Le ministre du Commerce extérieur et ancien gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku Kahongya, a livré de sévères critiques à l’encontre de l’ancien président Joseph Kabila, estimant que les récents développements dans l’est de la République démocratique du Congo confortent ses doutes sur le rôle joué par l’ex-chef de l’État dans la crise sécuritaire.
S’exprimant publiquement, Julien Paluku est revenu sur la période où il dirigeait la province du Nord-Kivu, marquée par les offensives du M23. Il affirme avoir risqué sa vie à plusieurs reprises en cherchant à convaincre les rebelles de quitter le territoire congolais, tout en découvrant aujourd’hui que les efforts déployés auraient été contrariés au plus haut niveau de l’État.
« Je comprends que lorsque Joseph Kabila se retrouve à Goma dans les bras de Paul Kagame et sous la protection de Sultani Makenga, qu’il avait hier combattu avec l’armée, cela conforte cette théorie du complot : rien n’arrive par hasard », a déclaré Julien Paluku.
L’ancien gouverneur estime que ceux qui étaient engagés sur le terrain pensaient défendre les intérêts de la République, alors que, selon lui, ils étaient induits en erreur.
« Depuis des années, nous pensions que nous étions en train de travailler pour la République alors qu’il y avait quelqu’un au-dessus de nous qui nous dribblait. »
Pour Julien Paluku, les événements actuels auraient levé le voile sur ce qu’il considère comme une contradiction majeure.
« Les masques sont tombés. Nous avons découvert que celui qui se présentait comme le défenseur de la République et nous demandait de lutter contre le M23 se retrouve aujourd’hui entre leurs mains. »
Évoquant son expérience personnelle, il affirme avoir été directement exposé aux dangers durant son mandat à la tête du Nord-Kivu.
« On pourra me traiter de tous les noms, mais je sais ce que je dis. J’ai été gouverneur du Nord-Kivu à une période où les problèmes étaient extrêmement graves. J’ai échappé à des embuscades et à des attentats. Je suis allé jusqu’à Makira pour tenter de rencontrer ces rebelles afin de les convaincre de quitter le Congo. Aujourd’hui, je me rends compte que j’étais sur le chemin de la mort. »
Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions politiques autour de la présence de Joseph Kabila à Goma et des accusations portées par plusieurs responsables de la majorité présidentielle, qui lui reprochent des liens avec la rébellion de l’AFC/M23. L’ancien président a, de son côté, rejeté à plusieurs reprises les accusations le visant, tandis que la crise sécuritaire continue d’alimenter le débat politique en République démocratique du Congo.
Par Pascal Kabeya
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