Est de la RDC : l’ONU accable l’AFC/M23 et le Conseil de sécurité prolonge les sanctions jusqu’en 2027

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Le Groupe d’experts des Nations unies dresse un constat particulièrement alarmant de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans son rapport final publié le 11 juin 2026, les experts désignent l’Alliance Fleuve Congo (AFC)/M23 comme le principal groupe armé non étatique responsable des violations du droit international humanitaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Le document fait état de nombreuses exactions attribuées à la rébellion, notamment des exécutions sommaires, des destructions de villages, des incendies de moyens de subsistance dans les chefferies de Bwito et Bwisha (territoire de Rutshuru), ainsi que d’un blocus humanitaire imposé à Minembwe, privant les populations, notamment banyamulenge, d’un accès aux produits de première nécessité.

Le rapport souligne également que les violences sexuelles liées au conflit ont atteint un niveau « sans précédent » depuis 2024, l’AFC/M23 étant identifiée comme le principal auteur de ces crimes documentés par les Nations unies, les femmes et les jeunes filles étant les premières victimes.

Toutefois, les experts onusiens indiquent également que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) constituent le principal acteur étatique responsable de violations des droits humains et du droit international humanitaire, illustrant la complexité d’un conflit où plusieurs acteurs sont mis en cause.

Le soutien du Rwanda de nouveau documenté

Le rapport remis au Comité des sanctions du Conseil de sécurité confirme une nouvelle fois l’appui militaire apporté par les Forces rwandaises de défense (RDF) à l’AFC/M23.

Selon les experts, entre 14 000 et 18 000 militaires rwandais étaient déployés dans l’est de la RDC à la fin de l’année 2025, répartis entre le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, sans retrait significatif observé depuis.

Le document affirme que les RDF ont participé directement aux opérations militaires, occupé des positions stratégiques et fourni un appui opérationnel comprenant notamment des drones, des équipements de guerre électronique, des forces spéciales ainsi que des capacités aériennes.

Les experts indiquent également que des militaires rwandais intégrés aux unités mixtes AFC/M23 auraient commencé à porter des uniformes de la rébellion afin de masquer leur présence sur le terrain, tandis que les mouvements de troupes étaient principalement effectués de nuit.

Par ailleurs, le Groupe d’experts relève que certaines opérations des RDF se sont déroulées dans des zones où aucune présence des FDLR n’avait été signalée, remettant en question l’argument de légitime défense régulièrement avancé par Kigali.

Le Conseil de sécurité prolonge les sanctions

Dans ce contexte, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l’unanimité la résolution 2825 (2026), prorogeant jusqu’au 1er juillet 2027 le régime de sanctions applicable à la République démocratique du Congo.

La résolution renouvelle également le mandat du Groupe d’experts chargé d’assurer le suivi de ces mesures, comprenant notamment l’embargo sur les armes, les interdictions de voyager et le gel des avoirs visant les personnes et entités sanctionnées.

Le texte introduit en outre un nouveau critère permettant de sanctionner les individus ou organisations qui entravent le mandat de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO).

Washington salue une décision « importante »

Les États-Unis ont salué l’adoption de cette résolution, estimant qu’elle constitue une étape importante pour soutenir les efforts de paix dans l’est de la RDC.

Dans une déclaration, la représentante suppléante américaine pour les affaires politiques spéciales, Jennifer Locetta, a souligné que le renouvellement du mandat du Groupe d’experts et des mesures de sanctions contribuait à l’objectif commun de restauration de la paix.

Washington a également insisté sur la nécessité de lutter contre l’exploitation illicite des ressources naturelles, considérée comme l’un des principaux facteurs alimentant le conflit armé.

Selon les autorités américaines, les rapports du Groupe d’experts demeurent essentiels pour identifier les réseaux impliqués dans le commerce illicite des minerais provenant des zones sous conflit et renforcer les mécanismes de responsabilisation.

Les États-Unis ont, par ailleurs, réaffirmé leur soutien à la lutte contre l’impunité, notamment dans le dossier de l’assassinat des experts des Nations unies Michael Sharp et Zaida Catalan en 2017, appelant à poursuivre toutes les personnes impliquées dans la planification, le financement ou l’exécution de ce crime.

Des processus de paix toujours au point mort

La publication de ce rapport intervient alors que les différents mécanismes diplomatiques engagés pour mettre fin au conflit peinent à produire des résultats concrets.

Malgré l’Accord de Washington, les discussions menées à Doha entre Kinshasa et l’AFC/M23 ainsi que les rencontres organisées à Montreux, les divergences persistent entre les parties sur les principales questions sécuritaires et politiques.

Les tensions entre la République démocratique du Congo et le Rwanda demeurent également vives, chaque partie ayant une lecture différente des engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques. Dans ce contexte, les Nations unies estiment que la situation sécuritaire et humanitaire continue de se détériorer dans les provinces de l’Est, où les populations civiles restent les premières victimes des affrontements.

Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online

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