Les principaux postes frontaliers entre la République démocratique du Congo et le Rwanda ont été temporairement fermés ce dimanche 17 mai à Goma, dans un contexte marqué par l’alerte liée à l’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit actuellement dans la province de l’Ituri, au nord-est du pays.
Les deux points de passage reliant Goma à la ville rwandaise de Gisenyi la grande barrière dite « La Corniche » et la petite barrière ont été concernés par cette mesure, provoquant d’importantes perturbations dès les premières heures de la matinée.
Sur place, plusieurs voyageurs congolais en partance vers le Rwanda, Kampala en Ouganda ainsi que vers les villes de Beni, Butembo et Bunia se sont retrouvés bloqués avec leurs bagages et marchandises. Selon des témoins, seuls les ressortissants rwandais étaient autorisés à traverser pour regagner leur pays, tandis que les Congolais présents au Rwanda pouvaient rentrer en RDC sans possibilité de retour immédiat.
Dans ce climat d’inquiétude sanitaire, l’AFC-M23 a confirmé dimanche depuis Goma l’existence d’un cas de maladie à virus Ebola dans la ville actuellement sous son contrôle. Le mouvement rebelle affirme avoir activé des protocoles d’urgence, placé le patient en isolement et lancé des opérations de traçage des contacts.
Une cellule spéciale de riposte composée d’experts en santé publique, de coordinateurs d’urgence et de leaders communautaires a également été mise en place afin de superviser les mesures de réponse sanitaire.
Cette confirmation élargit davantage la portée géographique de la 17ᵉ épidémie d’Ebola déclarée en République démocratique du Congo, dont l’épicentre demeure situé en Ituri, à plusieurs centaines de kilomètres de Goma.
Jusqu’à présent, aucune communication officielle n’a été publiée par les autorités congolaises ou rwandaises au sujet de la fermeture des frontières. Toutefois, plusieurs sources évoquent une mesure préventive destinée à limiter les risques de propagation transfrontalière du virus.
Cette décision intervient alors que des cas suspects impliquant des ressortissants congolais en provenance de l’Ouganda auraient transité par le Rwanda via la frontière de Cyanika avant de rejoindre Goma.
Parallèlement, deux autres cas suspects avaient déjà été signalés samedi 16 mai dans la ville de Goma. Des prélèvements ont été effectués et les analyses sont en cours afin de confirmer ou non la présence du virus.
Face à cette situation, les autorités sanitaires assurent avoir renforcé les dispositifs de surveillance, de prévention et de prise en charge. La population est appelée au calme, au respect strict des mesures d’hygiène et à signaler rapidement tout symptôme suspect auprès des structures sanitaires.
Selon les informations disponibles, la souche Bundibugyo identifiée dans cette nouvelle flambée épidémique ne dispose actuellement ni de vaccin homologué ni de traitement spécifique, ce qui alimente les inquiétudes autour d’un risque élevé de propagation régionale.
L’inquiétude dépasse désormais les frontières congolaises. Le ministère kényan de la Santé a annoncé avoir renforcé ses mesures de surveillance sanitaire face à l’évolution de l’épidémie en RDC.
D’après les données communiquées par les autorités sanitaires, au moins 246 cas suspects et 80 décès ont déjà été recensés depuis le début de cette flambée. Kinshasa a officiellement déclaré, le 15 mai, la 17ᵉ épidémie d’Ebola sur son territoire, avec huit cas confirmés par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) dans les zones de santé de Rwampara, Mongbwalu et Bunia, en Ituri.
Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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