La ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, est intervenue vendredi 8 mai devant l’Assemblée nationale pour présenter les démarches diplomatiques engagées par le gouvernement congolais face aux violences et actes xénophobes visant des ressortissants étrangers, notamment des Congolais, en Afrique du Sud.
Répondant à une question d’actualité soulevée par le président de l’Assemblée nationale, la cheffe de la diplomatie congolaise a indiqué que plusieurs initiatives officielles avaient été entreprises auprès des autorités sud-africaines afin de garantir la sécurité des Congolais vivant dans ce pays.
Selon elle, l’ambassade de la RDC à Pretoria a notamment multiplié les échanges avec les responsables du Department of International Relations and Cooperation, équivalent sud-africain du ministère des Affaires étrangères, pour exprimer les préoccupations de Kinshasa.
« Des garanties ont été sollicitées quant au renforcement de la protection des ressortissants étrangers, particulièrement congolais. Le Gouvernement sud-africain a été exhorté à renforcer les dispositifs sécuritaires dans les zones sensibles, à identifier et poursuivre les auteurs des violences, à prévenir l’escalade et à lutter contre les discours de haine », a déclaré Thérèse Kayikwamba.
La ministre a également rappelé que les violences, intimidations et discriminations contre des ressortissants africains étaient contraires aux engagements régionaux et internationaux de l’Afrique du Sud en matière de droits humains.

Dans le même élan, elle a révélé qu’une concertation diplomatique avait été engagée avec plusieurs ambassadeurs africains accrédités à Pretoria afin de coordonner une réponse commune face à la recrudescence des actes xénophobes.
« Le Gouvernement demeure pleinement mobilisé pour assurer la protection de nos compatriotes vivant à l’étranger. Notre ambassade poursuit le travail de suivi, de recensement et d’assistance auprès des compatriotes affectés », a-t-elle assuré.
La cheffe de la diplomatie congolaise a par ailleurs salué les discussions en cours autour d’une éventuelle mission parlementaire en Afrique du Sud, affirmant la volonté du gouvernement de travailler en synergie avec le Parlement sur cette question sensible.
Le même jour, Thérèse Kayikwamba était également devant le Sénat pour présenter les accords de Washington relatifs à l’initiative de paix entre la RDC et le Rwanda ainsi qu’au partenariat stratégique conclu avec les États-Unis.
À cette occasion, le Sénat, dirigé par Jean-Michel Sama Lukonde, a mis en place une commission mixte chargée d’examiner les projets de loi autorisant la ratification de ces accords.
Le président du Sénat a expliqué que le caractère transversal de ces textes nécessitait l’implication de plusieurs commissions parlementaires, notamment celles chargées de la Défense, des Affaires étrangères, des questions juridiques et économiques.
Présentant l’économie des accords, Thérèse Kayikwamba a rappelé que le partenariat stratégique conclu avec les États-Unis vise à renforcer la coopération bilatérale dans les domaines des minerais stratégiques, de l’énergie, des infrastructures, de la sécurité et de la défense.
Elle a insisté sur le fait que ces engagements ne remettaient nullement en cause la souveraineté nationale de la RDC.
« L’accord ne comporte aucune disposition portant cession de souveraineté ni transfert de compétence normative. Les engagements qu’il consacre s’exercent dans le respect du principe de souveraineté permanente de la République démocratique du Congo sur ses ressources naturelles », a-t-elle précisé.
Concernant l’accord de paix signé avec le Rwanda, la ministre a expliqué que les deux pays y réaffirment leur attachement aux principes de souveraineté, d’intégrité territoriale et de règlement pacifique des différends conformément aux engagements régionaux de l’Union africaine.
En raison de la sensibilité de ces dossiers diplomatiques, les sénateurs ont décidé de ne pas ouvrir immédiatement les débats en plénière. Une commission mixte dispose désormais de 72 heures pour approfondir l’analyse des deux textes avant la suite de la procédure parlementaire.
Par Pascal Kabeya
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