À mesure que le débat autour d’un éventuel dialogue national et d’une réforme constitutionnelle s’intensifie en République démocratique du Congo, les prises de position se multiplient au sein de la classe politique et de la société civile.
Dans une tribune largement relayée, son auteur estime que la Constitution de la RDC aurait déjà été mise à mal depuis la résurgence de la rébellion du M23 en 2021. Selon lui, les mécanismes de gouvernance instaurés dans les territoires contrôlés par l’AFC/M23 seraient contraires à la Constitution du 18 février 2006.
Il soutient notamment que la nomination des gouverneurs, la désignation de deux vice-gouverneurs, l’organisation de prestations de serment ainsi que le projet de République fédérale défendu par l’AFC/M23 et ses alliés constitueraient autant d’atteintes à l’ordre constitutionnel, rappelant que l’article 220 de la Constitution protège notamment la forme républicaine de l’État.
L’auteur de cette tribune estime dès lors qu’il existe une contradiction entre les critiques formulées contre un éventuel référendum constitutionnel et le silence observé, selon lui, face aux changements institutionnels imposés dans les zones sous contrôle de la rébellion.
Il affirme également que le recours au référendum permettrait de redonner directement la parole au peuple congolais, estimant que ceux qui affirment bénéficier du soutien populaire devraient accepter de le démontrer par les urnes plutôt que par des mobilisations de rue. Selon lui, il convient également de distinguer le débat sur un éventuel référendum de celui relatif à un troisième mandat présidentiel, rappelant qu’un mandat ne peut être obtenu que par voie électorale.
Réagissant aux conditions récemment avancées par le mouvement Sauvons la RDC, proche de l’ancien président Joseph Kabila, pour participer au dialogue national, l’auteur juge que ces exigences rappellent les négociations politiques ayant conduit à l’Accord global et inclusif de Sun City. Il s’interroge sur le coût humain des différentes crises qu’a connues le pays, évoquant les millions de victimes, les violences sexuelles, les déplacements de populations et les traumatismes laissés par des décennies de conflits.
Selon lui, aucune architecture institutionnelle, aussi inclusive soit-elle, ne pourra satisfaire l’ensemble des ambitions politiques. Il estime que la priorité devrait demeurer l’intérêt supérieur de la nation plutôt que les intérêts individuels ou partisans.
En conclusion, l’auteur rappelle que la paix, le respect de la Constitution et la cohésion nationale devraient constituer les principaux objectifs de tous les acteurs politiques. Profitant de la commémoration du Genocost, il exprime sa solidarité envers les victimes des conflits qui ont endeuillé la République démocratique du Congo et adresse ses condoléances aux survivants et aux familles touchées par ces violences, tout en appelant à privilégier durablement la paix et l’intérêt général.
Par Pascal Kabeya
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