L’ancien vice-président de la République démocratique du Congo, Azarias Ruberwa, plaide pour l’ouverture d’un dialogue véritablement inclusif afin de parvenir à une paix durable dans le pays. Dans ses différentes interventions, il estime que toutes les parties prenantes à la crise congolaise doivent être associées à la recherche d’une solution politique.
Pour Azarias Ruberwa, l’expérience récente de la RDC démontre que l’exclusion de certains acteurs constitue souvent un obstacle aux efforts de réconciliation. Il estime qu’il est difficile de parvenir à une paix durable en écartant précisément ceux qui sont au cœur des tensions.
« On ne peut pas dialoguer en laissant de côté ceux qui posent problème. Sinon, on fait la paix avec qui ? », s’interroge-t-il.
Une participation de toutes les parties prenantes
L’ancien vice-président considère que le futur processus de dialogue ne devrait pas être limité aux acteurs actuellement présents au pays ou aux seules forces politiques reconnues par les institutions.
Il estime notamment que l’ancien président Joseph Kabila ainsi que les opposants politiques actuellement en exil devraient pouvoir prendre part aux discussions.
Pour Azarias Ruberwa, l’inclusivité doit permettre de réunir les différentes sensibilités politiques et sociales du pays, y compris celles dont les positions sont contestées ou qui entretiennent des rapports difficiles avec le pouvoir en place.
Son approche repose sur l’idée que les acteurs qui constituent une partie du problème doivent également être présents lorsque sont recherchées les solutions à la crise.
Ruberwa condamne les propos de Martin Fayulu sur les Banyamulenge
Azarias Ruberwa s’est également vivement élevé contre les récentes déclarations de Martin Fayulu concernant la communauté Banyamulenge.
L’ancien vice-président juge ces propos inacceptables et invite l’opposant à les retirer. Il estime que la question de l’identité et de la nationalité congolaise doit être abordée avec prudence, en tenant compte de l’histoire du pays et du cadre légal régissant la nationalité.
Azarias Ruberwa défend par ailleurs l’ancrage national de la communauté Banyamulenge et considère que les débats sur son identité ne devraient pas contribuer à accentuer les divisions entre les communautés vivant en République démocratique du Congo.
Pour lui, la question de la nationalité ne peut être confondue avec celle des origines ou de l’appartenance communautaire. Il rappelle que la nationalité congolaise est régie par la législation du pays et que les droits attachés à cette nationalité doivent être respectés conformément à la loi.
La question de l’identité au cœur des tensions
La controverse autour des Banyamulenge intervient dans un contexte particulièrement sensible dans l’est de la RDC, où les questions liées à l’identité, à la nationalité, à l’accès à la terre et à la représentation politique sont étroitement liées aux conflits communautaires et sécuritaires.
Pour Azarias Ruberwa, ces questions doivent être abordées dans le cadre d’un dialogue politique capable de traiter les causes profondes des divisions nationales plutôt que de les aggraver.
Il estime qu’un processus de paix crédible doit permettre à chaque composante de la société congolaise de faire entendre ses préoccupations, tout en respectant les principes de la République et les dispositions légales.
Une paix qui ne peut être construite dans l’exclusion
Alors que plusieurs initiatives sont actuellement évoquées pour tenter de mettre fin à la crise politique et sécuritaire en RDC, la question des participants à un éventuel dialogue national demeure l’un des principaux sujets de débat.
Azarias Ruberwa défend une approche dans laquelle aucune partie prenante importante ne serait exclue à priori.
Pour lui, l’objectif d’un tel processus ne devrait pas être une nouvelle répartition des postes ou des responsabilités politiques, mais la recherche d’un compromis susceptible de mettre fin aux crises récurrentes qui fragilisent le pays.
« Une paix durable ne peut être construite qu’à travers un dialogue qui rassemble, plutôt qu’un processus qui exclut », soutient-il.
Dans un contexte marqué par la guerre dans l’est du pays, les divisions politiques et les tensions communautaires, l’ancien vice-président estime ainsi que le dialogue doit être suffisamment inclusif pour permettre aux protagonistes de la crise de participer à la recherche de la solution.
Par Pascal Kabeya
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