L’ancien ministre rwandais de la Défense, James Kabarebe, a affirmé que les relations entre le Rwanda et la République démocratique du Congo étaient particulièrement bonnes au début du mandat du président Félix Tshisekedi, avant de se détériorer progressivement.
Selon lui, lorsque Félix Tshisekedi est arrivé au pouvoir en 2019, le président rwandais Paul Kagame, alors président en exercice de l’Union africaine, lui aurait apporté un important soutien diplomatique.
« Lorsque Félix Tshisekedi est arrivé au pouvoir, le président Kagame était président de l’Union africaine. Il était donc en bonne position pour le soutenir, et il l’a effectivement soutenu », a déclaré James Kabarebe.
Il cite notamment la présence de Paul Kagame aux funérailles de l’ancien président Étienne Tshisekedi à Kinshasa comme un geste d’amitié, mais également les appuis diplomatiques dont aurait bénéficié le nouveau chef de l’État congolais sur la scène internationale.
Selon James Kabarebe, Paul Kagame aurait facilité les premiers contacts de Félix Tshisekedi avec plusieurs partenaires internationaux, estimant que ce dernier était alors peu connu des capitales occidentales, des organisations internationales et des partenaires militaires.
L’ancien responsable rwandais affirme également que cette période était marquée par un rapprochement entre Kigali et Kinshasa, avec de nombreuses rencontres bilatérales dans les domaines de la défense et de la sécurité, ainsi que par le lancement des vols de RwandAir vers Kinshasa.
Kabarebe soutient toutefois que cette dynamique s’est ensuite inversée sans que, selon lui, le Rwanda en soit responsable.
« Nous ne savons pas d’où sont venus certains courants contraires qui ont tiré le tapis et tout renversé. Le Rwanda n’a joué aucun rôle dans le déclenchement de ce conflit avec la RDC », a-t-il affirmé.
Ces déclarations interviennent dans un contexte où les relations entre Kinshasa et Kigali demeurent extrêmement tendues. Les autorités congolaises, ainsi que plusieurs rapports d’experts des Nations unies, accusent le Rwanda de soutenir la rébellion de l’AFC/M23 opérant dans l’est de la RDC. Kigali rejette systématiquement ces accusations et affirme que ses préoccupations sécuritaires sont liées à la présence des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) sur le territoire congolais.
Les processus diplomatiques engagés ces derniers mois, notamment les accords de Washington et les discussions menées à Doha sous médiation qatarie, visent précisément à réduire ces tensions et à trouver une issue durable au conflit qui secoue l’est de la République démocratique du Congo.
Par Pascal Kabeya
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