Le débat autour de la proposition de loi relative à l’organisation du référendum continue de diviser la classe politique congolaise et provoque désormais des remous au sein même de certaines formations de l’opposition.
Le parti NOGEC (Nouvelle Génération pour l’Émergence du Congo), dirigé par l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba, a officiellement exprimé son opposition à toute initiative visant un changement ou une révision de la Constitution. Cette position a été annoncée par Van Wa Lésa, député national et président du parti, au nom des élus de cette formation politique qui ont décidé de boycotter la séance plénière de l’Assemblée nationale consacrée à l’examen de la proposition de loi sur le référendum.
Dans une déclaration, les députés du NOGEC ont estimé que le contexte actuel du pays ne se prête pas à un tel débat institutionnel.

« Nous avons boycotté cette plénière parce que nous jugeons ce projet inopportun dans le contexte sociopolitique et sécuritaire actuel. Le vrai référendum, c’est celui de la conscience patriotique », ont-ils déclaré.
Le parti considère que les priorités nationales devraient porter avant tout sur la sécurité, la cohésion nationale et la stabilité des institutions. Cette prise de position rapproche le NOGEC d’autres formations de l’opposition qui contestent l’opportunité d’une réforme constitutionnelle alors que le pays demeure confronté à d’importants défis sécuritaires, notamment dans sa partie orientale.
Cependant, cette ligne politique ne fait pas l’unanimité au sein du mouvement. Quelques heures après cette annonce, un groupe se présentant comme un « collectif de hauts cadres » du NOGEC a publiquement pris ses distances avec la position adoptée par le bureau politique et l’autorité morale du parti.
Dans une déclaration rendue publique, ces cadres affirment ne pas partager l’opposition exprimée à l’égard de la loi référendaire et du projet de changement ou de révision de la Constitution. Ils réitèrent leur soutien à la vision politique du président Félix Tshisekedi et à l’action de la majorité au pouvoir.

Selon eux, le débat sur la réforme constitutionnelle s’inscrit dans le cadre normal du fonctionnement démocratique des institutions et mérite d’être examiné sans préjugés politiques.
Le collectif a également formulé plusieurs accusations à l’encontre de Constant Mutamba, l’accusant notamment de s’être éloigné des orientations du parti et de collaborer avec des acteurs qu’il considère comme hostiles aux intérêts de la République démocratique du Congo. Ces accusations n’ont cependant été étayées par aucune preuve publique et n’ont pas fait l’objet d’une réaction officielle de l’ancien ministre.
Par Pascal Kabeya
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