe autour de 21 % de la population, tandis que l’accès aux services de base d’approvisionnement en eau reste également limité.

Ces déficits représentent un frein au développement économique, mais constituent également un vaste portefeuille potentiel de projets dans les transports, l’énergie, l’eau et l’assainissement.

L’électricité comme priorité

Le secteur énergétique figure déjà parmi les domaines nécessitant les investissements les plus importants.

Dans le cadre du Pacte énergétique lié à l’initiative Mission 300, la RDC ambitionne de porter l’accès à l’électricité à 62 % de la population d’ici 2030, contre environ 21,5 % actuellement.

La réalisation de cet objectif repose sur des besoins estimés à 16 milliards de dollars d’investissements publics, auxquels devraient s’ajouter environ 20 milliards de dollars mobilisés auprès du secteur privé et d’autres partenaires.

Ces chiffres illustrent l’enjeu auquel devra répondre la future institution : utiliser les ressources publiques pour créer un effet de levier capable d’attirer des capitaux supplémentaires.

Un mécanisme de financement mixte

Le gouvernement entend ainsi privilégier un modèle associant ressources publiques, capitaux privés et financements du développement.

La future banque pourrait notamment faciliter les opérations de cofinancement avec les banques commerciales et les institutions financières internationales, tout en contribuant à mieux répartir les risques liés aux grands projets.

Sa crédibilité dépendra toutefois de plusieurs facteurs, notamment sa capitalisation, la qualité de sa gouvernance, la transparence dans la sélection des projets et la solidité de son modèle financier.

Un groupe de travail pour définir la future banque

La prochaine étape consistera à mettre en place un groupe de travail interministériel et technique, sous la coordination des ministères des Finances et des Infrastructures.

Cette équipe devra préciser le modèle institutionnel de la future banque, notamment son statut juridique, sa gouvernance, son mode de financement et son mandat. Une première liste de projets susceptibles d’entrer dans son portefeuille aurait déjà été présentée au Conseil des ministres.

Faire des infrastructures un portefeuille d’investissement

À travers ce projet, Kinshasa cherche donc à dépasser une logique où l’État porte seul le financement des infrastructures.

L’ambition est de transformer les besoins du pays en opportunités d’investissement structurées, capables de réunir l’État, les investisseurs privés, les banques et les partenaires au développement autour de projets à long terme.

La réussite de cette initiative dépendra désormais de la capacité du gouvernement à construire une institution financière suffisamment solide et crédible pour attirer les capitaux nécessaires au développement des infrastructures congolaises.

Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online

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