Le Rwanda rejette le protocole de dissolution des FDLR conclu en RDC

10 views

Le gouvernement rwandais a rejeté le protocole portant sur le désarmement, la démobilisation, le cantonnement et la dissolution des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), récemment conclu dans le cadre des engagements pris par la République démocratique du Congo (RDC) en faveur de la stabilisation de l’est du pays.

Réagissant à cette initiative, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a estimé qu’aucune solution ne devait accorder une quelconque légitimité politique au mouvement armé.

« Aucune tribune politique ne saurait être offerte aux génocidaires. Les FDLR doivent être démantelées, conformément à l’Accord de Washington, et leurs combattants doivent être rapatriés au Rwanda, sans aucune autre condition », a déclaré le chef de la diplomatie rwandaise.

Le protocole avait été annoncé fin juillet 2026 par le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni. Il prévoit un processus progressif comprenant le dépôt des armes, le cantonnement des combattants, leur démobilisation puis la dissolution du groupe armé.

Selon les autorités congolaises, les combattants qui accepteront de retourner volontairement au Rwanda pourront le faire dans le cadre d’un mécanisme sécurisé. Pour ceux qui refusent ce retour, une relocalisation dans un État tiers ayant manifesté sa disponibilité est également envisagée. Les représentants des FDLR ont, de leur côté, conditionné leur adhésion au processus à l’obtention de garanties en matière de sécurité et de justice.

Ce mécanisme s’inscrit dans la mise en œuvre des engagements régionaux issus des discussions de Washington et prévoit un dispositif international de suivi destiné à accompagner son exécution.

Kigali considère toutefois que ce protocole s’écarte des engagements initiaux et accuse Kinshasa de chercher à différer le démantèlement effectif des FDLR. Le gouvernement rwandais qualifie ainsi cette initiative de « manœuvre dilatoire » et réaffirme que le rapatriement des combattants vers le Rwanda constitue, selon lui, l’unique option conforme aux accords conclus.

Les FDLR, créées après le génocide de 1994 au Rwanda et dont certains membres fondateurs sont accusés d’y avoir participé, demeurent l’un des principaux points de tension entre Kinshasa et Kigali. Leur présence dans l’est de la RDC est régulièrement invoquée par le Rwanda pour justifier ses préoccupations sécuritaires, tandis que la RDC accuse de son côté Kigali de soutenir la rébellion de l’AFC/M23, une accusation que les autorités rwandaises contestent.

Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online

10 Vues