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Monde

À la UneMonde

Le procès de Benjamin Netanyahu pour corruption reprend en pleine guerre contre le Hamas

by Ruben Yale 5 décembre 2023
written by Ruben Yale

Le procès pour corruption du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a repris lundi, malgré la poursuite de la guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza. Le dirigeant israélien ne sera pas appelé à la barre dans l’immédiat mais il pourrait comparaître pour déposer dans quelques mois.

En pleine guerre contre le Hamas, le procès pour corruption du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a repris lundi 4 novembre à Jérusalem, environ deux mois après sa suspension due à l’attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien le 7 octobre.

Benjamin Netanyahu, 74 ans, répond de corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires – des accusations qu’il récuse.

Dans le dossier de nouveau examiné devant le tribunal de Jérusalem, le dirigeant israélien est soupçonné d’avoir tenté de s’assurer une couverture favorable de la part du site d’informations Walla en contrepartie de faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des centaines de millions de dollars à Shaul Elovitch, qui était patron à la fois du principal groupe de télécommunications israélien Bezek et de Walla.

Dans un autre dossier, il est soupçonné d’avoir reçu de la part de richissimes personnalités de grandes quantités de cadeaux pour environ 700 000 shekels (environ 176 000 euros). Ces pots-de-vin ont pris la forme de cigares, de bouteilles de champagne et de bijoux distribués entre 2007 et 2016.

Parmi ses bienfaiteurs présumés, le nabab israélien de Hollywood Arnon Milchan, producteur de « Brazil », « JFK », « Pretty Woman » et « Tueurs nés » notamment.

Pas de comparution dans l’immédiat

Benjamin Netanyahu est soupçonné d’avoir en retour promu une disposition fiscale qui aurait pu rapporter des millions de dollars à Arnon Milchan. Le ministère des Finances y avait toutefois mis son veto.

Le Premier ministre affirme n’avoir fait qu’accepter des cadeaux d’amis, sans les avoir sollicités, et s’estime victime d’une chasse aux sorcières. Il ne sera pas appelé à la barre dans l’immédiat mais pourrait comparaître pour déposer dans quelques mois, selon la presse israélienne.

Son procès, qui s’est ouvert en 2020, est une première en Israël pour un Premier ministre en exercice. Chef du gouvernement israélien de 1996 à 1999 puis de 2009 à 2021, Benjamin Netanyahu occupe de nouveau le poste depuis les élections de 2022 après avoir constitué une coalition avec des partis ultraorthodoxes et d’extrême droite.

Mais l’attaque du Hamas sur le territoire israélien le 7 octobre, qui a fait 1 200 morts, dont une majorité de civils selon les autorités, puis l’entrée en guerre contre le Hamas, a rebattu les cartes politiques en Israël.

Audiences réduites

Critiqué par son opposition pour n’être pas parvenu à empêcher l’attaque du Hamas, la plus meurtrière depuis la création d’Israël il y a 75 ans, Benjamin Netanyahu s’est vu contraint de former un gouvernement d’urgence et un cabinet de guerre avec son rival, Benny Gantz, ex-ministre de la Défense.

Les deux hommes ont juré d' »anéantir » le Hamas et conduisent dans cet objectif depuis le 7 octobre une campagne dévastatrice de frappes sur la bande de Gaza qui a fait près de 15 900 morts et 42 000 blessés selon le ministère de la Santé du Hamas.

Des responsables politiques proches du Premier ministre ont critiqué la reprise, en pleine guerre, des audiences. Lesquelles seront de toute façon réduites du fait de la mobilisation de réservistes parmi les témoins et les avocats.

France 24 via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

Drones, projectiles perforants : comment le Hamas se perfectionne dans sa guerre contre Israël

by Ruben Yale 5 décembre 2023
written by Ruben Yale

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a développé de « nouvelles tactiques plus sophistiquées » pour s’opposer à l’armée israélienne depuis la fin du cessez-le feu, a assuré dimanche l’Institute for the Study of War. Ses combattants ont davantage recours à des munitions antichars et aux drones explosifs. Si l’idée de « tactiques plus sophistiquées » fait débat, les experts interrogés par France 24 s’accordent à dire que le Hamas a adapté ses méthodes de combat depuis le début du conflit.

La nature des combats entre Israël et le Hamas a changé avec l’entrée des chars israéliens dans le sud de la bande de Gaza, dimanche 3 décembre. Cette partie de l’enclave palestinienne ne présente pas seulement des défis supplémentaires pour l’armée israélienne. Le Hamas semble aussi avoir adapté son approche militaire.

Le mouvement islamiste palestinien « a recours à des tactiques de plus en plus sophistiquées depuis la fin [vendredi 1er décembre, NDLR] de la ‘pause’ dans les combats », assure l’Institute for the Study of War (ISW), un centre américain d’analyse militaires qui publie des points quotidiens sur les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient.

Charges explosives pénétrantes et drones

D’après cet organisme de référence, le Hamas utiliserait ainsi bien plus de charges explosives pénétrantes (Explosively Formed Penetrators – EFP). Des armes quasiment absentes du champ de bataille au nord de la bande de Gaza. L’ISW ne précise pas de quel type d’EFP il s’agit.

Ces armements désignent en effet « des projectiles explosifs dont il existe trois types aujourd’hui », précise Alexandre Vautravers. Les premiers « détonnent et projettent des éclats d’obus d’acier dans toutes les directions et ont typiquement un effet mortel à un rayon de 10-40 mètres et constituent la norme », détaille cet expert. 

Mais les EFP auxquels l’Institute for the Study of War fait référence appartiennent plus probablement à l’une des deux autres catégories qui sont des armes antichars. Elles ont pour point commun d’avoir des charges creuses capables de « percer des blindages ou des fortifications très épaisses », affirme Alexandre Vautravers.

Les plus anciennes ne font pas le poids face au système israélien de défense Trophy, développé à la fin des années 2000 pour protéger les chars contre ces munitions « en interceptant les projectiles avant qu’ils atteignent leurs cibles », précise Omri Brinner, analyste et spécialiste de la géopolitique du Moyen-Orient à l’International Team for the Study of Security (ITSS) Verona, un collectif international d’experts des questions de sécurité internationale.

Les plus récentes, en revanche, sont des « projectiles d’artillerie projetés à des vitesses hypersoniques en mesure de percer le blindage, sans pouvoir être interceptés par Trophy ou des systèmes similaires », précise Alexandre Vautravers. Mais rien n’indique que le Hamas a eu recours à ce type de munitions les plus perfectionnées contre Israël. Les EFP dont dispose le Hamas sont fabriqués à Gaza même, selon l’Institute for the Study of War.

Outre des armes antichars, les combattants islamistes ont aussi; depuis le 1er décembre, « lancé des drones explosifs sur les forces israéliennes au nord de la bande de Gaza”, ajoute l’Institute for the Study of War. « Ce n’est pas la première fois que le Hamas a recours à ce type d’explosifs, mais jusqu’à présent il s’agissait surtout de vidéos d’entraînement ou de témoignages qui ne précisaient pas si ces drones étaient efficaces ou non », note Veronika Poniscjakova, spécialiste des aspects militaires du conflit israélo-palestinien à l’université de Portsmouth, en Grande-Bretagne. 

Moins de guérillas, plus de combats intenses ?

Ce serait donc un Hamas dopé à des armes et munitions plus modernes qui tenteraient de s’opposer à l’avancée des forces israéliennes au sud de la bande de Gaza depuis la fin du cessez-le-feu. Une mue qui refléterait un changement plus profond de stratégie. « Au Nord, le Hamas cherchait essentiellement à ralentir l’opération israélienne afin de se donner le temps de se replier et d’organiser les défenses. Une stratégie qui ne nécessitait pas d’utiliser toutes ses capacités offensives. Le recours à des armements plus perfectionnés pourrait indiquer que les milices pro-palestiniennes vont se montrer davantage déterminées à tenir tête à l’armée israélienne », résume l’ISW.  

Les experts interrogés par France 24 jugent qu’il est sans doute un peu tôt pour conclure à une sophistication des tactiques du Hamas. « Les exemples cités sont pour l’instant des incidents isolés qui ne permettent pas encore de généraliser », tempère Omri Brenner. Rien n’atteste, par exemple, « de l’efficacité des récents tirs de drones kamikazes cités par l’Institute for the Study of War”, souligne Veronika Poniscjakova.

Mais tous partagent une conviction : ces combattants vont ou ont déjà adapté leur modus operandi à la nouvelle donne. « Au Nord, le Hamas avait adopté des techniques de guérilla urbaine, évitant les grands affrontements directs pour privilégier les tactiques de harcèlement. Au Sud, le Hamas va probablement reprendre son organisation traditionnelle en bataillons et brigades pour offrir une résistance plus acharnée », estime Ahron Bregman, politologue et spécialiste du conflit israélo-palestinien au King’s College de Londres.

D’abord par nécessité. « Les combattants du Hamas qui se trouvaient au nord de la bande de Gaza pouvaient se replier vers le sud. Dorénavant, il n’y a plus d’issue pour eux », note Veronika Poniscjakova.

Ensuite parce que le Hamas peut compter sur l’avantage du terrain au sud de l’enclave. En tout cas plus qu’au nord. « C’est là que se trouvent les principaux bastions de l’organisation et qu’elle a entreposé ses meilleures armes », assure Omri Brinner. « Les Israéliens sont aussi moins familiers avec le sud de la bande de Gaza, et comme il y a davantage de civils qui y sont regroupés, l’armée pourrait être tentée de réduire sa puissance de feu. Autant d’avantages que le Hamas peut essayer d’exploiter », ajoute Ahron Bregman.

Le temps, allié du Hamas

Il y aussi le poids symbolique de certaines villes comme Khan Younès. « Yahya Sinouar et Mohammed Deïf [les deux principaux dirigeants du Hamas dans la bande de Gaza, NDLR] sont originaires de Khan Younès, et le Hamas y jouit d’un très fort soutien populaire. Donc l’organisation devrait y opposer une résistance particulièrement acharnée », anticipe Ahron Bregman.

Autrement dit, « les combats vont devenir de plus en plus intenses et l’avancée israélienne sera probablement plus lente », résume Omri Brinner. Le recours à des drones kamikazes pourrait, à ce titre, s’intensifier. À l’image des frappes aériennes israéliennes, ces engins explosifs seraient utilisés pour frapper l’armée israélienne « avant les affrontements directs », explique Veronika Poniscjakova.

Pour elle, le principal allié du Hamas est le temps. « Plus ils réussiront à faire durer les combats, plus le risque de pertes civiles palestiniennes augmentera, ce qui jouera en défaveur d’Israël sur la scène internationale », assure-t-elle. 

Le Hamas n’a même pas besoin de remporter de grandes victoires, avertit Ahron Bregman. Comme Israël s’est donné comme objectif la destruction totale du mouvement palestinien, « il suffit au Hamas de pouvoir dire : ‘Nous sommes encore là’ à l’issue des combats pour pouvoir se déclarer vainqueur ».

France 24 via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

Le pétrole en force à la COP28: près de 2500 lobbyistes enregistrés, selon une coalition d’ONG

by Sam's Londele 5 décembre 2023
written by Sam's Londele

C’est un record pour une COP, révèle l’association Kick Big Polluters Out, qui a fait le décompte des accréditations accordées aux personnes liées aux intérêts du puissant secteur des hydrocarbures. Et plus ils sont, plus leur présence gêne, alors que les négociations en faveur d’une planète plus saine et plus durable sont déjà très difficiles.

Record battu à plate couture. Les marchands de pétrole sont quatre fois plus nombreux cette année à Dubaï que lors des précédentes conférences de l’ONU dédiées au climat. C’est ce que dévoile l’étude réalisée par Global Witness et des ONG membre de la coalition Kick Big Polluters Out, qui s’est spécialisée depuis la COP26 à Glasgow dans le recensement des données.

Avec 2 456 personnes accréditées, ces conseillers, cadres, consultants, commerciaux et autres experts techniques ou financiers explosent le nombre lors de la précédente COP, à Charm el-Cheikh, où déjà, ils étaient 25 % de plus qu’à Glasgow. Leur nombre est même supérieur à l’ensemble des délégations des dix pays les plus vulnérables au changement climatique, qui ont embarqué seulement 1 609 personnes. Finalement, le cortège est seulement dépassé par les délégations des Émirats arabes unis, organisateurs de la COP, qui compte 4 409 personnes, et du Brésil, organisateur de la COP30, avec 3 081 individus.

Exxon, ENI, BP, TotalEnergies…

La quasi-totalité de ces lobbyistes vient de pays occidentaux et s’ils ont pu obtenir leur badge d’accès, c’est soit au sein des délégations nationales, mais souvent au nom d’associations commerciales et rarement au nom de leur entreprise, discrétion oblige. L’année dernière, il fallait se rendre au pavillon de l’International Émissions Trading Association (IETA), la principale association des compagnies du secteur, pour tenter de rencontrer Patrick Pouyanné, le dirigeant de TotalEnergies, l’une des cinq majors du monde, lui aperçu à l’Expo City de Dubaï. Cette année, c’est encore cette corporation qui sera la plus représentée, avec 116 badges.

La France est venue aux Émirats avec des représentants de TotalEnergies et EDF. Patrick Pouyanné ne figure pas dans la délégation. L’année dernière, il était enregistré sur la liste de la Mauritanie. La délégation italienne est complétée d’une équipe d’ENI et l’Union européenne emmène avec elle des employés de BP, ENI et Exxon Mobil.

« On vient ici pour lutter pour notre survie, quelle chance nous avons si nos voix sont étouffées par l’influence des Grands Pollueurs ? Cet empoisonnement du processus [onusien des négociations climat, NDLR] doit s’arrêter. Nous ne laisserons pas le pétrole et le gaz peser sur l’avenir du Pacifique aussi lourdement », a réagi Joseph Sikulu, directeur de la région Pacifique pour l’ONG internationale 350.org.

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En mai 2023, dans une lettre adressée au président Joe Biden, Ursula Van der Leyen, Antonio Guterres et Simon Stiell (président de l’ONU Climat), 130 parlementaires américains et européens s’étaient indignés d’une présence aussi massive : « Quand le nombre de participants qui représentent les acteurs d’une industrie polluante, qui ont des intérêts financiers à maintenir le statu quo, est plus grand que les délégations de presque tous les autres pays, il est évident qu’ils peuvent freiner l’action climatique. »

Un courrier dans lequel ils demandaient par ailleurs la démission du président de la COP28, Sultan Al-Jaber, de la direction de la compagnie pétrolière Adnoc pour éviter tout conflit d’intérêt. À quelques jours de son ouverture, une enquête journalistique avançait que l’arbitre de la conférence aurait utilisé sa position d’organisateur pour nouer des contrats pétrogaziers.

COP des fossiles

Plus globalement, la COP28 fait l’objet de critiques acerbes pour le fait de se tenir dans un pays producteur d’or noir, qui prévoit de poursuivre de nouveaux projets d’extraction contrairement aux recommandations des scientifiques de l’Agence internationale de l’énergie.

D’autres voix pourtant, notamment chez les ONG, y ont vu l’opportunité de mettre le sujet au cœur des débats. Force est de constater que cette COP est devenue celle des fossiles. Certains estiment également qu’il est compliqué de parler de sortie des fossiles sans les principaux acteurs. Quant à la coalition autrice de cette étude, elle milite pour que les personnes qui se déclarent comme liés de près ou de loin aux intérêts du pétrole soient persona non grata dans ces enceintes.

Les émissions de gaz à effet de serre dus à 90 % aux énergies fossiles consommés atteignent des records, à 57,4 milliards de tonnes de CO2 en 2022, augmentant de 1,2 % (0,6 GtCO2) par rapport à l’année précédente, selon un rapport de l’ONU paru le 29 novembre. Le Groupe d’experts intergouvernemental pour l’évolution du climat est pourtant clair : il faut limiter ces énergies fossiles de 43 % d’ici 2030 pour pouvoir freiner le réchauffement climatique et ses impacts catastrophiques.

RFI via CONGO PUB Online

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Indonésie : au moins onze morts et douze disparus dans l’éruption d’un volcan

by Ruben Yale 4 décembre 2023
written by Ruben Yale

Onze randonneurs ont été retrouvés morts à la suite de l’éruption du volcan Marapi, dans l’ouest de l’Indonésie, a déclaré lundi à l’AFP un responsable des secours. Douze randonneurs restent portés disparus.

L’éruption du volcan Marapi, dans l’ouest de l’Indonésie, a fait au moins onze morts, ont annoncé les secours lundi 4 décembre, après une nuit de recherches qui ont permis de retrouver trois randonneurs vivants, alors que 12 autres sont toujours portés disparus.

« Il y a 26 personnes qui n’ont pas été évacuées, nous en avons retrouvé 14, trois ont été retrouvées vivantes et onze ont été retrouvées mortes », a précisé Abdul Malik, chef de l’agence de recherches et de sauvetage de Padang, au lendemain de l’éruption. Les trois survivants ont été secourus à proximité du cratère et sont « en état d’affaiblissement, certains présentaient des brûlures », a ajouté le responsable.

L’éruption du mont Marapi, sur l’île de Sumatra, a commencé dimanche à 14 h 54 heure locale (7 h 54 GMT). Haut de 2 891 mètres, le Marapi, dont le nom signifie « la Montagne de feu », est le volcan le plus actif de l’île.

Des étudiantes observent le volcan Marapi en éruption, le 4 décembre 2023, depuis Nagari Batu Palano à Agam, sur l'île indonésienne de Sumatra.
Des étudiantes observent le volcan Marapi en éruption, le 4 décembre 2023, depuis Nagari Batu Palano à Agam, sur l’île indonésienne de Sumatra. © Antara Foto, Reuters

Les autorités ont imposé une zone d’exclusion de trois kilomètres autour de son cratère, tandis que les secouristes se sont relayés pour redescendre les corps des défunts au pied de la montagne, l’éruption empêchant de les héliporter. Les trois survivants, en revanche, n’ont pas encore été redescendus en raison du terrain accidenté.

Douze randonneurs restent portés disparus et 49 sont redescendus de la montagne, certains ayant été transportés à l’hôpital, a indiqué Abdul Malik.

« Nous ne pouvons pas effectuer de recherches par hélicoptère car l’éruption est toujours en cours », a-t-il ajouté en précisant que 120 sauveteurs environ participent à l’opération de recherche.

Les sauvetages ralentis par des éruptions sporadiques

Le porte-parole de l’agence de secours locale, Jodi Haryawan, a déclaré à l’AFP que les efforts de sauvetage avaient été ralentis par des éruptions sporadiques, mais que les recherches se poursuivaient malgré les risques.

« Dès que c’était plus sûr, ils reprenaient les recherches », a-t-il poursuivi, en soulignant que « les recherches n’ont donc pas été interrompues ».

Des images vidéo, transmises à l’AFP par les équipes de secours sur les lieux, montrent une ambulance aux sirènes tonitruantes évacuant un randonneur brûlé. Sur d’autres images, on peut voir un secouriste en pleine nuit, lampe sur le front, aidant une randonneuse gémissant de douleur et la conduisant en sécurité.

Parmi les randonneurs secourus, une étudiante de 19 ans a envoyé un message vidéo depuis le volcan dans lequel elle appelle désespérément sa mère à l’aide. Zhafirah Zahrim Febrina y apparaît visiblement choquée, le visage brûlé et les cheveux mêlés d’une épaisse couche de cendres grises. « Maman, aide Ife », implore-t-elle en utilisant son surnom.

La jeune femme, qui randonnait avec 18 camarades d’école, est à présent soignée dans un hôpital, avec son père et son oncle à ses côtés.

« Elle subit un énorme traumatisme », dit sa mère, Rani Radelani, âgée de 39 ans. « Elle a été psychologiquement bouleversée à la vue de ses brûlures, en plus d’avoir enduré la douleur toute la nuit. »

Des cendres rejetées jusqu’à 3 000 mètres au-dessus du sommet

Les cendres rejetées par le mont Marapi ont été observées jusqu’à 3 000 mètres au-dessus de son sommet, a déclaré dimanche Hendra Gunawan, chef du Centre indonésien de vulcanologie et des dangers géologiques.

udy Rinaldi, directeur de l’agence de gestion des catastrophes de Sumatra occidental, a déclaré à l’AFP que certains des randonneurs secourus recevaient un traitement médical.

« Certains ont souffert de brûlures en raison de la forte chaleur et ont été emmenés à l’hôpital », a-t-il dit. « Les blessés sont ceux qui se sont approchés du cratère. »

Au moins huit personnes ont été victimes de brûlures, selon une liste de personnes secourues de l’agence nationale de recherches et de sauvetage Basarnas, consultée par l’AFP. Une personne, outre ses brûlures, souffre d’une fracture tandis qu’une autre personne rescapée a été blessée à la tête.

L’Indonésie est située sur la ceinture de feu du Pacifique, où la rencontre des plaques continentales provoque une importante activité volcanique et sismique. Le pays compte près de 130 volcans actifs.

udy Rinaldi, directeur de l’agence de gestion des catastrophes de Sumatra occidental, a déclaré à l’AFP que certains des randonneurs secourus recevaient un traitement médical.

« Certains ont souffert de brûlures en raison de la forte chaleur et ont été emmenés à l’hôpital », a-t-il dit. « Les blessés sont ceux qui se sont approchés du cratère. »

Au moins huit personnes ont été victimes de brûlures, selon une liste de personnes secourues de l’agence nationale de recherches et de sauvetage Basarnas, consultée par l’AFP. Une personne, outre ses brûlures, souffre d’une fracture tandis qu’une autre personne rescapée a été blessée à la tête.

L’Indonésie est située sur la ceinture de feu du Pacifique, où la rencontre des plaques continentales provoque une importante activité volcanique et sismique. Le pays compte près de 130 volcans actifs.

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À la UneMonde

L’armée israélienne face aux multiples défis du sud de la bande de Gaza

by Ruben Yale 1 décembre 2023
written by Ruben Yale

Alors que le cessez-le-feu avec le Hamas a pris fin vendredi, Israël relance ses opérations militaires. Mais les États-Unis mettent la pression sur l’armée israélienne pour qu’elle fasse preuve de retenue, notamment dans le sud de la bande de Gaza.

Après sept jours sans affrontements, le retour des intenses bombardements aériens israéliens ? C’est l’un des scénarios les plus redoutés à Washington. Les États-Unis ont multiplié les contacts avec l’État hébreu depuis dimanche 26 novembre pour s’assurer que l’armée israélienne a bien « tiré les enseignements des opérations dans le nord [de la bande de Gaza, NDLR] », affirmait le Washington Post mercredi 29 novembre.

Le président américain Joe Biden aurait même précisé au téléphone au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ce qu’il entendait par là. Il lui aurait affirmé que « la façon dont Israël a agi dans le nord de Gaza – en menant une vaste offensive avec trois divisions blindées et d’infanterie – ne pouvait être répétée dans la partie sud de l’enclave », croit savoir le site d’information américain Axios, qui cite « plusieurs responsables de l’administration américaine » ayant préféré garder l’anonymat.

Préserver les populations civiles ?

« C’est une manière de dire qu’il faudra faire davantage attention aux éventuelles victimes civiles de l’opération militaire », décrypte Omri Brinner, analyste israélien et spécialiste de la géopolitique du Moyen-Orient à l’International Team for the Study of Security Verona (ITSS), un collectif international d’experts des questions de sécurité internationale.

Depuis le début des opérations militaires israéliennes, des centaines des milliers de Gazaouis ont fui le nord de l’enclave pour trouver refuge dans le sud, où résident désormais près de deux millions de personnes. Les États-Unis n’ont aucune envie de voir le décompte des victimes civiles palestiniennes – qui s’élèvent déjà à plus de 14 000 selon le Hamas – s’envoler à partir du moment où le cessez-le-feu actuel va prendre fin. « Washington ne veut pas apparaître comme le complice de telles actions », résume le Washington Post.

Cet appel à la retenue va-t-il être entendu en Israël, alors que le cessez-le-feu avec le Hamas risque d’expirer ce vendredi, après sept jours d’accalmie ? La rhétorique guerrière israélienne ne donne pas cette impression. « Lorsque nous reprendrons le combat, la puissance sera plus grande et s’étendra sur l’ensemble de la bande de Gaza », a au contraire promis Yoav Gallant, le ministre israélien de la Défense.

L’État hébreu a d’ailleurs « enjoint la population civile palestinienne sur place à se rendre dans une zone à l’ouest de l’enclave », note Omri Brinner. Une manière de préparer le terrain en vue d’une future campagne de bombardements aériens pour protéger l’avancée des troupes au sol ?

Mais ces appels aux civils de quitter les futurs lieux de combat ne peuvent avoir qu’un impact très limité. D’abord parce que le sud de la bande de Gaza est déjà trop petit pour les deux millions de Palestiniens qui y ont trouvé refuge. « Ils ne pourront, dès lors, certainement pas tous se réfugier dans une zone encore plus étroite », reconnaît Omri Brinner.

Ensuite parce que les combattants du Hamas « ont perfectionné l’art de se fondre dans la population civile et à l’utiliser comme bouclier contre les soldats israéliens », souligne Amnon Aran, spécialiste des conflits entre Israël et le monde arabe à la City University of London. « Ils vont tout faire pour les dissuader de partir », confirme Omri Brinner.

Demandes américaines incompatibles avec les objectifs israéliens

« On se rend compte maintenant qu’Israël a commis une erreur tactique majeure en choisissant d’avancer lentement mais surement du nord vers le sud, plutôt que d’attaquer simultanément au nord, au centre et au sud de la bande de Gaza », analyse Ahron Bregman, politologue et spécialiste du conflit israélo-palestinien au King’s College de Londres. En agissant ainsi, l’armée a « ironiquement contribué à renforcer le bouclier humain formé par la population civile autour du Hamas au sud, alors que c’est là que l’armée devrait leur infliger le plus de dégâts », remarque cet expert.

À ce contexte humanitaire déjà compliqué s’ajoute le fait que « les principales forces combattantes du Hamas se trouvent au sud », assure Amnon Aran. « Sur les 14 bataillons engagés dans la guerre contre Israël, dix sont basées dans cette région de l’enclave », précise-t-il. 

Autrement dit, Israël n’avait pas besoin que les États-Unis viennent mettre des bâtons supplémentaires dans les chenilles de ses chars. D’autant plus que certaines exigences sont très spécifiques. Washington a ainsi appelé à la création de « zones de déconflit ». Il s’agirait de bâtiments spécifiques – comme les installations de l’ONU, les hôpitaux ou les écoles – où les soldats israéliens ne pourraient pas ouvrir le feu, afin d’assurer la sécurité des populations civiles qui s’y trouvent.

Pourtant, « le Hamas est justement connu pour utiliser des bâtiments justement comme les hôpitaux ou les écoles pour y abriter des armes et des combattants. Je ne vois pas comment cette demande américaine serait compatible avec les objectifs militaires affichés d’Israël », s’interroge Veronika Poniscjakova, spécialiste des aspects militaires du conflit israélo-palestinien à l’université de Portsmouth, en Grande-Bretagne. Omri Brinner veut croire que « si les renseignements permettent d’établir sans l’ombre d’un doute que le Hamas se cache dans tel ou tel bâtiment, les Américains devraient laisser faire ».

Les États-Unis ont aussi appelé Israël à « utiliser des munitions de plus petites tailles et plus précises », note le Washington Post. Autrement dit, l’armée israélienne devrait s’abstenir de lâcher des charges explosives de grandes tailles comme c’était le cas dans le nord. 

Une impossible victoire israélienne ?

Le but est non seulement louable – éviter au maximum les victimes civiles collatérales –, il rejoint aussi une préoccupation majeure de Washington : empêcher un bombardement faisant trop de morts civiles, ce qui pourrait avoir de graves répercussions géopolitiques. « La densité de population sera telle que les possibilités d’une erreur de calcul lors d’un bombardement seront démultipliées. Ce qui augmente aussi le risque d’avoir un incident majeur susceptible d’embraser la région, forçant les États-Unis à intervenir militairement », résume Amnon Aran.

Politiquement cependant, le gouvernement israélien peut difficilement faire preuve de beaucoup de retenue dans sa campagne aérienne. Pour une partie de l’opinion israélienne, « cela reviendrait à placer la sécurité des civils palestiniens au-dessus de celle des soldats israéliens [qui ont besoin de soutien aérien pour assurer la sécurité de leur avancée, NDLR] », souligne Omri Brinner. Ce n’est pas le genre de message que Benjamin Netanyahu veut faire passer.

Mais Israël peut-il défier les avertissements américains ? Si l’État hébreu se met Washington à dos, « il risque de perdre son principal soutien au conseil de sécurité de l’ONU, et les Américains pourraient se mettre à repenser leur politique de livraison d’armes à Israël », résume Veronika Poniscjakova.

En raison de l’élection présidentielle qui se profile aux États-Unis, les dirigeants israéliens vont devoir faire attention « aux répercussions de ce qui se passe à Gaza sur la campagne américaine », assure Amnon Aran. Joe Biden risque d’être beaucoup moins patient avec Benjamin Netanyahu si le modus operandi de l’armée israélienne le fait passer pour un complice de ce qu’une partie de l’électorat américain pourrait percevoir comme des exactions contre les civils palestiniens.

Dans ce contexte, difficile d’imaginer qu’Israël pourra atteindre son but militaire affiché dans la bande de Gaza, à savoir l’éradication du Hamas et de ses capacités militaires. « L’armée israélienne peut amoindrir [les] capacités militaires, détruire quelques usines de fabrication d’armes et des tunnels, mais sûrement pas rayer le Hamas de la carte définitivement », assure Ahron Bregman.

Pour ce spécialiste, « à un moment donné, Benjamin Netanyahu va sûrement dire qu’Israël a gagné, mais ce sera une déclaration vide de sens. » En attendant, « le Hamas a déjà gagné une victoire une première fois le 7 octobre en frappant Israël, et une deuxième fois en obtenant la libération de prisonniers, ce qui leur vaut une certaine admiration de la part de tous les Palestiniens”, conclut Ahron Bregman.

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États-Unis : un Indien poursuivi pour avoir tenté d’assassiner un indépendantiste sikh

by Ruben Yale 30 novembre 2023
written by Ruben Yale

Nikhil Gupta, un ressortissant indien de 52 ans, a été inculpé mercredi à New York pour avoir commandité l’assassinat d’un dirigeant séparatiste sikh. Selon l’acte d’accusation, il a été recruté par un agent du gouvernement indien. Cette affaire rappelle celle du meurtre de Hardeep Singh Nijjar au Canada, qui avait déclenché une crise diplomatique entre Ottawa et New Dehli en septembre.

Un ressortissant indien est poursuivi aux États-Unis pour avoir commandité le projet d’assassinat à New York d’un dirigeant séparatiste sikh, à l’instigation d’un agent de New Delhi, a annoncé mercredi 29 novembre le ministère américain de la Justice.

Ce dossier pourrait empoisonner les relations de l’Inde avec les États-Unis, comme cela fut le cas en septembre pour le Canada. Le Premier ministre Justin Trudeau avait alors incriminé les services de renseignement indiens pour le meurtre en juin d’un autre dirigeant sikh, Hardeep Singh Nijjar, près de Vancouver.

Le secrétaire d’État Antony Blinken avait prévenu à cette occasion en septembre que les États-Unis étaient « extrêmement vigilants dès lors qu’existent des allégations d’une répression transnationale ». Il faisait référence au phénomène de projection par les régimes autoritaires de leur contrôle sur leurs citoyens hors de leurs frontières, apparu au grand jour avec l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi au consulat saoudien à Istanbul en octobre 2018, et en expansion constante, selon les défenseurs des droits humains.

Le ministère américain de la Justice ne cite pas nommément la cible présumée à New York, mais la description des faits permet de l’identifier comme Gurpatwant Singh Pannun, un avocat fondateur de l’organisation américaine Sikhs For Justice (SFJ), qui revendique un État indépendant pour cette minorité dans le nord de l’Inde.

« Terrorisme transnational »

« La tentative contre ma vie en territoire américain est une manifestation flagrante du terrorisme transnational de l’Inde qui est devenu une menace pour la souveraineté américaine, la liberté d’expression et la démocratie », a d’ailleurs réagi dans un communiqué Gurpatwant Singh Pannun, désigné comme « terroriste » par New Delhi en 2020 et recherché pour « terrorisme et sédition ».

Nikhil Gupta, 52 ans, a été inculpé à New York pour avoir commandité le meurtre, a annoncé le ministère, précisant qu’il avait été arrêté le 30 juin en République tchèque en vertu du traité d’extradition entre les deux pays. Il est visé par deux chefs d’accusation, passibles chacun de dix ans de prison.

Selon l’acte d’accusation, un agent du gouvernement indien (identifié uniquement par des initiales) a recruté Nikhil Gupta, résidant en Inde et impliqué dans des trafics de drogue et d’armes, pour assassiner la « victime », en échange de l’abandon de poursuites pénales contre lui.

Un prix fixé à 100 000 dollars

Le prévenu a ensuite contacté un individu qu’il considérait comme un complice « mais qui était en fait un informateur des services de sécurité américains, pour l’aider à engager un tueur ». Cet individu lui a présenté un soi-disant tueur à gages, en réalité un agent des services américains sous couverture, selon la même source.

L’agent du gouvernement indien a accepté de payer 100 000 dollars à ce prétendu tueur à gages lors de négociations conduites par Nikhil Gupta, dont 15 000 lui ont été versés d’avance en liquide dans sa voiture le 9 juin, selon l’acte d’accusation, photo à l’appui.

L’agent a également fourni des informations sur le domicile et l’emploi du temps de la victime à Nikhil Gupta, qui les a transmises au prétendu tueur, tout en lui donnant instruction de ne pas passer à l’action pendant des réunions américano-indiennes de haut niveau en raison de possibles retombées « politiques ».

Après l’assassinat le 18 juin au Canada de Hardeep Singh Nijjar, qui était « également une cible », il lui a indiqué qu’il n’y « avait maintenant plus besoin d’attendre » pour exécuter son « contrat » à New York, selon les mêmes sources.

L’Inde « forme une commission d’enquête »

L’annonce de ces poursuites aux États-Unis « démontre à quel point l’Inde doit travailler avec le Canada, doit prendre au sérieux ces allégations », a réagi Justin Trudeau devant la presse.

L’administration américaine « a évoqué cette affaire avec le gouvernement indien, y compris au plus haut niveau », a déclaré la semaine dernière Adrienne Watson, porte-parole du Conseil de sécurité nationale. « Nous avons fait savoir que nous nous attendons à ce que toute personne jugée responsable rende des comptes », a-t-elle souligné.

Le ministère indien des Affaires étrangères a affirmé mercredi que New Delhi avait « formé le 18 novembre une commission d’enquête de haut niveau » après avoir été informé par Washington de « connexions entre des organisations criminelles, des trafiquants d’armes, des terroristes et d’autres ». « Le gouvernement indien prendra les mesures nécessaires sur la base des conclusions de la commission d’enquête », a assuré le ministère.

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«C’est l’anarchie totale»: à Gaza, malgré la trêve, la catastrophe humanitaire continue

by Sam's Londele 30 novembre 2023
written by Sam's Londele

Depuis l’accord de trêve, l’aide humanitaire a pu rentrer plus régulièrement. Mais « le volume d’aide qui parvient aux Palestiniens à Gaza est toujours totalement insuffisant », a dénoncé mercredi le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres et la population vit « une catastrophe humanitaire monumentale ».

Il est 20h, Aabir, mère de famille, fait la queue depuis 6h ce matin pour obtenir de quoi manger. Lasse, ce soir elle perd espoir. « C’est l’anarchie totale. Les gens se marchent dessus. Et je suis la seule à pouvoir venir faire la queue : mon frère est mort dans un bombardement et a laissé des orphelins, explique-t-elle. Avec les autres membres de la famille on se partage les tâches : certains font la queue pour la farine, d’autres pour l’eau. Cette guerre nous a totalement dépouillés. C’est une humiliation. »

Volume insuffisant

Près de 80% de la population gazaouie a été déplacée à cause des bombardements israéliens. « Le système alimentaire s’est effondré, et la faim se propage », a souligné le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres mercredi. L’accord de trêve a accéléré l’entrée de l’aide humanitaire, qui arrivait auparavant au compte-gouttes. Mais le volume est toujours totalement insuffisant. « Nous pensons que nous avons besoin d’un véritable cessez-le-feu humanitaire », a plaidé le chef de l’ONU : « La population de Gaza vit au milieu d’une catastrophe humanitaire monumentale, sous les yeux du monde. Nous ne devons pas détourner les yeux. »

Trouver du gaz

Pour les plus chanceux qui ont obtenu un petit sac de farine pour faire du pain, le défi est de trouver du gaz pour le faire cuire. Mohaned est épuisé. « Ma famille compte cinq membres. Comme j’ai une grande maison, j’ai accueilli des déplacés. On est vingt-et-une personnes, témoigne-t-il. J’ai fait la queue durant 26 heures pour avoir du gaz. J’ai dormi dehors, ici dans le froid, et sous la pluie. Je suis tombé malade. » Face à l’ampleur des besoins, les convois d’aide humanitaire qui entrent quotidiennement à Gaza, sont loin de suffire, soupire le père de famille.

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«Visage du mal», Yahya Sinouar, le redoutable chef du Hamas à Gaza, traqué par Israël

by Ruben Yale 29 novembre 2023
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Pour les Israéliens, il est l’homme à abattre : Yahya Sinouar, chef du Hamas dans la bande de Gaza, est considéré comme le cerveau de l’attaque du 7 octobre contre Israël. À 61 ans, il est bien connu des services de renseignement.

« Je rêve de Sinouar, j’y pense quand je mange… J’y pense tout le temps ! », avoue Michael Kobi. À 78 ans, ce vétéran du Shin Bet, le renseignement intérieur israélien, est hanté par Yahya Sinouar, raconte notre correspondant à Jérusalem, Sami Boukhelifa. Il l’a côtoyé dans les prisons israéliennes où il était chargé des interrogatoires. Il comptabilise 150 heures d’interrogatoire avec celui qui était, à l’époque, à la tête d’une milice chargée de traquer les traîtres à la cause palestinienne. « Je n’ai jamais connu quelqu’un d’aussi cruel, témoigne-t-il. Il utilisait un couteau de boucher et il décapitait ses victimes. À Gaza, ils l’ont surnommé « le boucher de Khan Younès ». Il parlait avec froideur, indifférence. Rien ne le touchait. »

Le « boucher de Khan Younès »

Yahya Sinouar, c’est « le visage du mal », déclarait récemment un porte-parole de l’armée israélienne. Né dans le camp de réfugiés de Khan Younès, à Gaza, Yahya Sinouar grandit dans l’ombre de cheikh Yacine, le fondateur du Hamas, rapporte Murielle Paradon, journaliste au service international de RFI. Bientôt, il prend la tête d’une milice chargée de traquer les traîtres. Sa cruauté lui vaudra donc son surnom. Sa radicalité envers Israël est connue.

Parfait arabophone, Michaël Kobi discute avec lui, tente de comprendre le personnage, sa vision. En vingt-deux ans de prison en Israël, Yahya Sinouar a, lui, appris l’hébreu et eu l’occasion de se documenter sur l’ennemi, avant d’être libéré en 2011 dans le cadre d’un échange de prisonniers visant à libérer le soldat Gilad Shalit, aux mains du Hamas. « Il n’a jamais caché son objectif », se rappelle l’ancien agent.

Cerveau des attaques du 7 octobre

Mais lorsqu’il devient chef du bureau politique du Hamas à Gaza, en 2017, son discours change. Yahya Sinouar affirme vouloir développer économiquement l’enclave palestinienne plutôt que de faire la guerre. Était-ce une façade ou une ambition sincère qui a échoué ? Cet homme à la fois charismatique et manipulateur est en tout cas soupçonné d’être à l’origine des attaques sans précédent du 7 octobre qui ont plongé Israël dans l’effroi et entraîné une répression sanglante contre les Gazaouis.

« En 1989, il avait dit qu’il planifiait un grand massacre de juifs, conformément à la charte du Hamas. Il considère donc ce qu’il a fait comme une réussite. Nous aurions dû l’éliminer depuis longtemps. »

Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a juré de le « trouver » et de l’« éliminer ». Il serait retranché dans les tunnels sous l’enclave palestinienne.

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Israël-Hamas: nouvelles libérations d’otages et de prisonniers au troisième jour de trêve

by Ruben Yale 27 novembre 2023
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La trêve entre Israël et le Hamas qui a permis la libération d’otages, de prisonniers et une aide d’urgence dans la bande de Gaza, entame, ce lundi sa quatrième et dernière journée, sur fond de pourparlers pour la prolonger. En Israël, un hélicoptère militaire rapatriait encore des otages libérés par le Hamas ce dimanche.

Le ministre de la Santé d’Israël, Joseph Mendlovic, a confirmé, lors d’une conférence de presse, que « les otages sont bien arrivés et ont été admis discrètement à l’hôpital où ils ont retrouvé leurs proches et ont commencé une évaluation médicale menée par le personnel de l’hôpital avec sensibilité et dévouement ».

Au total, 117 prisonniers palestiniens détenus dans des prisons israéliennes ont été libérés, dont 39 dimanche soir. Ils sont majorité des adolescents, comme Nashed, heureux de pouvoir à nouveau embrasser sa mère : « Le premier jour (de la guerre, ndlr), le 7 octobre, ils sont entrés dans nos chambres, ils ont pris toutes nos affaires et ne nous ont laissé qu’un seul ensemble de vêtements que nous étions censés porter jusqu’à ce que Dieu nous libère. Ils nous battaient, nous humiliaient et nous insultaient durant notre détention. Dieu merci, nous sommes rentrés chez nous », a déclaré le jeune homme. 

La trêve a offert un répit aux Gazaouis, mais la situation humanitaire dans le territoire est « dangereuse » et les besoins « sans précédent », a alerté l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens

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La Corée du Nord a reçu l’aide de la Russie pour le lancement de son satellite espion

by Ruben Yale 23 novembre 2023
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La Corée du Nord a reçu l’aide de la Russie pour le lancement d’un satellite de surveillance que Pyongyang a réussi à placer en orbite cette semaine, ont déclaré jeudi des parlementaires sud-coréens, citant les services de renseignement. La Corée du Nord a annoncé qu’elle allait renforcer sa présence militaire à sa frontière avec la Corée du Sud.

La Corée du Nord a reçu l’aide de la Russie pour le lancement de son satellite militaire espion, a affirmé, jeudi 23 novembre, l’agence de renseignement sud-coréenne, Pyongyang souhaitant ainsi renforcer sa présence militaire à sa frontière avec la Corée du Sud.

Le Service de renseignement national sud-coréen a confirmé qu' »après le sommet » entre le président russe Vladimir Poutine et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un en septembre, « le Nord a fourni à Moscou le plan et les données concernant les premier et deuxième lancements de satellite. La Russie a à son tour analysé ces données et communiqué au Nord des retours », a soutenu l’agence devant des législateurs, d’après un briefing du député Yoo Sang-bum.

Après deux échecs en mai et en août, la fusée a décollé mardi de Corée du Nord et a placé en orbite le satellite d’observation militaire Malligyong-1, selon les médias d’État. La Corée du Sud a confirmé jeudi que la mise sur orbite avait réussi.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a assisté personnellement au lancement de la fusée, et a déjà étudié des photographies des principales bases militaires américaines dans l’île de Guam, dans l’océan Pacifique, prises par le satellite, ont encore affirmé les médias officiels de Pyongyang.

Le lancement s’est fait en violation des résolutions de l’ONU qui interdisent à Pyongyang de se servir de technologies de missiles balistiques. Il a été condamné par la Corée du Sud, le Japon, les États-Unis et les Nations unies.

Le satellite a été « placé sur une trajectoire orbitale », a indiqué jeudi le Service national de renseignement du Sud lors d’un briefing avec des députés.

Suspension de l’accord militaire de 2018

Le renseignement sud-coréen, qui avait collecté et analysé les débris d’un des satellites tombé en mer après l’échec de son lancement et avait conclu qu’il n’avait aucune utilité militaire, juge toutefois peu probable que le satellite fonctionne déjà, a indiqué Yoo Sang-bum.

« Vu qu’il faut généralement trois ans pour développer un satellite, les affirmations actuelles ne garantissent pas la capacité satellitaire du Nord, à moins que Pyongyang ne rende publiques les photos de la base de Guam qu’il a mentionnées », a expliqué le député.

Après le lancement, Séoul a partiellement suspendu mercredi un accord militaire conclu le 19 septembre 2018 avec la Corée du Nord pour prévenir les incidents armés le long de la frontière intercoréenne (en créant notamment des « zones tampon » maritimes), et a immédiatement déployé des « moyens de surveillance et de reconnaissance » à cette frontière.

Le ministère nord-coréen de la Défense a qualifié les mesures prises par Séoul d' »imprudentes » et a annoncé qu’il suspendait également l’accord de 2018, dans son intégralité.

La Corée du Nord « ne sera plus jamais liée » par cet accord « réduit depuis longtemps à un vulgaire bout de papier », a affirmé le ministère dans un communiqué cité par l’agence officielle KCNA.

Pyongyang va désormais « déployer des forces armées plus puissantes et du matériel militaire de type nouveau dans la région située le long de la ligne de démarcation militaire », a-t-il averti.

La Corée du Nord a également tiré un missile balistique tôt jeudi, mais ce lancement a échoué, selon l’état-major interarmées de Séoul.

Risque d’affrontements accru

Ce lancement de missile est un signe avant-coureur, estime Yang Moo-jin, président de l’Université des études nord-coréennes.

« Afin de montrer que la suspension de l’accord n’est pas un vain mot, on s’attend à une démonstration de force par la violation de la frontière maritime, le déploiement de l’artillerie côtière, les envois de tracts et le lancement de divers missiles », prédit-il.

« En conséquence, le risque d’affrontements armés accidentels le long de la ligne de démarcation militaire augmentera, de même que le risque que ces conflits armés accidentels dégénèrent en guerre », ajoute ce chercheur.

Le ministère de la Défense de Corée du Nord a répété jeudi que le lancement du satellite par Pyongyang s’inscrivait dans le cadre du « droit à l’autodéfense » du pays et a fustigé la réaction « extrêmement hystérique » de Séoul.

Le Sud « doit payer cher ses provocations politiques et militaires irresponsables et graves qui ont poussé la situation actuelle vers une phase incontrôlable », a poursuivi le ministère.

Officiellement, le satellite doit débuter son travail de reconnaissance le 1er décembre, d’après KCNA. Selon des experts, la mise en orbite réussie d’un satellite espion améliorerait les capacités de collecte de renseignements de la Corée du Nord, en particulier au-dessus de la Corée du Sud et de Guam, et fournirait des données cruciales en cas de guerre.

En 2021, Kim Jong-un avait fait du développement d’un satellite espion l’une des priorités du régime.

La Corée du Sud prévoit pour sa part de lancer son premier satellite espion le 30 novembre depuis les États-Unis, via une fusée SpaceX.

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