La disparition du sénateur républicain américain Lindsey Graham pourrait modifier certains équilibres diplomatiques entre les États-Unis et le Rwanda. Figure influente du Parti républicain et élu de Caroline du Sud, il comptait parmi les parlementaires les plus écoutés sur les questions de politique étrangère et de sécurité internationale.
Au fil des années, Lindsey Graham s’était forgé une réputation de soutien aux partenariats stratégiques des États-Unis en Afrique, entretenant des relations jugées favorables avec les autorités rwandaises. Dans plusieurs dossiers relatifs à la région des Grands Lacs, il était considéré comme un interlocuteur influent susceptible de défendre les positions de Kigali auprès de l’administration américaine et du Congrès.
Son influence était particulièrement observée dans un contexte marqué par la dégradation des relations entre Washington et Kigali autour de la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. Les États-Unis ont, ces derniers mois, multiplié les critiques à l’égard du soutien présumé du Rwanda au mouvement AFC/M23, des accusations que Kigali continue de rejeter.
Plusieurs médias et observateurs ont également évoqué l’existence de démarches entreprises par les autorités rwandaises pour obtenir l’appui de certains responsables américains influents, dont Lindsey Graham, afin de peser sur les discussions relatives à d’éventuelles sanctions contre le Rwanda. Toutefois, aucune confirmation officielle n’est venue étayer ces informations, ni du côté américain ni du côté rwandais.
Si son décès prive incontestablement le Parti républicain d’une personnalité majeure sur les questions internationales, plusieurs analystes estiment qu’il est prématuré de conclure qu’il entraînera, à lui seul, un changement de la politique américaine envers Kigali. La position de Washington à l’égard du conflit dans l’est de la RDC est avant tout déterminée par l’administration en place, avec l’appui du Département d’État, du Conseil de sécurité nationale et du Congrès.
Néanmoins, la disparition de Lindsey Graham retire au Rwanda un interlocuteur influent au sein des cercles républicains, alors que les pressions diplomatiques internationales sur Kigali restent soutenues dans le cadre des efforts visant à mettre fin au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo.
Par Marius Bopenga
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