L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi) a organisé ce lundi 4 mai à Kinshasa une importante marche de soutien aux sanctions américaines prises contre l’ancien président de la République, Joseph Kabila, dans une démonstration politique qui a également servi de tribune à la majorité présidentielle pour relancer plusieurs messages stratégiques.
Parti de la première rue de Limete, le cortège a réuni plusieurs milliers de militants de l’UDPS ainsi que des cadres et sympathisants de formations membres de l’Union sacrée de la nation. Les manifestants ont traversé plusieurs artères de la capitale avant de rallier le Palais du Peuple, point de chute officiel de la mobilisation.
Cependant, la manifestation a été marquée par de graves débordements. En marge de la marche, le siège du PPRD, parti de Joseph Kabila, a été pris pour cible par des participants puis incendié. Cet acte de violence politique intervient dans un climat de radicalisation croissante autour du dossier Kabila et risque d’alimenter davantage les tensions entre majorité et opposition.
Prenant la parole devant les militants, Augustin Kabuya a appelé les États-Unis à durcir leur position en exigeant l’arrestation immédiate de Joseph Kabila et en étendant les sanctions à d’autres personnalités accusées par Kinshasa de contribuer à l’instabilité dans l’Est du pays, notamment le président rwandais Paul Kagame.

Au-delà du soutien affiché aux sanctions américaines, la manifestation a également été utilisée par plusieurs cadres de la majorité pour remettre publiquement sur la table la question de la révision constitutionnelle. Plusieurs responsables politiques présents ont appelé au soutien du chef de l’État dans ce combat, présentant la réforme institutionnelle comme un prolongement du projet politique de la majorité.
Une délégation de l’Union sacrée s’est ensuite rendue à l’ambassade des États-Unis à Kinshasa pour y déposer un mémorandum de remerciement saluant les sanctions prises par Washington.
Sur le plan politique, cette mobilisation marque une nouvelle étape dans la stratégie de confrontation ouverte entre le pouvoir et l’ancien camp présidentiel. Mais l’incendie du siège du PPRD pourrait également fragiliser le discours officiel sur le caractère pacifique de la marche et exposer la majorité à des critiques sur sa capacité à encadrer ses militants.
Pour plusieurs observateurs, cette journée illustre la montée d’une polarisation politique de plus en plus forte autour du dossier Kabila, désormais au cœur d’un affrontement qui dépasse le seul terrain judiciaire pour devenir un axe central de recomposition du paysage politique congolais.






