La République démocratique du Congo (RDC) et les Émirats arabes unis (ÉAU) franchissent une nouvelle étape dans le renforcement de leurs relations économiques et commerciales avec l’entrée en vigueur de leur accord de partenariat économique global (CEPA). Signé en février 2026 en présence du président émirati, Mohamed ben Zayed Al Nahyane, et de son homologue congolais, Félix-Antoine Tshisekedi, cet accord vise à intensifier les échanges commerciaux, faciliter les investissements et renforcer la coopération dans plusieurs secteurs stratégiques.
Dans une déclaration publiée vendredi 30 octobre 2026 sur son compte X, le ministre émirati du Commerce extérieur, Dr Thani bin Ahmed Al Zeyoudi, a salué cette entrée en vigueur, qu’il considère comme un tournant majeur dans le partenariat entre Abou Dhabi et Kinshasa.
Des échanges commerciaux en forte progression

Selon le ministre émirati, les échanges commerciaux hors pétrole entre les deux pays ont atteint 3,5 milliards de dollars en 2025, soit une hausse de 38,5 % par rapport à l’année précédente.
« Les accords UAE et DRC marquent une nouvelle étape dans notre partenariat économique avec l’entrée en vigueur de notre accord CEPA. Suite à des échanges hors pétrole de 3,5 milliards de dollars en 2025, en hausse de 38,5 % par rapport à l’année précédente, cet accord supprime les droits de douane sur la grande majorité des produits, harmonise les procédures douanières et accélérera les flux d’investissement dans la logistique, l’énergie et l’industrie manufacturière », a déclaré Dr Thani bin Ahmed Al Zeyoudi.
L’accord prévoit notamment une réduction des barrières douanières et une simplification des procédures commerciales. Ses promoteurs espèrent ainsi faciliter l’accès des produits congolais au marché émirati et encourager les investissements dans les infrastructures et les secteurs productifs.
La RDC, un partenaire stratégique pour les Émirats
Pour Abou Dhabi, la RDC représente un partenaire important en raison de son poids économique, de ses ressources naturelles et de sa position géographique en Afrique centrale.
« Comptant parmi les dix plus grandes économies d’Afrique, la République démocratique du Congo offre également aux exportateurs et investisseurs des Émirats arabes unis un point d’entrée stratégique en Afrique centrale et orientale », a ajouté le ministre émirati.
Les chiffres avancés dans le cadre de ce partenariat font état d’une progression des échanges bilatéraux, estimés à 1,2 milliard de dollars en 2020, à 3,5 milliards en 2023 et à 4,5 milliards en 2024. Une projection de 10 milliards de dollars à l’horizon 2030 est également évoquée.
Le texte mentionne par ailleurs une liste de 6 000 produits congolais considérés comme éligibles aux échanges dans le cadre de l’accord.
Traçabilité des minerais et transformation locale

Le partenariat est également présenté comme un instrument de formalisation des échanges économiques, notamment dans le secteur minier. Ses promoteurs mettent en avant la nécessité de renforcer la transparence des circuits commerciaux et de lutter contre les réseaux informels.
L’un des axes de coopération concerne la diplomatie économique et les mines, avec plusieurs objectifs :
- renforcer la traçabilité des minerais ;
- sécuriser les chaînes de valeur minières grâce à des investissements coordonnés ;
- promouvoir la transformation locale des ressources ;
- favoriser une meilleure intégration de la RDC dans les chaînes de valeur régionales et internationales.
Cette orientation vise à permettre au pays de dépasser progressivement son rôle de fournisseur de matières premières, en développant davantage d’activités de transformation et de création de valeur sur son territoire.
Au-delà des échanges commerciaux, l’accord prévoit également un renforcement de la coopération institutionnelle entre les deux pays.
Une collaboration est notamment évoquée entre l’Académie diplomatique de la RDC et l’Académie Anwar Gargash des Émirats arabes unis. Elle doit porter sur la formation, la recherche et le partage d’expertise dans le domaine diplomatique.
Cette dimension entend consolider les relations bilatérales à travers le développement des compétences et les échanges entre institutions.
Un partenariat engagé depuis 2021

Les origines de ce rapprochement remontent à 2021, lorsque le président Félix Tshisekedi avait participé à l’Expo Dubaï 2020, organisée avec un décalage lié à la pandémie de Covid-19.
Deux engagements majeurs étaient alors associés à cette dynamique : la construction du port en eaux profondes de Banana, à Moanda, destiné à doter la RDC d’une infrastructure maritime stratégique, et la formalisation des flux d’or artisanal à travers le système bancaire.
Avec l’entrée en vigueur du CEPA, Kinshasa et Abou Dhabi entendent désormais consolider leur coopération commerciale et attirer de nouveaux investissements. La concrétisation des ambitions affichées dépendra notamment de la mise en œuvre effective des dispositions de l’accord et de leur capacité à produire des retombées économiques durables pour les deux pays.
Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online






