RDC : les propos attribués à Tito Rutaremara sur les Banyamulenge provoquent une vive polémique

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Une déclaration attribuée à Tito Rutaremara, ancien haut responsable rwandais et figure historique du Front patriotique rwandais (FPR), suscite une vive réaction en République démocratique du Congo.

S’adressant à des membres de la communauté tutsi, il aurait notamment déclaré : « Le Congo est votre pays. Vous devez prendre les armes et attaquer ce pays. » Des propos particulièrement sensibles dans un contexte marqué par la guerre dans l’Est de la RDC et les tensions persistantes autour de la question des Banyamulenge.

La déclaration aurait été faite lors d’une activité consacrée à la mémoire des victimes banyamulenge du massacre de Gatumba. Elle provoque depuis de nombreuses réactions en RDC, certains responsables congolais y voyant un appel à la violence contre l’État congolais et une illustration de l’implication présumée de Kigali dans les conflits de l’Est.

Kinshasa dénonce une instrumentalisation de la question banyamulenge

Les critiques portent notamment sur ce qui est présenté comme une instrumentalisation de la communauté banyamulenge dans les affrontements qui secouent les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu.

Des responsables congolais accusent ainsi le Rwanda de chercher à exploiter les tensions communautaires pour justifier ou soutenir l’action de différents groupes armés actifs dans la région.

Dans cette lecture, les propos attribués à Tito Rutaremara seraient révélateurs d’une stratégie visant à encourager une partie de la communauté tutsi à prendre les armes contre les institutions congolaises.

Les autorités congolaises établissent également un lien entre cette déclaration et plusieurs groupes armés actifs dans l’Est, notamment le M23, Twirwaneho et Red-Tabara, que Kinshasa accuse d’entretenir des relations avec le Rwanda. Ces accusations sont contestées par Kigali et les groupes concernés.

Une déclaration qui ravive le débat sur les Banyamulenge

La polémique intervient surtout sur fond de débat récurrent autour de l’identité, de la citoyenneté et de la place des Banyamulenge, communauté congolaise établie principalement dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu.

Pour Kinshasa, les Banyamulenge sont des Congolais à part entière et ne sauraient être considérés comme un instrument d’une quelconque politique étrangère.

Le discours attribué à Tito Rutaremara est donc perçu par ses détracteurs comme particulièrement grave : en appelant des membres de cette communauté à prendre les armes, il contribuerait, selon eux, à alimenter les divisions communautaires et à fragiliser davantage la cohésion nationale.

Kigali désormais interpellé

Au-delà de la personne de Tito Rutaremara, la polémique soulève une question politique plus large : quelle responsabilité le gouvernement rwandais entend-il assumer face à de tels propos lorsqu’ils sont tenus par une personnalité aussi étroitement associée à l’histoire du FPR ?

Pour les autorités et plusieurs acteurs politiques congolais, une clarification de Kigali est désormais nécessaire.

Dans un contexte où Kinshasa et Kigali sont engagés dans des processus diplomatiques visant à mettre fin à la guerre dans l’Est de la RDC, de telles déclarations risquent surtout de renforcer la méfiance entre les deux pays et de raviver les accusations d’ingérence rwandaise dans les affaires congolaises.

Si les propos attribués à Tito Rutaremara sont confirmés dans leur intégralité, leur portée politique et sécuritaire dépasse largement le cadre d’une simple déclaration polémique : ils touchent directement à la question de la souveraineté congolaise, de la cohésion nationale et de l’avenir des communautés vivant dans les zones de conflit de l’Est.

Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online

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