À Ceuta, 60 000 personnes sont entrées illégalement à la nage ces derniers jours. Au moins 34 migrants sont morts. 25 000 autres ont d’ores et déjà quitté l’enclave espagnole, a annoncé le ministère espagnol de l’Intérieur.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a qualifié vendredi ces arrivées massives d’ « attaque » et de « violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne » « Le gouvernement de l’Espagne est aux côtés de la ville de Ceuta. Et nous comprenons l’émotion, la situation d’angoisse qu’ils vivent depuis ces dernières heures, en particulier depuis aujourd’hui », a déclaré le Premier ministre socialiste avant de « qualifier ce qui s’est passé hier d’attaque, d’atteinte à l’intégrité territoriale de l’Espagne »
La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, ainsi que son ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, se sont dits tous les deux favorables à une suspension de l’Espagne de l’espace Schengen de libre-circulation. Une proposition appuyée par la Finlande et la Première ministre danoise Mette Frederiksen. La présidente du Conseil européen Ursula von der Leyen a dénoncé des images « inacceptables ». « Il faut mettre fin immédiatement aux traversées dangereuses. Il faut démanteler les réseaux de passeurs. Et les expulsions doivent être rapides, comme le permettent nos règles », a-t-elle écrit sur le réseau social X.
Droite et extrême droite françaises accusent Madrid d’avoir «encouragé» la vague de migrants à Ceuta
En France, l’arrivée soudaine de dizaines de milliers de migrants à Ceuta déclenche une salve de réactions : la droite et l’extrême droite se saisissent immédiatement de l’événement, en pleine pré‑campagne présidentielle. Emmanuel Macron a demandé à Laurent Nuñez de « renforcer les contrôles à la frontière avec l’Espagne », le ministre annonçant l’activation de la Force frontière d’intervention rapide.
À l’extrême droite, Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national (RN) à la présidentielle, fustige des « entrées massives et coordonnées (…) encouragées par le gouvernement espagnol ». À ses yeux, c’est « une folie », et elle exhorte la France à « sans délai renforcer les contrôles à ses frontières ». Jordan Bardella, président du RN, demande pour sa part « la réunion en urgence du Parlement européen en session plénière extraordinaire (…) face à la gravité de la situation ». Il accuse le gouvernement socialiste espagnol de « complicité passive » face à « une véritable invasion migratoire coordonnée du territoire européen ».
À droite, Bruno Retailleau, candidat de LR à la présidentielle, pointe lui aussi avec virulence la responsabilité de l’exécutif espagnol : « L’Espagne aujourd’hui, l’Europe demain, paient le prix de la politique irresponsable du gouvernement socialiste espagnol. On ne peut plus laisser un pays de l’UE fragiliser toute l’Europe. »
Plus virulent encore, Éric Zemmour, président du parti Reconquête, dénonce « une invasion à Ceuta » et appelle à la « remigration ».
Le chef du gouvernement espagnol estime que la crise migratoire en cours à Ceuta résulte d’une interprétation malhonnête de « mafias de trafiquants d’être humains ».
Vendredi 31 juillet, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a qualifié l’arrivée massive de quelque 40 000 migrants dans l’enclave de Ceuta depuis le Maroc d’« attaque », et de « violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne ». Selon lui, des réseaux de passeurs mafieux ont sciemment exploité une décision de la justice espagnole sur la reconduite des migrants arrivés par la mer. Cette lecture « intéressée » se serait répandue comme une traînée de poudre et aurait conduit à cette avalanche d’entrées dans l’enclave.
Pour y remédier, Pedro Sánchez annonce le déploiement de bouées entre Ceuta et le territoire marocain. « Nous avons demandé à l’entreprise publique Sasemar, en collaboration également avec la Marine et, bien sûr, avec la Garde civile, de déployer des bouées sur la digue, pour se conformer à l’arrêt de la Cour suprême et créer au moins une barrière de confinement, une barrière physique, ne serait-ce que visuelle. Afin que, d’un point de vue administratif, le rapatriement à la frontière puisse être facilité, se conformant ainsi à l’arrêt de la Cour suprême. »
Le chef du gouvernement annonce également une simplification des démarches pour accélérer les retours vers le Maroc des migrants en situation irrégulière. Selon le ministère espagnol de l’Intérieur, 25 000 personnes auraient déjà quitté l’enclave dans la matinée, les départs depuis Ceuta se faisant à un rythme de 150 personnes par minute, d’après un message transmis à l’Agence France-Presse.
RFI





