À Ceuta, au moins 72 personnes sont mortes en tentant de rejoindre l’enclave espagnole, selon les autorités locales. Entre 50 000 et 60 000 personnes ont franchi la frontière ces derniers jours. Face à l’ampleur du drame et aux nombreuses questions encore sans réponse après l’afflux migratoire, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) réclame une enquête indépendante et met directement en cause les autorités marocaines. Cette association accuse notamment Rabat d’avoir laissé faire ces départs massifs.
À Ceuta, au moins 72 personnes sont mortes en tentant de rejoindre l’enclave espagnole, selon les autorités locales. Face à l’ampleur du drame et aux nombreuses questions encore sans réponse, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) réclame une enquête indépendante et met directement en cause les autorités marocaines. Cette association accuse notamment Rabat d’avoir laissé faire ces départs massifs.
Pour l’Association marocaine des droits humains (AMDH), tout cela n’est pas venu tout seul. Une rumeur annonçant l’ouverture de la frontière a circulé dans tout le Maroc. Des milliers de jeunes ont alors convergé vers Fnideq, certains venus de plusieurs centaines de kilomètres.
Pour l’association, un tel mouvement n’a pas pu se produire sans l’accord des autorités marocaines. Elle réclame donc une enquête indépendante pour établir les responsabilités et clarifier le bilan humain. Les chiffres continuent de diverger : au moins 72 morts, selon Madrid, contre près de 130 victimes et des dizaines de disparus selon l’AMDH.
Profond malaise de la jeunesse marocaine
Au-delà des responsabilités, pour l’Association marocaine des droits humains, cette vague de départs révèle le profond malaise d’une partie de la jeunesse marocaine : chômage, vie chère et manque de perspectives. Beaucoup de jeunes n’attendent plus qu’une chose : partir. L’autre critique, c’est le silence de l’État marocain. L’AMDH reproche aux autorités de n’avoir toujours fourni aucune explication publique sur cette crise.
Enfin, l’association demande également des comptes à l’Espagne, notamment sur le renvoi de mineurs vers le Maroc, alors que leur situation devrait, selon elle, être examinée au cas par cas. Selon les autorités espagnoles, la « quasi-totalité » des 60 000 personnes ayant franchi la frontière ont depuis été renvoyées au Maroc.
RFI





