Afrique du Sud : plus de 900 arrestations après les manifestations anti-immigration, la police reste en état d’alerte

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Au lendemain d’une journée marquée par près de 300 manifestations anti-immigration organisées à travers l’Afrique du Sud, les autorités dressent un premier bilan sécuritaire. Si les forces de l’ordre estiment avoir évité un embrasement généralisé, plusieurs incidents violents ont été signalés et la tension demeure vive.

La police sud-africaine a notamment annoncé l’ouverture d’une enquête après la mort d’un ressortissant étranger à Durban. Selon les premiers éléments, la victime aurait fait une chute mortelle depuis un immeuble alors qu’elle croyait être poursuivie au cours des troubles.

Lors d’un point de presse, la lieutenant-général Tebello Mosikili a salué le travail des services de sécurité, soulignant que les violences n’avaient pas compromis la stabilité générale du pays malgré plusieurs actes de criminalité opportuniste.

« Bien que certains individus aient tenté de profiter de la situation, leurs agissements n’ont pas remis en cause la stabilité générale du pays. Plus de 900 personnes ont été interpellées au cours des opérations menées mardi », a-t-elle déclaré.

Selon la police, la majorité des personnes arrêtées se trouvaient en situation irrégulière sur le territoire sud-africain. D’autres ont été interpellées pour violences publiques, vandalisme ou participation à des actes de pillage. Les autorités assurent que les zones les plus sensibles restent placées sous surveillance renforcée.

L’armée déployée à Johannesburg

À Hillbrow, quartier réputé sensible de Johannesburg, les affrontements ont nécessité l’intervention de l’armée en appui à la police. Des coups de feu ont été signalés au cours de la journée.

« Je peux confirmer que deux personnes ont été victimes d’une tentative de meurtre par arme à feu. Des arrestations ont été effectuées à la suite de cet incident survenu mardi vers 14h30 », a indiqué la police.

Par ailleurs, une enquête pour meurtre a été ouverte dans le township d’Alexandra, où un jeune homme a été tué par balle dans la soirée du 30 juin. D’après les autorités, des habitants auraient commencé à piller des commerces appartenant à des ressortissants étrangers avant que des tirs ne soient entendus, causant la mort de la victime.

Une mobilisation appelée à se poursuivre

Malgré plusieurs scènes de commerces saccagés, les autorités estiment que les violences restent, pour l’instant, d’une ampleur inférieure à celles des émeutes xénophobes de 2008, qui avaient fait 62 morts.

Cependant, les inquiétudes persistent. L’organisation March and March, à l’origine d’une grande partie des mobilisations, a annoncé son intention de poursuivre la pression sur le gouvernement en organisant de nouvelles manifestations chaque jeudi.

Face à cette perspective, les forces de sécurité demeurent en état d’alerte, craignant que cette nouvelle vague de mobilisation ne ravive les tensions xénophobes qui secouent le pays depuis plusieurs semaines.

Par Marius Bopenga
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