RN1 Mbujimayi–Kananga : pourquoi plusieurs chantiers sont-ils réalisés en même temps ? Décryptage d’un vaste programme de modernisation

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La Route nationale n°1 (RN1), principal axe routier reliant Mbujimayi, dans le Kasaï Oriental, à Kananga, chef-lieu du Kasaï Central, fait actuellement l’objet de l’un des plus importants programmes de modernisation jamais engagés dans l’espace Grand Kasaï. Longue d’environ 190 kilomètres dans son tracé actuel, cette route stratégique est concernée par plusieurs projets exécutés simultanément, suscitant de nombreuses interrogations parmi les usagers et les populations riveraines.

Si certains ont l’impression que plusieurs entreprises interviennent sur les mêmes tronçons, ces chantiers répondent en réalité à des programmes distincts mais complémentaires, dont l’objectif commun est de désenclaver la région, de fluidifier le transport des personnes et des marchandises et de renforcer les échanges économiques.

Le tronçon Mbujimayi–Katende presque achevé

Le premier projet concerne la réhabilitation de la RN1 entre Mbujimayi et Katende, sur un linéaire de 30 kilomètres.

Exécutés par l’entreprise Safrimex, les travaux ont démarré en août 2024. Après les opérations de terrassement, la construction des ouvrages de drainage, la mise en place des couches de fondation et de base, le chantier est désormais entré dans sa phase finale avec la pose du revêtement en béton bitumineux.

Cette section est aujourd’hui la plus avancée de l’ensemble des travaux réalisés entre Mbujimayi et Kananga.

Le projet Katende–Kabeya Kamwanga interrompu

Le deuxième chantier concernait le tronçon Katende–Kabeya Kamwanga, long de 15 kilomètres, attribué à l’entreprise JMC.

Avant son interruption, seuls les travaux d’assainissement et quelques opérations de rechargement de la chaussée avaient été réalisés, notamment dans le secteur de Kena Nkuna, chef-lieu du territoire de Kabeya Kamwanga.

Aucune communication officielle n’a expliqué les raisons du retrait du marché. Toutefois, de nombreux usagers et habitants de la région dénonçaient la lenteur d’exécution ainsi que la qualité des ouvrages réalisés.

Depuis, cette entreprise ne poursuit plus les travaux sur cette section.

Le Corridor économique RDC–Angola, le projet le plus structurant

Le troisième chantier constitue le plus vaste programme actuellement en cours sur cet axe. Il s’agit de la première phase du Corridor économique transnational RDC–Angola, officiellement lancée le 5 avril 2026.

Ce projet couvre 137,5 kilomètres entre Kananga et la rivière Kakangayi, avec un financement de la Banque africaine de développement (BAD). Son ambition est de renforcer les échanges commerciaux entre la RDC et l’Angola tout en améliorant l’intégration économique des provinces du Grand Kasaï.

Pour accélérer son exécution, les travaux ont été répartis en trois lots :

  • Lot 1 : Kananga – Village Kashindi (45 km), exécuté par le groupement Sinohydro – Socol ;
  • Lot 2 : Village Kashindi – Village Bena Mulongo (45 km), réalisé par le groupement Zhongru – GGPI ;
  • Lot 3 : Village Bena Mulongo (Lac Munkamba) – Rivière Kakangayi (47,5 km), exécuté par CFHEC.

Chaque lot est prévu pour une durée de réalisation de 30 mois. Profitant de la saison sèche, les entreprises accélèrent actuellement les travaux.

Pourquoi les projets semblent-ils se chevaucher ?

L’impression que plusieurs entreprises travaillent sur les mêmes portions de route s’explique par l’évolution des différents programmes.

Le chantier de Safrimex couvre la section Mbujimayi–Katende, laquelle atteint la rivière Kakangayi, située à environ 26 kilomètres du rond-point Kalala wa Nkata.

De son côté, le Lot 3 du Corridor RDC–Angola, confié à CFHEC, débute à Bena Mulongo pour s’achever précisément à la rivière Kakangayi.

Ce nouveau lot englobe ainsi une partie du tronçon auparavant attribué à JMC, ainsi qu’une courte portion déjà concernée par les travaux de Safrimex.

La suspension du marché de JMC a donc conduit à une redistribution des interventions, sans qu’il ne s’agisse d’une duplication des projets.

Un premier projet avait déjà été lancé en 2023

La modernisation de cette route n’est pas une initiative récente.

Le 20 février 2023, l’entreprise Samcrete avait déjà entrepris des travaux sur une partie de cet axe grâce à un financement du Fonds de promotion de l’industrie (FPI).

Ce projet n’avait toutefois pas été mené à son terme.

Une route plus courte grâce au nouveau tracé

Au-delà de la réhabilitation de la chaussée, le Corridor économique RDC–Angola prévoit plusieurs rectifications du tracé actuel de la RN1.

Ces aménagements permettront de réduire la distance entre Mbujimayi et Kananga, qui passerait d’environ 190 kilomètres à près de 170 kilomètres.

Cette réduction du parcours devrait diminuer le temps de trajet, améliorer la sécurité routière, réduire les coûts de transport et faciliter les échanges commerciaux entre les deux provinces.

Un levier majeur pour le développement du Grand Kasaï

La modernisation de la RN1 dépasse largement le simple cadre d’un projet routier.

Cette infrastructure est appelée à jouer un rôle déterminant dans le désenclavement du Grand Kasaï, en facilitant la circulation des personnes et des marchandises, en soutenant les activités agricoles, minières et commerciales et en renforçant l’intégration économique entre les provinces de la région.

À terme, cette transformation devrait améliorer la connectivité avec les grands corridors nationaux et internationaux, faisant de la RN1 un véritable moteur de développement pour le centre de la République démocratique du Congo.

Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online

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